La France aime celui qu’on a surnommé le Bob Dylan africain (il y a été décoré dans le grade de Chevalier de la Légion d’Honneur), et le Sénégalais par son père, et Nigérian par sa mère, le rend bien à un pays qui a notablement contribué à sa carrière. Comme le démontre
Jammu Africa, deuxième mouture d’un album initialement édité en 1996, ici agrémenté de six titres supplémentaires.
On sait que le chanteur a su séduire Jane Birkin lors de l’un des passages à l’Olympia de la franco-britannique, et on conserve en mémoire sa participation à un album de Stephan Eicher. De même,
« Faut qu’on s’aime » bénéficie ici de nouveaux arrangements de Calogero. Mais on sait encore mieux que la voix d’ange, et la guitare pointilliste (magnifiées par le vieux Faye, compagnon de toujours, guitariste expressif, et fan de jazz), se rient des frontières :
« Without Blame » est interprétée en duo avec l’Anglaise Marianne Faithfull, et on se souvient que
« Tajabone » fut en 1999 retenu par l’Espagnol Pedro Almodovar au bénéfice de son film
Tout sur ma mère.
Ancienne figure émérite du Super Diamono de Dakar, Lô n’en oublie pas pour autant ses racines africaines, et l’époque, pas si lointaine que cela, où il était le petit prince du m’balax (musique très dansante et rythmée, très populaire dans les quartiers populaires sénégalais, et initiée par les percussions wolofs). Mais il est limpide que la richesse de son inspiration s’exprime au mieux dans d’explicites protest-songs (
« Raciste »).
Loin des concessions commerciales, Jammu Africa et ses quinze chansons décline un univers original, où la tradition de tout un continent accueille avec bonheur la visite de la soul music, et du folk. Un disque hautement recommandé.
Christian Larrède - Copyright 2013 Music Story