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Commentaires client les plus utiles
15 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
joli duo...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jasmine (CD)
Est-il bien utile d'écrire un commentaire supplémentaire autour du dernier disque de Jarrett? En tant qu'amateur de jazz et de musique improvisée, je serai peut-être moins dithyrambique que la presse spécialisée (Choc/émoi pour le magazine Jazzman/Jazzmag) et d'autre amateurs... Tandis que je réécoute pour la énième fois ce disque de duo, avec le contrebassiste Charlie Haden, un sentiment de calme envahit l'auditeur. Si l'album possède de magnifiques interprétations (je songe tout particulièrement à Can I Go Without You et I'm Gonna Laugh You Right Out, deux chef d'oeuvres de musicalité absolue), il fait hélas trop penser à son album Melody At Night With You. Composé de standards, Jasmine force bien sûr l'admiration et rappelle pour qui l'aurait oublié que le pianiste est passé maître dans l'art de l'interprétation des compositions de la grande époque. Keith Jarrett est sans doute, après Bill Evans, le pianiste de jazz le plus important de la seconde moitié du XXème siècle... Né le jour même de l'armistice, lequel marquait la fin de la seconde guerre mondiale, du moins en Europe (Keith est bien né le 08 mai 1945), notre artiste représente à lui tout seul et mieux que personne peut-être, toute une génération, celle des babyboomers... Nombreux sont les passionnés d'art et de culture, musiciens et mélomanes, à s'identifier à l'art bien balisé de Keith Jarrett, surtout lorsqu'il interprète ces standards qui n'ont plus de secret pour lui.Après avoir écouté l'autre duo de Keith avec Charlie (même s'ils ne jouent ensemble que sur un titre, le magnifique Ellen David, en hommage à la première épouse du contrebassiste), un sentiment de joliesse me laisse penser que le disque aurait mérité plus de ferveur et de panache. Plus de contrastes aussi. Hors mis cette petite remarque, le disque est bien foutu, y a pas à dire. Qui peut aujourd'hui se vanter de jouer comme Keith? Brad Mehldau? No Moon At All est le thème le plus enlevé, le plus rapide rythmiquement parlant. Les soli de Haden sont remarquables d'inventivité. Sa contrebasse sert à marquer de beaux contrepoints sur les harmonies du piano, et l'on est heureux de ses prestations en solo. Sans effet de manche (le son pour le son), l'ensemble est remarquable. Les thèmes dépassent allègrement les quatre minutes, certains allant même jusqu'à dix, voire plus (Body and Soul et I'm Gonna Laugh You Right Out). Bref, l'on passe un bon moment, ce qui est déjà beaucoup. Pas de free jazz par ici, mais une musicalité qui devrait ravir les amoureux (les très beaux "Don't Ever Leave Me" et "One Day I'll Fly Away"). L'ensemble reste très accessible. A écouter avec sa petite amie au coin du feu, en hiver. Bref, un disque "événement" à garder à proximité, bien précieusement... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
28 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La mélodie la nuit, ensemble,
Par LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 10 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Jasmine (CD)
On ne présente pas Keith Jarrett. Pour beaucoup d'amateurs, Charlie Haden non plus. Pour ceux qui le connaîtraient peu, je vous renvoie aux commentaires écrits récemment sur certains de ses albums et coffrets majeurs, à mon sens tous indispensables: The Montreal Tapes, le coffret Soul Note, The Private Collection et In Angel City avec le Quartet West.Rappelons à toutes fins utiles que pendant quelques années, de 1967 à 1976, Haden tenait la basse dans le trio puis dans le dénommé "quartet américain" de Jarrett (ex. The Survivor's Suite), et que même s'il leur est arrivé de jouer ensemble depuis, cela a été tellement rare que ces retrouvailles tiennent de l'événement - comme celles avec Paul Motian, batteur de ce quartet, furent un événement en 1992, dans un concert qui donna lieu à l'édition d'un des meilleurs albums de Jarrett de ces 20 dernières années, malheureusement trop peu connu: At The Deer Head Inn. Haden est devenu au fil des années non seulement une des plus grandes figures de la contrebasse, mais aussi un spécialiste du duo. Pour s'en tenir aux duos avec piano, je ne mentionnerai que, dans l'ordre de mes préférences: Night And The City avec Kenny Barron, As Long As There's Music avec Hampton Hawes et Steal Away avec Hank Jones. Haden maîtrise à merveille l'art de la conversation, et joue de sa basse profonde non seulement pour ancrer mais aussi pour pulser, relancer, sculpter le son de celui avec qui il dialogue. Jarrett, lui, s'est épanoui essentiellement dans le trio, le solo, et avant cela le quartet. Haden et Jarrett avaient déjà enregistré ensemble une des plus belles compositions du contrebassiste, Ellen David (depuis rebaptisée Nightfall), dans le premier disque de Haden uniquement composé de duos, Closeness: une magnifique première collaboration à deux. Dire que cet échange entre Jarrett et Haden était attendu est donc un euphémisme. Disons d'emblée ce qu'on en pense, en citant l'excellent article de Stéphane Ollivier dans Jazzman/Mag de mai 2010, car on ne saurait mieux dire: "Si Jasmine est un chef-d'oeuvre, c'est que, sur un répertoire entièrement composé de standards et de chansons d'amour, Keith Jarrett et Charlie Haden, dans des interprétations d'une extraordinaire limpidité, donnent à entendre non seulement l'émotion pure d'une mélodie mais tout le trajet qu'il leur aura fallu pour atteindre finalement à cette simplicité." Haden, dont la pulsation est caractéristique et qui multiplie des effets bien à lui - par exemple, les fameux 'double stops' - il y a quelques années semblait parfois tomber dans la formule dans ses solos. Jarrett, quant à lui, a multiplié les enregistrements de son trio 'standards' avec les immenses Gary Peacock et Jack DeJohnette, sans toutefois retrouver la grandeur des dix premières années - si vous en voulez encore la preuve, jetez-vous avant qu'il ne s'épuise sur le sensationnel dvd Standards I & II, qui les montre au sommet. En solo, on peut parfois déplorer sa tendance au solipsisme, voire à la banalité, comme dans certains titres de The Melody At Night With You. Rien de tout cela ici: les deux musiciens sont à leur apogée, pris séparément et ensemble. On ne les a pas entendus aussi constamment merveilleux depuis un bon bout de temps. Il s'agit si l'on veut de la même option mélodique et intimiste que le solo de The Melody..., mais outre que Jarrett est plus inspiré ici, on sent que Haden lui permet de ne pas s'épancher plus que de raison, de ne pas abandonner le swing. Ce qui frappe, c'est le fait que l'on ne se retrouve pas avec un duo piano/contrebasse languissant de plus, ce que d'aucuns pouvaient redouter. Cela n'empêchera pas l'auditeur bien disposé d'avoir les larmes aux yeux dès les premières mesures de l'inaugural "For All We Know". Mais chaque standard est exploré pour ce que porte sa mélodie, au plus près d'humeurs aussi variées que profondément pudiques, sans alanguissement ou bavardage excessif. Jarrett et Haden n'ont pas cédé à la mélancolie nocturne, quand bien même Jarrett parlerait de ces fleurs de jasmin qui fleurissent de nuit. La mélancolie plane bien ici, mais sans peser, sans faire tourner l'échange au funèbre. A l'image de ce "Goodbye" tout en délicatesse. Le répertoire est à ce titre idéal, et sans révolutionner l'interprétation d'un thème aussi rebattu que "Body and Soul", par exemple, ils le prennent au plus près, sans autre guide que la mélodie et le partenaire, pour un résultat des plus réussis. Jarrett dit avoir choisi un piano avec lequel il se sentait particulièrement à l'aise, même s'il ne sonne pas aussi bien que d'autres. Ils ont souhaité une prise de son qui rendrait l'intimité du dialogue, sans travailler le son outre mesure. Pari réussi: le son est chaud, et ne ressemble pas au son ECM dans ce qu'il peut avoir de plus discutable. Le rapport entre les instruments est assez équilibré (même si le piano est plus en avant), et rend parfaitement compte de ce jazz de chambre jamais confiné, aussi chaleureux qu'aéré. Pour ce qu'on en sait, ces deux-là ne se rencontreront plus jamais. Pour ce qu'on en sait, ils livrent peut-être là leur plus grand disque en duo. Pour autant qu'on puisse en juger, on tient là un chef-d'oeuvre de la part de ces deux musiciens épris de beauté. "Voici de la musique pour vous. Prenez-la et elle est à vous", écrit Jarrett dans ses notes de pochette. Ne ratez pas cet échange où s'entendent proximité et tendresse, cette musique qui a pour seule utopie et seule réalité le partage. Sublime, tout simplement. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
13 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
EBLOUISSANT,
Par PHIL007 "ANACHRONIC JAZZ FAN" (france) - Voir tous mes commentaires (TESTEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 10 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jasmine (CD)
Je n'étais jamais arrivé à totalement pénétrer dans l'univers de Keith JARRETT. A chaque fois quelque chose me gênait, sans savoir trop quoi. Parfois le manque de swing (comme dans ses concerts en solo de 76 à Tokyo). Dans les "standards", un Jack DeJohnette que je trouve trop souvent hyperactif. A cela s'ajoutaient des failles dans mon parcours des Mondes du JazzIci, rien de tout ça. Le swing est bien présent et Jack DeJohnette absent. Le piano sonne sublimement et Charlie HADEN, à la contrebasse, est en grande forme, avec une sonorité magnifique. Avant de faire un achat compulsif, j'ai utilisé un site de streaming légal pour écouter ce disque. Aimant les standards, je vais directement à Body et Soul et l'écoute commence mal pour moi : je suis désarçonné par la façon dont le thème est joué mais j'écoute la suite et je suis scotché dans une interprétation toute en finesse alors que JARRETT fait monter la tension. Un changement de tempo intervient avec une légère accélération et là c'est, toujours avec une subtilité mélodique incroyable, ce que j'appelle du pur et véritable swing : celui qui fait taper du pied sans même que l'on s'en rende compte. Solo de HADEN tellement mélodieux que JARRETT n'a pratiquement pas besoin de fournir un accompagnement et retour au tempo initial pour les trois dernières minutes de ce qui est pour moi une interprétation MAGISTRALE de ce standard. Alors vite je recommence l'écoute de ce disque au début. Les deux premiers morceaux sont sur un tempo medium lent. Parfois, JARRETT est tenté d'accélérer légèrement le tempo (comme à 2'50 sur "Where Can I Go Without You") mais HADEN semble l'en empêcher. Est-ce un bien, est-ce un mal ? Je n'en sais rien. D'un côté une légère accélération, comme dans "Body and Soul", m'aurait permis de sortir de l'état contemplatif dans le quel je suis, d'un autre côté c'eut été prendre le risque de briser la perfection de l'osmose de ce duo. Le morceau le plus rapide est "No Moon at All", dont la plus belle version reste pour moi celle de Phineas NEWBORN Phineas' Rainbow/While The Lady Sleeps. Je ne vais pas passer en revue tous les morceaux (mais il faut signaler un Goodbye, thème fétiche de Benny GOODMAN, revisité et presque du même niveau que "Body and Soul"). Il est à noter que, sauf exceptions assez rares, les solos de basses ont généralement tendance à m'ennuyer. Mais dans ce CD, alors qu'ils sont présents dans tous les morceaux, je les trouve tous superbes, servant de tremplin à JARRETT pour une fin de morceau généralement un peu plus aventureuse harmoniquement. Autant vous dire que j'ai vite fais l'acquisition de ce CD. Certes, on pourrait regretter que la majorité des tempos soient lents/médium, reprocher à cet album d'être trop contemplatif ou je ne sais quoi. Il n'y a pas de morceau "chauffe ou crève". "Ce ne sont que quelques standards". Mais je ne pense pas que les standards soient dépassés : s'ils sont devenus "standards" et résistent à l'épreuve du temps, contrairement à l'immense majorité des compositions récentes, ce n'est peut-être pas pour rien... Personnellement, l'écoute de ce CD, les yeux fermés, me met dans un état extatique. Une telle finesse harmonique, une telle sonorité de piano, une telle symbiose lors d'un duo piano / basse sont rarissimes. Je pense que ce CD ravira bien de amateurs pour peu qu'ils ne considèrent que, dans la deuxième moitié du 20ème siècle, il n'y a pas eu que Bill EVANS (que j'adore) et Keith JARRETT mais qu'il apprécient aussi POWELL, MONK, GARNER et tant d'autres. Peut de temps avant d'enregistrer cd CD, Keith JARRETT a rencontré Gene Dinovi. Il y a une parenté évidente entre ce CD et Golden Earring même si ce dernier est en trio. Certains musiciens sont capables de rendre la musique intemporelle de marier classicisme et modernité. Je savais que Dinovi en faisait partie, je viens de comprendre, de vivre, que c'est aussi le cas de JARRETT. Ce disque m'a ébloui. P.-S. Je ne chronique que des CDs que je possède Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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