Youcef M D, né en France puis rentré vivre au Maroc avec ses parents à l'age de cinq ans, est désormais un sans-papiers vivant à Paris dans la clandestinité. A la suite d'une rencontre avec une enseignante de français, Marie, il se met à raconter sa vie de clandestin. Une question essentielle se pose dès la page 34: pourquoi diantre ce type est-il clandestin? Comment un homme, né sur le sol français et ayant pour mère une femme de nationalité française, peut-il ne pas avoir la nationalité française et se trouve ici dans l'obligation, de par sa nationalité soi-disant uniquement marocaine, de vivre dans la clandestinité? C'est absurde! Il est vrai que l'attribution autoritaire de la nationalité française est parfois tempérée dans certains cas par une faculté de renoncer à celle-ci mais cette renonciation ou répudiation doit être faite de manière active. Or aucune mention n'est faite de ceci dans le cas présent. Comme tout le roman repose sur les déboires du clandestin (dénonciations, alcool et impossibilité de trouver un vrai travail), les désillusions du clandestin (faux-frères et trahisons), les dérives du clandestin (drogue et violence), les peurs du clandestin (police), les trafics de papiers ou de marchandises volées (trafics obligés car clandestin!), on se demande quelle recherche a réellement été consacrée à comprendre le milieu des clandestins. Ne s'agirait-il en fait qu'un pure exercice de démagogie en se faisant de l'argent sur le dos des clandestins qui justement ne peuvent infirmer ou confirmer ces propos car eux sont vraiment clandestins?
C'est vraiment dommage: les clandestins, des personnes qui par définition connaissent de si grandes difficultés à survivre, mériteraient un témoignage plus probe.