Un début maladroit, un film obnubilé par la figure de la mère, un film narcissique... "J'ai tué ma mère" contient tous les ingrédients, mais alors tous, de l'adolescence.
On reste coi devant le ressac quelque peu stérile des questionnements caricaturaux (Est-ce que j'aime maman ?, Comment j'aime maman ?, Est-ce que maman m'aime ?, etc.). D'autant que l'auteur ne s'en tient pas à une seule caricature : il y a les ralentis wong-kar-waïens qu'une valse lancinante accompagne, l'inévitable agression homophobe (franchement inutile et balourde), et les incompréhensibles plans narcissiques en noir et blanc où Xavier Dolan minaude en grand angle devant sa caméra.
Mais... Mais il y a ces scènes superbes : le fuck-dripping sur les cris de "vive la fête", carrément magnifique, et un rêve ½dipien dans une forêt d'automne...
Anne Dorval, désopilante dans "Le coeur a ses raisons", est parfaite, et au total, "J'ai tué ma mère" est un très bon film. Il fallait que ça soit dit.