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le 9 mars 2012
« L'aventure de Jeanne est une remise en question des rôles que la société médiévale accorde aux femmes ; une femme peut-elle guerroyer, parler au conseil royal ou prêcher ? A Jeanne s'appliquent en effet à la fois des modèles accessibles aux deux sexes (le prophétisme), des modèles purement féminins (la pucelle), des modèles strictement masculins (le chevalier) et ce brouillage des limites est la raison fondamentale de la perplexité qu'elle suscita.
En effet, il n'est pas question au moyen-âge d'afficher son individualité et sa particularité ; chacun appartient à un groupe (une famille, un village, une confrérie), chacun fait partie d'un état du monde qui a ses normes auxquelles il faut se conformer. »
Dans un monde où l'innovation est globalement refusée aux comportements sociaux, chacun élabore et pense un être au monde sur le modèle d'illustres prédécesseurs (les grandes figures bibliques ou païennes).
L'immense intérêt du livre de Colette Beaune est de reconstruire l'univers symbolique qui constitue la réalité telle que Jeanne l'appréhende, à travers ses visions, rêves, prières et rites. Ainsi de sa relation à la Vierge Marie, de sa lecture des romans de chevalerie, de sa connaissance des Saintes qui l'ont précédé, de sa ferveur religieuse en un temps ou le calendrier n'est que la succession des fêtes religieuses dont le moment d'apogée est Pâques. Jeanne ne connaît pas sa date de naissance, fait très peu de références à des dates précises selon le calendrier romain.
Jeanne est paysanne, fille de laboureurs relativement aisés, mais, comme le dit l'auteur, « la richesse n'est pas ce qui détermine le rang dans un village. L'ancienneté de la famille, sa réputation et sa renommée sont plus importantes. Et pour la réputation d'une famille, la surveillance attentive des filles est nécessaire. Il n'est pas question de flâner dans la rue ou de sortir du village sans être accompagnée. Pas question non plus de fréquenter un homme sans l'aval et le contrôle des parents. La virginité des filles fait l'honneur d'une maison. » Cependant, son autonomie croissante fait peur, son père la voit en rêves partir sur les routes avec les soldats - ce qui signifiait une vie de prostituée. « Pères et frères aînés s'entretiennent alors pour sauvegarder l'honneur de la famille et projettent de la noyer préventivement si nécessaire ».
C'est qu'en effet, à Jeanne, « le temps dure comme à une femme enceinte ». Les visions l'appellent auprès du roi, et c'est en revendiquant sa parenté spirituelle (« fille de Dieu »), son état de prophétesse, que Jeanne pourra quitter sa famille et approcher le roi. Mais Jeanne se réclame « chef de guerre », et fera en effet la guerre, précédent extraordinaire dans l'histoire médiévale, commandant aux comtes et barons.

De ce parcours si particulier d'émancipation, d'invention d'un comportement sans précédent, l'auteur nous restitue le sens accordé par les différents acteurs, aussi bien Jeanne que ses juges et anciens voisins, à travers les catégories sociales et symboliques de leur temps, ce temps qui envisage de nouvelles pratiques sociales encore sous l'idée de « renovatio mundi », restauration de l'ordre du monde chrétien. Si Jeanne n'a toujours eu en tête elle-même que restaurer (le roi, le pape, l'empereur, la libération des lieux saints), elle a bien innové, suscitant perplexité et admiration. Cela valait bien qu'elle marquât l'histoire, et qu'elle fasse l'objet aux différentes époques d'exploitations politiques malheureuses - un des commentateurs d'Amazon se faisant d'ailleurs le relais de la vision laïque et républicaine du 19ème siècle.
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Les médiévistes trouveront un plaisir rare, à la lecture du remarquable « Jeanne d'Arc » de Colette Beaune, aujourd'hui réédité en poche.

Bien loin de n'être qu'une nouvelle biographie consacrée à l'icône patriotique habituelle, l'ouvrage retrace avec une érudition incroyable l'histoire de la petite villageoise de Domrémy, en l'expliquant à la lumière des mentalités de l'époque. C'est en nous permettant réellement de comprendre comment les contemporains de Jeanne d'Arc ont perçu son message et son action que Colette Beaune nous décrit d'un œil neuf et juste la personnalité de celle qui va conduire Charles VII à son sacre.

Le mythe vivant que représente la Pucelle et son charisme qui l'a conduit à faire la guerre vêtue en homme, ce qui est absolument exceptionnel dans le contexte du XVe siècle, en sortent grandis.
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le 19 janvier 2014
Il ne faut pas chercher dans ce livre une histoire chronologique de la Pucelle ni une description détaillée de ses actions militaires ou politiques, ni même du déroulement des procès dont elle fut, bien malgré elle, l'accusée centrale.
Colette Beaune nous dresse un tableau d'une érudition époustouflante de la société de la fin du moyen-âge et de ses codes sociaux et religieux si rigoureux, transgressés par Jeanne. Elle livre en détails le raisonnement théologique des juges de Rouen en 1431 ainsi que celui de Jeanne et plus tard la logique des juges du procès en nullité ou réhabilitation de 1456.
Cet ouvrage nous fournit des clés de compréhension du référentiel de Jeanne, peut-être en avance sur son temps, ainsi que sur celui de la société du début du XVeme siècle.
Le volume des notes d'érudition couvre à lui seul 55 pages!

A ce titre ce livre reste un ouvrage assez ardu destiné à un lectorat déjà bien au fait de l'histoire de Jeanne d'Arc et de l'Histoire tout court.
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Les éditions Perrin rééditent dans leur collection Tempus cet ouvrage de l'historienne Colette Beaune, maître de conférences à la Sorbonne puis professeur d'histoire médiévale à l'université Paris-X Nanterre, initialement paru en 2004. Une forme de pied-de-nez au piège tendu par Arte à l'historienne ainsi qu'à deux de ses confrères : en effet, un documentaire de mars 2008 les utilisait savamment pour accréditer des théories fumeuses, comme l'origine royale de Jeanne d'Arc ou la survie de la Pucelle à travers la fameuse "Dame des Armoises", hypothèses depuis longtemps infirmées par des travaux sérieux.

Le livre de Colette Beaune est donc aussi un plaidoyer pour défendre le métier d'historien et pour expliquer combien Jeanne d'Arc a été victime de récupérations, que ce soit des adeptes du complot ou bien des partis politiques -l'on pense, bien sûr, au Front National. La question posée est bien celle de savoir comment Jeanne a été vue par ses contemporains : qu'avait-elle de commun, ou au contraire, d'exceptionnel ?

Et de fait, Jeanne d'Arc est issue d'un milieu rural dont elle partage nombre de croyances, sans toutefois aller jusqu'à reconnaître devant ses juges qu'elle allait régulièrement à "l'Arbre aux fées" de Domrémy. Les juges s'intéressent aussi à son "martin", le bâton qu'elle promène sans cesse durant sa mission, et sur lequel Colette Beaune écrit des pages remarquables. Jeanne grandit aussi dans pays de frontières, ravagé par des routiers bourguignons, mais où la fidélité à la cause des Armagnacs ne se dément pas. Elle sait pourtant conserver son indépendance et n'est pas "manipulée", comme on voulut le croire nombre d'auteurs postérieurs. Sa mission est quasi eschatologique : pour elle, faire sacrer Charles VII n'est qu'une étape avant de l'emmener reconquérir Jérusalem et de l'asseoir comme l'empereur de la fin des temps. Ce n'est pas pour rien qu'elle choisit elle-même de s'appeler "la Pucelle" : la pureté est le symbole de sa mission, pour ses juges cela l'assimile aux sorciers et sorcières, aux magiciens. Jeanne s'inscrit au demeurant dans un courant antérieur de mysticisme féminin et de prophétesses qui contactent le roi de France : la différence, c'est qu'elle traduit ses paroles en actes. Et Jeanne dérange la société de son temps : une femme combattante, cela ne se conçoit pas à l'époque, et la situation entraîne nombre de jalousies et de médisances. Elle n'est d'ailleurs pas intégrée dans la liste des Preuses qui sont toutes des héroïnes de l'Antiquité (il faudra attendre le XVIème siècle). Le procès de nullité de 1456, lavant la condamnation de 1431, fit beaucoup, avec ses théologiens et ses juristes, pour imposer l'image d'une Jeanne guerrière : une femme peut prendre les armes si elle est inspirée par la volonté divine, et d'autant plus si elle mène une guerre juste, défensive, selon la définition consacrée de Saint-Augustin. Jeanne devient alors chef de guerre aux côtés d'un roi Charles VII sacré et qui a triomphé des Anglais. Cela permet aussi de "gommer" les autres aspects plus dérangeants du phénomène, que met bien en exergue Colette Beaune dans le reste du livre.

Si les notes sont bien présentes en fin d'ouvrage, on aurait aimé une bibliographie indicative -sur un tel sujet, ce n'est pas du luxe. Il n'y a pas de cartes non plus, ce qui est un peu dommage. Si l'on songe à la récente polémique autour de Jeanne d'Arc qui a encore agité la campagne présidentielle il y a quelques semaines, on comprendra que la lecture de cet ouvrage de référence s'impose pour y voir plus clair, et ne pas dire n'importe quoi.
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le 20 juillet 2011
Après lecture de ce livre, impossible de donner foi aux théories les plus extravagantes parues concernant Jeanne d'Arc. Colette Beaune n'a même pas besoin de les évoquer, son histoire à elle, la vraie, celle des historiens, s'impose naturellement d'elle-même. Eloquent!
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le 1 janvier 2014
vision peu convaincante, partisane et plutôt classique; j'ai lu plusieures études

sur ce sujet; le moins que l'on puisse dire est que l'on ne peut se retrancher dans

la certitude unilatérale; nombre d'auteurs ont des conclusions qu'on ne peut balayer

d'un revers de main!; j'ai un faible pour l'approche de André Brisset; on est dans

la même situation concernant le problème de Vercingétorix et Alésia; enfin, disons

qu'il faut se réjouir que tout le monde n'a pas la même opinion; vive la diversité!
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