Après leur premier album,
Facelift, Alice In Chains avait édité un premier EP,
Sap, essentiellement composé de ballades menées à la guitare acoustique. Deux plus tard, et après avoir publié un autre album de metal (
Dirt), le quatuor remet le couvert, avec
Jar Of Flies. Quoique composé de seulement 7 titres, ce « mini album » est marqué par une étonnante variété de compositions et d’ambiances, à cheval entre le rock, le folk et le jazz, l’acoustique et l’électrique.
Sap était déjà dominé par l’acoustique, mais, sur
Jar Of Flies, la guitare électrique est présente sur quasiment tous les titres (le seul qui soit uniquement acoustique étant
« Don’t Follow »), qui contribue à en enrichir l’atmosphère et amplifier leur intensité, comme l’harmonica et le violon, qui font leur apparition pour la première fois chez Alice In Chains.
« Rotten Apple » ouvre l’album avec une basse chaude et des arabesques électriques, tissant une atmosphère, plaisamment lancinante, de douce mélancolie. S’ensuit
« Nutshell », chanson capiteuse et triste, dans laquelle Layne Staley chante sa solitude et son combat contre la drogue (« And yet I fight this battle all alone… »).
« I Stay Away » oscille entre passages calmes, tortueuses harmonies vocales et envolées de la voix puissante de Staley, créant une ambiance changeante évoluant du sombre au lumineux. Pour la première fois, Alice In Chains intègre du violon, et la réussite est totale. Avec
« No Excuses », la tonalité est plus apaisée et le disque retrouve un peu de rythme et d’allant ; les paroles apparaissent autant comme une déclaration d’amitié de Cantrell à Staley qu’une exhortation à se sortir du piège de l’addiction. Le court instrumental
« Whale & Wasp », avec sa guitare sonnant comme un chant de baleine (d’où le « Whale » du titre) rappelle le son de Brian May, est une pièce à part dans la discographie du groupe, dont la douceur et le calme sont soulignés par le violon.
« Don’t Follow », autre merveille du disque nappée d’harmonica démarre calmement avec le chant mêlé de Cantrell et Staley, avant de s’emballer avec la voix puissante du seul Staley. Une chanson sur la solitude, étonnamment pleine de vie, de vigueur et d’espoir.
Jar Of Flies s’achève enfin avec le swing jazzy du bien nommé
« Swing On This », morceau délié et ludique qui conclut le disque sur une tonalité enjouée.
Le disque connaîtra le succès qu’il mérite en se classant (une première pour un EP !) premier dans les charts américains. C’est, avec
Dirt et l’
Unplugged (où l’on retrouve d’ailleurs les 4 premiers titres), l’un des meilleurs disques d’Alice In Chains.
Mikaël Faujour - Copyright 2012 Music Story