Avant de devenir le 3ème président des États-Unis, Tomas Jefferson fut l'ambassadeur de son pays en France dans les années qui précédaient la Révolution. Il y trouvera l'amour entre les bras d'une belle comtesse anglo-italienne et ceux de son esclave Sally.
Le film de James Ivory avait tout pour être un succès : il était "programmé" pour la palme d'or à Cannes et les Oscars. Au final, il n'a déplu à personne mais n'a manifestement pas marqué les esprits non plus. C'est dommage : malgré un scénario parfois un peu relâché, il y a une très jolie réflexion sur la fin d'une époque (l'ancien régime) et les balbutiements d'une autre (pas tant la Révolution chez nous que la démocratie chez nos amis outre-atlantique). Cette réflexion souligne des contradictions : la France de Louis XVI à aidé l'Amérique à obtenir son indépendance face à l'Angleterre mais désormais l'Amérique montre le chemin de la démocratie à une France pourrie jusqu'à la moelle et qui va bientôt tomber comme un fruit trop mûr. Mais d'un autre côté, Jefferson est présent avec ses esclaves et cela ne lui pose aucun problème moral tandis qu'à Paris il n'y a que des hommes libres. Peut-être justement cette complexité a-t-elle pu jouer contre le succès du film auprès de publics qui aiment que les choses soient claires - les méchants d'un côté, les gentils de l'autre - . Peut-être aussi le manque de charisme de Nick Nolte et son aspect grande brute qui ont du mal à créer de l'admiration pour la haute stature intellectuelle de son personnage. Mais autour de lui, tout le gratin du cinéma français et européen (notamment Greta Scacchi qui n'a pas fait la carrière que son talent et sa beauté méritaient) ainsi qu'une Gwynneth Paltrow encore adolescente. Costumes, décors, dialogues (en français et en anglais suivant la nationalité des personnages), tout concourt à faire de ce Jefferson à Paris une réussite, même si elle est n'est pas tout à fait au nouveau d'autres chefs d'œuvre de James Ivory.
(curieusement, le film n'est pas a l'heure actuelle disponible dans une édition française. Vu son sujet, c'est absolument incompréhensible)