A travers trois histoires passionnantes, l'écrivain montre les ravages de la propagande idéologique de Moscou à l'heure du communisme le plus farouche, dans un pays - en l'occurrence le Congo - où le féticheur n'est jamais très loin et où les jeteurs de sorts sont légion. A chacun ses démons semble nous dire Emmanuel Dongala, à chacun ses sorciers et ses gourous.
Dans Une journée dans la vie d'Augustine Amaya, Dongala met en lumière l'absurdité de l'administration africaine, l'incompréhension et le surréalisme total auxquels sont confrontés les Africains dans leur vie quotidienne. Avec une définition douce-amère de la condition féminine en Afrique : " Mais ces femmes ne trouvaient rien d'anormal à ces bastonnades, à ces injures et outrages que les douaniers leur faisaient subir, car, depuis leur naissance, toutes les autorités, coloniales ou post-coloniales, rénovatrices ou rédemptrices, réactionnaires ou révolutionnaires, adeptes du socialisme bantou ou du socialisme scientifique marxiste-léniniste, toutes les avaient toujours traitées avec le même mépris ".
Pour sa période " américaine ", l'écrivain fait évoluer ses héros dans un New-York difficile et hostile (" Mon métro fantôme "), mâtiné de racisme ordinaire. Dans la dernière tentation de Dongala, " A love supreme ", J.C. est le Dieu du saxo-alto. J.C. c'est John Coltrane bien sûr, icône de Jazz et musicien super-star. Et enfin dans " Jazz et vin de palme " c'est encore Coltrane qui sauve la planète des Martiens - Tim Burton avait-il lu cette nouvelle avant d'écrire Mars Attacks ? La relation entre les deux est étonnante. -- Olivia Marsaud --
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Commentaires client les plus utiles
4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
jazz et vin de palme,
Par Holger Gruß (Berlin,Allemagne) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jazz et vin de palme (Poche)
Ce roman est très fascinant.Il allie d'une agréable manière une réalité,parfois triste,des coutumes ancestrales en Afrique noire à la politique marxiste, et très rationnelle du point de vu scientifique. On y trouve aussi des séquences drôles et un peu ironiques,ce qui fait la beauté de ce livre. Bonne lecture et salut.
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3.0 étoiles sur 5
Le désenchantement des "Indépendances"...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jazz et vin de palme (Poche)
Même si elles sont teintées d'un certain humour, les nouvelles qui sont regroupées dans ce livre ont en commun de nous faire ressentir d'abord l'immense désenchantement qui a suivi de peu la période euphorique des "Indépendances" africaines. Le désenchantement et la résignation de devoir alors recommencer à vivre, et même à survivre, dans un monde devenu caricatural, sous le joug de nouveaux pères Ubu, après avoir fait les rêves les plus fous !A part cela, cet ensemble de nouvelles m'a semblé quelque peu hétérogène. Si la nouvelle que j'ai le moins "goûtée" est celle qui donne son titre au livre, j'ai, par contre, beaucoup apprécié la nouvelle "minimaliste" intitulée "Une journée dans la vie d'Augustine Amaya" qui m'a fait repenser au thème principal du dernier et magnifique livre de l'auteur, et une autre, "l'homme", dans laquelle on peut presque palper l'horreur que les luttes politiques sont capables d'engendrer sur ce continent. Avec une justice expéditive, aléatoire et aux ordres du pouvoir en place, les peuples ont rarement accès aux lendemains qui chantent ! Un livre à lire... et certainement que les amateurs de jazz, si toutefois ils n'abusent pas du vin de palme, y prendront plus de plaisir que ceux qui sont malheureusement insensibles à la musique de "J.C"; (*) (*) précisons : "J.C" pour "John Coltrane", et non pas pour "Jésus Christ". Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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