Réunis entre 1973 et 1977, ces souvenirs minuscules et ordinaires "arrachés à l'insignifiance" rassemblent des instants, bribes et lambeaux d'une réalité dont Perec fut le témoin entre sa dixième et sa vingt-cinquième année, soit entre 1946 et 1961. Ils furent rédigés entre le prix Renaudot qu'il reçut pour son premier roman, Les Choses (1965) et le prix Médicis pour La Vie mode d'emploi (1978). --Laure Anciel
Ces « je me souviens » ne sont pas exactement des souvenirs, et surtout pas des souvenirs personnels, mais des petits morceaux de quotidien, des choses que, telle ou telle année, tous les gens d'un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées ; elles ne valaient pas la peine d'être mémorisées, elle ne méritaient pas de faire partie de l'Histoire, ni de figurer dans les Mémoires des hommes d'Etat, des alpinistes et des monstres sacrés. Il arrive pourtant qu'elles reviennent, quelques années plus tard, intactes et minuscules, par hasard ou parce qu'on les a cherchées, un soir, entre amis ; c'était une chose qu'on avait apprise à l'école, un champion, un chanteur ou une starlette qui perçait, un air qui était sur toutes les lèvres, un hold-up ou une catastrophe qui faisait la une des quotidiens, un best-seller, un scandale, un slogan, une habitude, une expression, un vêtement ou une manière de la porter, un geste, ou quelque chose d'encore plus mince, d'inessentiel, de tout à fait banal, miraculeusement arraché à son insignifiance, retrouvé pour un instant, suscitant pendant quelques secondes une impalpable petite nostalgie. G. P.
--Ce texte fait référence à l'édition Broché .
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5.0 étoiles sur 5
LE TEMPS PERDU QU'ON NE RATTRAPE PLUS...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Je me souviens (Poche)
"Je me souviens" de ma vie, des moments fugaces, des noms qui s'effilochent comme des bouts de nuages, je me souviens de mes morts....C'est un livre poignant par la nostalgie et la mélancolie qu'il engendre chez ceux qui ont vécu durant ces années 50-60 ans et dont l'enfance peut, par les souvenirs de Perec, ressurgir avec cette acuité que l'instant rememorisé donne au périssable. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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