Jane Birkin

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Biographie

My name is Jane...

Jane Birkin est née en 1946 à Londres. De son enfance anglo-saxonne, elle garde le goût du théâtre, sa mère Judy Campbell étant une comédienne reconnue. A 21 ans, actrice débutante, elle se fait engager par un certain John Barry dans la comédie musicale Passion Flowers Hôtel. Le compositeur de James Bond tombe sous son charme et l'épouse en 1967. Une petite Kate, future photographe de renom voit le jour. Jane Birkin enchaîne avec Blow-up, le film désormais culte de Michelangelo Antonioni. Le film fait scandale à Cannes, Jane Birkin semble alors être déjà l'héroïne ... Lire la suite

My name is Jane...

Jane Birkin est née en 1946 à Londres. De son enfance anglo-saxonne, elle garde le goût du théâtre, sa mère Judy Campbell étant une comédienne reconnue. A 21 ans, actrice débutante, elle se fait engager par un certain John Barry dans la comédie musicale Passion Flowers Hôtel. Le compositeur de James Bond tombe sous son charme et l'épouse en 1967. Une petite Kate, future photographe de renom voit le jour. Jane Birkin enchaîne avec Blow-up, le film désormais culte de Michelangelo Antonioni. Le film fait scandale à Cannes, Jane Birkin semble alors être déjà l'héroïne d'oeuvres controversées...

De l'autre côté de la Manche, Pierre Grimblat cherche une actrice pour Slogan, le film qu'il compte tourner avec Serge Gainsbourg. Y'a-t-il eu coup de foudre à retardement ? Jane Birkin balbutie des essais en français et exaspère Serge Gainsbourg, meurtri par sa rupture avec Brigitte Bardot. Pourtant, le couple devient rapidement inséparable et enregistre en 1969 un album éponyme Jane Birkin - Serge Gainsbourg. Le disque révèle le fameux « Je t'aime moi non plus » (à l'origine en duo avec BB), sulfureux râle musical qui défraye la chronique. Le 45 T se vend à un million d'exemplaires, un couple électrique embrase les années 70. Jane Birkin donne naissance le 21 juillet 1971 à une deuxième petite fille, Charlotte Gainsbourg.

J'ai, je ne sais quoi d'un garçon manqué

La jolie et longiligne londonienne a trouvé en Serge Gainsbourg un magnifique pygmalion artistique. En 1973, l'homme à la tête de chou lui écrit un premier album solo, Di doo Dah. Il met en valeur sa voix frêle et son accent hésitant, l'habille d'une poésie sensuelle et désenchantée. L'album n'est pas truffé de succès, mais la chanson phare « Di doo Dah » dépeint l'image de la jeune femme en France. Celle d'une silhouette fragile à qui l'on confie des rôles cinématographiques de grandes nunuches maladroites (La moutarde me monte au nez, La course à l'échalote). Il faudra attendre les films de Michel Deville et Jacques Rouffio afin qu'elle évolue dans un registre dramatique. A presque trente ans, Jane Birkin semble mener une vie paisible, entre sa famille et sa carrière. Néanmoins, il en faudra peu pour que la provoc' revienne faire un tour rue de Verneuil.

En effet, Serge Gainsbourg tourne en 1975 un premier film portant le nom du scandale passé : Je t'aime moi non plus. Il met en scène la relation entre un camionneur homosexuel et une jeune femme au physique androgyne. Le film se fait huer, peu de salles le distribuent, la critique l'assassine mais son mystère reste intact. Il jouit également d'une bande originale écrite par Gainsbourg lui-même, la fameuse « Ballade de Johnny Jane ».

Vie-mort-résurrection d'une passion

Si le cinéma reste au centre du couple Birkin-Gainsbourg, celui-ci n'en oublie pas son osmose musicale parfaite. En 1975, Jane chante « Lolita go home », co-signé Philippe Labro et Gainsbourg. Celui-ci n'a cette fois écrit qu'un seul texte, la ritournelle « La fille aux claquettes » qui évoque malicieusement son bonheur actuel. Jane Birkin poursuit également sa carrière de comédienne et tourne dans des productions comme L'animal.

1978 : L'album Ex-fan des sixties consacre la collaboration Birkin-Gainsbourg. La muse se perd toujours avec plaisir dans le labyrinthe textuel de son mentor. Elle susurre des chansons décalées à souhait, « Apocalypstick », « L'Aquaboniste » et le sublime « Velours des vierges ». Elle y chante également « Vie-mort-résurrection d'une passion » où Gainsbourg lui écrit : « Nous nous sommes dis tu / Nous nous sommes dit tout / Nous nous sommes dis vous / Puis nous nous sommes tus ». Une manière d'anticiper la fin de sa relation avec Jane Birkin. En effet, Gainsbourg accumule désormais les excès de la vie nocturne. En 1980, Jane Birkin quitte le domicile conjugal avec ses deux filles. Malgré la douleur de la séparation, le tandem mythique des années 70 restera profondément uni.

Fuir le bonheur...

A l'aube des années 80, Jane Birkin vit désormais avec Jacques Doillon. L'exigeant cinéaste l'entraîne dans son univers, elle tourne La Pirate et Comédie. Néanmoins, elle continue à accepter des comédies légères, notamment Circulez, y'a rien à voir de Patrice Leconte. De ces années là, il reste quelques rôles et surtout une deuxième petite fille, Lou Doillon.

Le bonheur d'antan avec Serge Gainsbourg s'est définitivement enfui. Pourtant, cette rupture inspire comme jamais le poète : Baby alone in Babylone est le plus bel album de Jane Birkin. Il recèle plusieurs classiques « Fuir le bonheur de peur qu'il se sauve », «L es dessous chics » et « Baby Lou ». Si Gainsbourg souffre encore, le public goûte en 1983 avec délice à la délicatesse de ce long poème pour l'ex-compagne. Jane Birkin reçoit son premier disque d'or. Le paradoxe de sa carrière, elle qui a d'abord été une icône médiatique avant d'obtenir un succès commercial.

En 1985, Jane Birkin fait pour la première fois du théâtre en France, dans La fausse suivante, mis en scène par Patrice Chéreau. Il faut dire que la chanteuse n'est pas ce qu'on appelle une artiste de scène. Elle décide alors, dans la foulée de l'album Lost song en 1987 de rencontrer son public au Bataclan. Elle veut dit-elle « épater Serge ». Son spectacle sobre et émouvant fait se déplacer ses fans. Cette année-là, Jane Birkin tourne également un projet biographique audacieux, Jane B par Agnès V. L'épouse de Jacques Demy s'immisce dans la vie de famille de Jane, entre réalité et fiction.

Je suis venue te dire que je m'en vais...

L'inspiration de Serge Gainsbourg à l'égard de Jane Birkin ne s'est jamais vraiment envolée. Il lui déclame un nouvel album Amours des feintes et dessine pour la pochette son visage à l'encre de Chine. Son dernier coup de crayon. Serge Gainsbourg décède le 2 mars 1991. Quelques jours plus tard, Jane perd également son père, David Birkin. Son chagrin est immense. Pourtant, elle honore ses concerts prévus de longue date au Casino de Paris. On se souvient encore de cette scène bouleversante où chantant « Je suis venue te dire que je m'en vais », elle dépose son micro à terre. L'artiste jure alors de ne plus interpréter que du Gainsbourg.

Dans les années 90, Jane Birkin se consacre également à ses engagements humanitaires, elle réalise des courts-métrages en faveur d'Amnesty International ou de la lutte contre le Sida. Elle part à Sarajevo lors de la guerre en Bosnie afin de soutenir une association. Néanmoins, c'est la fin d'une époque. Comment lui dire adieu ? Difficile pour Jane Birkin d'envisager un studio d'enregistrement sans le souffle poétique de Serge Gainsbourg. Elle demande alors à divers artistes de réinventer certaines de ses chansons dans Versions Jane. De DJ Boom Bass aux Négresses Vertes, chacun apporte sa pierre à ces titres gainsbouriens hors mode. En parallèle, Jane Birkin fait un retour aux sources, elle joue une pièce d'Euripide au Théâtre National de Londres. La scène, qu'elle n'arrive semble-t-il plus à quitter. Une manière de faire vivre encore et toujours l'œuvre de Serge Gainsbourg. En 1996, elle entame une tournée, passant plus de dix jours à l'Olympia.

Dire adieu à Gainsbourg ? Impossible. Lui être infidèle ? Jane Birkin le conçoit pour la première fois, sept ans après la mort de l'artiste. Elle enregistre un nouvel album qui dit tout de son état d'esprit : A la légère. L'ensemble est inégal mais la qualité des auteurs choisis est indéniable, de Zazie à Etienne Daho. Ce tournant l'amène à jouer au théâtre une pièce qu'elle a écrite elle-même en 1992, O pardon, tu dormais.

La Javanaise orientale

Désormais, Jane Birkin semble avoir trouvé un équilibre musical, entre les reprises de Serge et un nouveau répertoire écrit sur mesure. Elle décide alors en 2002 d'emmener Gainsbourg dans un voyage oriental, ce qui donne lieu à un télescopage surprenant, l'album Arabesque. Cet album dirigé par le violoniste algérien Djamel Benyelles lui permet de parcourir le monde, du Japon à la Russie. Son étape au Proche-Orient fait sensation, lorsqu'elle se produit à Tel-Aviv et Gaza. Jane Birkin conclue sa tournée par des concerts à travers l'Asie. La Javanaise orientale a séduit un immense public.

Auréolée du succès d'Arabesque, Jane Birkin surprend déjà avec un autre projet. Rendez-vous, un mélange de reprises et de duos inattendus sort le 30 Mars 2004. Elle a fait de nouvel appel à la fine fleur de la chanson française, ses amis de longue date, Alain Chamfort et Alain Souchon, et au renouveau rock de Mickey 3D à qui elle répond gaiement : «J e m'appelle Jane et je t'emmerde ». Un DVD témoigne alors de cette aventure musicale.

D'orchestrations nouvelles de Gainsbourg en chansons inédites, que prépare désormais l'intemporelle Jane Birkin ? Peut-être un album de sa propre plume où elle pourrait dire elle aussi en chansons à Serge « Je t'aime, moi non plus »...

Copyright 2014 Music Story Paula Haddad

My name is Jane...

Jane Birkin est née en 1946 à Londres. De son enfance anglo-saxonne, elle garde le goût du théâtre, sa mère Judy Campbell étant une comédienne reconnue. A 21 ans, actrice débutante, elle se fait engager par un certain John Barry dans la comédie musicale Passion Flowers Hôtel. Le compositeur de James Bond tombe sous son charme et l'épouse en 1967. Une petite Kate, future photographe de renom voit le jour. Jane Birkin enchaîne avec Blow-up, le film désormais culte de Michelangelo Antonioni. Le film fait scandale à Cannes, Jane Birkin semble alors être déjà l'héroïne d'oeuvres controversées...

De l'autre côté de la Manche, Pierre Grimblat cherche une actrice pour Slogan, le film qu'il compte tourner avec Serge Gainsbourg. Y'a-t-il eu coup de foudre à retardement ? Jane Birkin balbutie des essais en français et exaspère Serge Gainsbourg, meurtri par sa rupture avec Brigitte Bardot. Pourtant, le couple devient rapidement inséparable et enregistre en 1969 un album éponyme Jane Birkin - Serge Gainsbourg. Le disque révèle le fameux « Je t'aime moi non plus » (à l'origine en duo avec BB), sulfureux râle musical qui défraye la chronique. Le 45 T se vend à un million d'exemplaires, un couple électrique embrase les années 70. Jane Birkin donne naissance le 21 juillet 1971 à une deuxième petite fille, Charlotte Gainsbourg.

J'ai, je ne sais quoi d'un garçon manqué

La jolie et longiligne londonienne a trouvé en Serge Gainsbourg un magnifique pygmalion artistique. En 1973, l'homme à la tête de chou lui écrit un premier album solo, Di doo Dah. Il met en valeur sa voix frêle et son accent hésitant, l'habille d'une poésie sensuelle et désenchantée. L'album n'est pas truffé de succès, mais la chanson phare « Di doo Dah » dépeint l'image de la jeune femme en France. Celle d'une silhouette fragile à qui l'on confie des rôles cinématographiques de grandes nunuches maladroites (La moutarde me monte au nez, La course à l'échalote). Il faudra attendre les films de Michel Deville et Jacques Rouffio afin qu'elle évolue dans un registre dramatique. A presque trente ans, Jane Birkin semble mener une vie paisible, entre sa famille et sa carrière. Néanmoins, il en faudra peu pour que la provoc' revienne faire un tour rue de Verneuil.

En effet, Serge Gainsbourg tourne en 1975 un premier film portant le nom du scandale passé : Je t'aime moi non plus. Il met en scène la relation entre un camionneur homosexuel et une jeune femme au physique androgyne. Le film se fait huer, peu de salles le distribuent, la critique l'assassine mais son mystère reste intact. Il jouit également d'une bande originale écrite par Gainsbourg lui-même, la fameuse « Ballade de Johnny Jane ».

Vie-mort-résurrection d'une passion

Si le cinéma reste au centre du couple Birkin-Gainsbourg, celui-ci n'en oublie pas son osmose musicale parfaite. En 1975, Jane chante « Lolita go home », co-signé Philippe Labro et Gainsbourg. Celui-ci n'a cette fois écrit qu'un seul texte, la ritournelle « La fille aux claquettes » qui évoque malicieusement son bonheur actuel. Jane Birkin poursuit également sa carrière de comédienne et tourne dans des productions comme L'animal.

1978 : L'album Ex-fan des sixties consacre la collaboration Birkin-Gainsbourg. La muse se perd toujours avec plaisir dans le labyrinthe textuel de son mentor. Elle susurre des chansons décalées à souhait, « Apocalypstick », « L'Aquaboniste » et le sublime « Velours des vierges ». Elle y chante également « Vie-mort-résurrection d'une passion » où Gainsbourg lui écrit : « Nous nous sommes dis tu / Nous nous sommes dit tout / Nous nous sommes dis vous / Puis nous nous sommes tus ». Une manière d'anticiper la fin de sa relation avec Jane Birkin. En effet, Gainsbourg accumule désormais les excès de la vie nocturne. En 1980, Jane Birkin quitte le domicile conjugal avec ses deux filles. Malgré la douleur de la séparation, le tandem mythique des années 70 restera profondément uni.

Fuir le bonheur...

A l'aube des années 80, Jane Birkin vit désormais avec Jacques Doillon. L'exigeant cinéaste l'entraîne dans son univers, elle tourne La Pirate et Comédie. Néanmoins, elle continue à accepter des comédies légères, notamment Circulez, y'a rien à voir de Patrice Leconte. De ces années là, il reste quelques rôles et surtout une deuxième petite fille, Lou Doillon.

Le bonheur d'antan avec Serge Gainsbourg s'est définitivement enfui. Pourtant, cette rupture inspire comme jamais le poète : Baby alone in Babylone est le plus bel album de Jane Birkin. Il recèle plusieurs classiques « Fuir le bonheur de peur qu'il se sauve », «L es dessous chics » et « Baby Lou ». Si Gainsbourg souffre encore, le public goûte en 1983 avec délice à la délicatesse de ce long poème pour l'ex-compagne. Jane Birkin reçoit son premier disque d'or. Le paradoxe de sa carrière, elle qui a d'abord été une icône médiatique avant d'obtenir un succès commercial.

En 1985, Jane Birkin fait pour la première fois du théâtre en France, dans La fausse suivante, mis en scène par Patrice Chéreau. Il faut dire que la chanteuse n'est pas ce qu'on appelle une artiste de scène. Elle décide alors, dans la foulée de l'album Lost song en 1987 de rencontrer son public au Bataclan. Elle veut dit-elle « épater Serge ». Son spectacle sobre et émouvant fait se déplacer ses fans. Cette année-là, Jane Birkin tourne également un projet biographique audacieux, Jane B par Agnès V. L'épouse de Jacques Demy s'immisce dans la vie de famille de Jane, entre réalité et fiction.

Je suis venue te dire que je m'en vais...

L'inspiration de Serge Gainsbourg à l'égard de Jane Birkin ne s'est jamais vraiment envolée. Il lui déclame un nouvel album Amours des feintes et dessine pour la pochette son visage à l'encre de Chine. Son dernier coup de crayon. Serge Gainsbourg décède le 2 mars 1991. Quelques jours plus tard, Jane perd également son père, David Birkin. Son chagrin est immense. Pourtant, elle honore ses concerts prévus de longue date au Casino de Paris. On se souvient encore de cette scène bouleversante où chantant « Je suis venue te dire que je m'en vais », elle dépose son micro à terre. L'artiste jure alors de ne plus interpréter que du Gainsbourg.

Dans les années 90, Jane Birkin se consacre également à ses engagements humanitaires, elle réalise des courts-métrages en faveur d'Amnesty International ou de la lutte contre le Sida. Elle part à Sarajevo lors de la guerre en Bosnie afin de soutenir une association. Néanmoins, c'est la fin d'une époque. Comment lui dire adieu ? Difficile pour Jane Birkin d'envisager un studio d'enregistrement sans le souffle poétique de Serge Gainsbourg. Elle demande alors à divers artistes de réinventer certaines de ses chansons dans Versions Jane. De DJ Boom Bass aux Négresses Vertes, chacun apporte sa pierre à ces titres gainsbouriens hors mode. En parallèle, Jane Birkin fait un retour aux sources, elle joue une pièce d'Euripide au Théâtre National de Londres. La scène, qu'elle n'arrive semble-t-il plus à quitter. Une manière de faire vivre encore et toujours l'œuvre de Serge Gainsbourg. En 1996, elle entame une tournée, passant plus de dix jours à l'Olympia.

Dire adieu à Gainsbourg ? Impossible. Lui être infidèle ? Jane Birkin le conçoit pour la première fois, sept ans après la mort de l'artiste. Elle enregistre un nouvel album qui dit tout de son état d'esprit : A la légère. L'ensemble est inégal mais la qualité des auteurs choisis est indéniable, de Zazie à Etienne Daho. Ce tournant l'amène à jouer au théâtre une pièce qu'elle a écrite elle-même en 1992, O pardon, tu dormais.

La Javanaise orientale

Désormais, Jane Birkin semble avoir trouvé un équilibre musical, entre les reprises de Serge et un nouveau répertoire écrit sur mesure. Elle décide alors en 2002 d'emmener Gainsbourg dans un voyage oriental, ce qui donne lieu à un télescopage surprenant, l'album Arabesque. Cet album dirigé par le violoniste algérien Djamel Benyelles lui permet de parcourir le monde, du Japon à la Russie. Son étape au Proche-Orient fait sensation, lorsqu'elle se produit à Tel-Aviv et Gaza. Jane Birkin conclue sa tournée par des concerts à travers l'Asie. La Javanaise orientale a séduit un immense public.

Auréolée du succès d'Arabesque, Jane Birkin surprend déjà avec un autre projet. Rendez-vous, un mélange de reprises et de duos inattendus sort le 30 Mars 2004. Elle a fait de nouvel appel à la fine fleur de la chanson française, ses amis de longue date, Alain Chamfort et Alain Souchon, et au renouveau rock de Mickey 3D à qui elle répond gaiement : «J e m'appelle Jane et je t'emmerde ». Un DVD témoigne alors de cette aventure musicale.

D'orchestrations nouvelles de Gainsbourg en chansons inédites, que prépare désormais l'intemporelle Jane Birkin ? Peut-être un album de sa propre plume où elle pourrait dire elle aussi en chansons à Serge « Je t'aime, moi non plus »...

Copyright 2014 Music Story Paula Haddad

My name is Jane...

Jane Birkin est née en 1946 à Londres. De son enfance anglo-saxonne, elle garde le goût du théâtre, sa mère Judy Campbell étant une comédienne reconnue. A 21 ans, actrice débutante, elle se fait engager par un certain John Barry dans la comédie musicale Passion Flowers Hôtel. Le compositeur de James Bond tombe sous son charme et l'épouse en 1967. Une petite Kate, future photographe de renom voit le jour. Jane Birkin enchaîne avec Blow-up, le film désormais culte de Michelangelo Antonioni. Le film fait scandale à Cannes, Jane Birkin semble alors être déjà l'héroïne d'oeuvres controversées...

De l'autre côté de la Manche, Pierre Grimblat cherche une actrice pour Slogan, le film qu'il compte tourner avec Serge Gainsbourg. Y'a-t-il eu coup de foudre à retardement ? Jane Birkin balbutie des essais en français et exaspère Serge Gainsbourg, meurtri par sa rupture avec Brigitte Bardot. Pourtant, le couple devient rapidement inséparable et enregistre en 1969 un album éponyme Jane Birkin - Serge Gainsbourg. Le disque révèle le fameux « Je t'aime moi non plus » (à l'origine en duo avec BB), sulfureux râle musical qui défraye la chronique. Le 45 T se vend à un million d'exemplaires, un couple électrique embrase les années 70. Jane Birkin donne naissance le 21 juillet 1971 à une deuxième petite fille, Charlotte Gainsbourg.

J'ai, je ne sais quoi d'un garçon manqué

La jolie et longiligne londonienne a trouvé en Serge Gainsbourg un magnifique pygmalion artistique. En 1973, l'homme à la tête de chou lui écrit un premier album solo, Di doo Dah. Il met en valeur sa voix frêle et son accent hésitant, l'habille d'une poésie sensuelle et désenchantée. L'album n'est pas truffé de succès, mais la chanson phare « Di doo Dah » dépeint l'image de la jeune femme en France. Celle d'une silhouette fragile à qui l'on confie des rôles cinématographiques de grandes nunuches maladroites (La moutarde me monte au nez, La course à l'échalote). Il faudra attendre les films de Michel Deville et Jacques Rouffio afin qu'elle évolue dans un registre dramatique. A presque trente ans, Jane Birkin semble mener une vie paisible, entre sa famille et sa carrière. Néanmoins, il en faudra peu pour que la provoc' revienne faire un tour rue de Verneuil.

En effet, Serge Gainsbourg tourne en 1975 un premier film portant le nom du scandale passé : Je t'aime moi non plus. Il met en scène la relation entre un camionneur homosexuel et une jeune femme au physique androgyne. Le film se fait huer, peu de salles le distribuent, la critique l'assassine mais son mystère reste intact. Il jouit également d'une bande originale écrite par Gainsbourg lui-même, la fameuse « Ballade de Johnny Jane ».

Vie-mort-résurrection d'une passion

Si le cinéma reste au centre du couple Birkin-Gainsbourg, celui-ci n'en oublie pas son osmose musicale parfaite. En 1975, Jane chante « Lolita go home », co-signé Philippe Labro et Gainsbourg. Celui-ci n'a cette fois écrit qu'un seul texte, la ritournelle « La fille aux claquettes » qui évoque malicieusement son bonheur actuel. Jane Birkin poursuit également sa carrière de comédienne et tourne dans des productions comme L'animal.

1978 : L'album Ex-fan des sixties consacre la collaboration Birkin-Gainsbourg. La muse se perd toujours avec plaisir dans le labyrinthe textuel de son mentor. Elle susurre des chansons décalées à souhait, « Apocalypstick », « L'Aquaboniste » et le sublime « Velours des vierges ». Elle y chante également « Vie-mort-résurrection d'une passion » où Gainsbourg lui écrit : « Nous nous sommes dis tu / Nous nous sommes dit tout / Nous nous sommes dis vous / Puis nous nous sommes tus ». Une manière d'anticiper la fin de sa relation avec Jane Birkin. En effet, Gainsbourg accumule désormais les excès de la vie nocturne. En 1980, Jane Birkin quitte le domicile conjugal avec ses deux filles. Malgré la douleur de la séparation, le tandem mythique des années 70 restera profondément uni.

Fuir le bonheur...

A l'aube des années 80, Jane Birkin vit désormais avec Jacques Doillon. L'exigeant cinéaste l'entraîne dans son univers, elle tourne La Pirate et Comédie. Néanmoins, elle continue à accepter des comédies légères, notamment Circulez, y'a rien à voir de Patrice Leconte. De ces années là, il reste quelques rôles et surtout une deuxième petite fille, Lou Doillon.

Le bonheur d'antan avec Serge Gainsbourg s'est définitivement enfui. Pourtant, cette rupture inspire comme jamais le poète : Baby alone in Babylone est le plus bel album de Jane Birkin. Il recèle plusieurs classiques « Fuir le bonheur de peur qu'il se sauve », «L es dessous chics » et « Baby Lou ». Si Gainsbourg souffre encore, le public goûte en 1983 avec délice à la délicatesse de ce long poème pour l'ex-compagne. Jane Birkin reçoit son premier disque d'or. Le paradoxe de sa carrière, elle qui a d'abord été une icône médiatique avant d'obtenir un succès commercial.

En 1985, Jane Birkin fait pour la première fois du théâtre en France, dans La fausse suivante, mis en scène par Patrice Chéreau. Il faut dire que la chanteuse n'est pas ce qu'on appelle une artiste de scène. Elle décide alors, dans la foulée de l'album Lost song en 1987 de rencontrer son public au Bataclan. Elle veut dit-elle « épater Serge ». Son spectacle sobre et émouvant fait se déplacer ses fans. Cette année-là, Jane Birkin tourne également un projet biographique audacieux, Jane B par Agnès V. L'épouse de Jacques Demy s'immisce dans la vie de famille de Jane, entre réalité et fiction.

Je suis venue te dire que je m'en vais...

L'inspiration de Serge Gainsbourg à l'égard de Jane Birkin ne s'est jamais vraiment envolée. Il lui déclame un nouvel album Amours des feintes et dessine pour la pochette son visage à l'encre de Chine. Son dernier coup de crayon. Serge Gainsbourg décède le 2 mars 1991. Quelques jours plus tard, Jane perd également son père, David Birkin. Son chagrin est immense. Pourtant, elle honore ses concerts prévus de longue date au Casino de Paris. On se souvient encore de cette scène bouleversante où chantant « Je suis venue te dire que je m'en vais », elle dépose son micro à terre. L'artiste jure alors de ne plus interpréter que du Gainsbourg.

Dans les années 90, Jane Birkin se consacre également à ses engagements humanitaires, elle réalise des courts-métrages en faveur d'Amnesty International ou de la lutte contre le Sida. Elle part à Sarajevo lors de la guerre en Bosnie afin de soutenir une association. Néanmoins, c'est la fin d'une époque. Comment lui dire adieu ? Difficile pour Jane Birkin d'envisager un studio d'enregistrement sans le souffle poétique de Serge Gainsbourg. Elle demande alors à divers artistes de réinventer certaines de ses chansons dans Versions Jane. De DJ Boom Bass aux Négresses Vertes, chacun apporte sa pierre à ces titres gainsbouriens hors mode. En parallèle, Jane Birkin fait un retour aux sources, elle joue une pièce d'Euripide au Théâtre National de Londres. La scène, qu'elle n'arrive semble-t-il plus à quitter. Une manière de faire vivre encore et toujours l'œuvre de Serge Gainsbourg. En 1996, elle entame une tournée, passant plus de dix jours à l'Olympia.

Dire adieu à Gainsbourg ? Impossible. Lui être infidèle ? Jane Birkin le conçoit pour la première fois, sept ans après la mort de l'artiste. Elle enregistre un nouvel album qui dit tout de son état d'esprit : A la légère. L'ensemble est inégal mais la qualité des auteurs choisis est indéniable, de Zazie à Etienne Daho. Ce tournant l'amène à jouer au théâtre une pièce qu'elle a écrite elle-même en 1992, O pardon, tu dormais.

La Javanaise orientale

Désormais, Jane Birkin semble avoir trouvé un équilibre musical, entre les reprises de Serge et un nouveau répertoire écrit sur mesure. Elle décide alors en 2002 d'emmener Gainsbourg dans un voyage oriental, ce qui donne lieu à un télescopage surprenant, l'album Arabesque. Cet album dirigé par le violoniste algérien Djamel Benyelles lui permet de parcourir le monde, du Japon à la Russie. Son étape au Proche-Orient fait sensation, lorsqu'elle se produit à Tel-Aviv et Gaza. Jane Birkin conclue sa tournée par des concerts à travers l'Asie. La Javanaise orientale a séduit un immense public.

Auréolée du succès d'Arabesque, Jane Birkin surprend déjà avec un autre projet. Rendez-vous, un mélange de reprises et de duos inattendus sort le 30 Mars 2004. Elle a fait de nouvel appel à la fine fleur de la chanson française, ses amis de longue date, Alain Chamfort et Alain Souchon, et au renouveau rock de Mickey 3D à qui elle répond gaiement : «J e m'appelle Jane et je t'emmerde ». Un DVD témoigne alors de cette aventure musicale.

D'orchestrations nouvelles de Gainsbourg en chansons inédites, que prépare désormais l'intemporelle Jane Birkin ? Peut-être un album de sa propre plume où elle pourrait dire elle aussi en chansons à Serge « Je t'aime, moi non plus »...

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