Bon c'est vrai qu'à partir d'un certain âge, il y a de la redite dans l'air. C'est aussi ce qui peut faire l'attachement à un artiste au fil des années, ce qu'on appelle familièrement la "patte". Et la patte Chédid, c'est une suite d'accord jazzy, qu'on repère à 3 km, une voix (qui ne change pas, il faut s'en réjouir !), , des thèmes-un-peu-toujours-pareils (le temps qui passe, la mort, l'enfance) et des textes un peu naïfs, d'aucuns diront "gnangnans" et on ne peut pas leur donner complètement tort. Cela, dit, ça passe. D'abord parce qu'il y a le rejeton (dont je ne suis pas fan) qui apporte ici un peu d'air frais. Et parce que ses arrangements minimalistes vont super bien aux chansons du papa. Ensuite parce que, si certains textes prêtent un peu à sourire, d'autres sont franchement émouvants ("maman, maman") ou carrément satiriques ("chat noir", "au secours", "crock-mort") et on a l'impression de retrouver le Loulou de 83 avec "pouvoirs pouvoirs". Une petite cure de jeunesse en somme.
Bref, un bon cru, pas excellent, mais touchant, et qui va pouvoir se savourer comme il se doit autour d'un feu de cheminée avec un bon scotch, un chocolat chaud ... ou un jus de tomate, c'est selon les âges !