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Jeunes, on vous ment ! : Reconstruire l'Université [Broché]

Jean-Robert Pitte
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

Après bien des alertes dont on n'a pas voulu tenir compte, le rejet du CPE a révélé la prise de conscience par les jeunes de l'impasse où on les conduit. Les meilleurs vont vers les STS ou les IUT, vers les classes préparatoires aux grandes écoles (à ces derniers, la nation consacre en moyenne plus de 12 000 € par an alors que les étudiants des facultés ont à peine droit à 6 000 € !). Et comme la société n'a pas fait l'effort d'aider les autres à s'orienter en temps utile, comme les droits d'inscription sont modiques, les élèves déferlent en masse vers des universités aux budgets misérables qui les sélectionnent par l'échec après leur avoir fait perdre leur temps. Sauf à sortir de médecine, de pharmacie ou à réussir un concours d'enseignement ou administratif (un seul poste pour plusieurs milliers de candidats...), les études supérieures, en France - et surtout les études littéraires - ne procurent pas d'emploi, ou alors des emplois au rabais, quand ils ne sont pas précaires. C'est une escroquerie que de ne pas le dire. C'en est une, plus grave encore, que de ne rien changer. Et c'est pour les étudiants un dangereux mirage que de croire que le statu quo les protège. Il faut changer le système de fond en comble, comme l'ont fait déjà-avec succès-plusieurs pays de l'Union européenne. Puisse la colère du président de la première université littéraire de France faire comprendre que le temps des rafistolages doit prendre fin immédiatement !

Biographie de l'auteur

Professeur de géographie (il s'intéresse particulièrement à la géographie culturelle et a publié sur cette question plusieurs ouvrages très remarqués), Jean-Robert Pitte est depuis 2003 président de l'université Paris-Sorbonne (Paris IV).

Détails sur le produit

  • Broché: 130 pages
  • Editeur : Fayard (23 mai 2006)
  • Collection : LITT.GENE.
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2213630518
  • ISBN-13: 978-2213630519
  • Moyenne des commentaires client : 3.7 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Max Weber
Format:Broché
Comme son titre l'indique, les "jeunes" auraient effectivement tout intérêt à lire cet essai du président de l'université Paris IV. C'est sans concession que ce dernier dénonce l'état lamentable de l'enseignement supérieur en pointant du doigt un grand nombre de problèmes, dont les plus évidents sont le manque de moyens - un étudiant coûte moins cher à l'Education Nationale qu'un lycéen ! - et l'absence de sélection. Clairement, le message est : l'université pour tous, ce n'est plus possible, à moins d'instaurer un régime égalitaire qui n'aura de cesse de niveler par le bas le niveau scolaire, jusqu'à ce que les diplômes ne deviennent plus que des papiers sans valeur - sur ce point, on lira avec intérêt "L'inflation scolaire" de Marie-Duru Bellat, que l'auteur cite d'ailleurs.

Les solutions avancées par Jean-Robert Pitte sont pour le moins audacieuses. Comme toujours, dans les situations de crise, on regarde ailleurs - parfois un peu vite, en oubliant qu'il faudra adapter les solutions étrangères à notre contexte bien particulier -, et on constate en se référant au classement des universités de Shanghai que la France ferait bien de regrouper ses universités, de les doter richement et d'instaurer une sélection, comme cela se pratique Etats-Unis, par exemple. A cette occasion, l'auteur souligne l'intérêt du développement du mécénat et du parrainage par des entreprises, allant même jusqu'à parler de "privatisation". Il y a encore quelques années, cela aura été jugé très politiquement incorrect, mais à force d'être répété, ce discours commence à recueillir quelques échos. Que le président de Paris IV se permette de le tenir prouve bien qu'on a enfin passé le cap des vaines réflexions théoriques sur le sens de l'école pour commencer à réfléchir sur les moyens de la réformer pratiquement.

Je reprocherai une seule chose à cet essai : son introduction est tout à fait exécrable, ou alors le titre et le sous-titre ont été atrocement mal choisis par l'éditeur. En effet, l'auteur se livre dans les premières pages à un assaut contre le mouvement anti-CPE qui traduit un méconnaissance affligeante du mouvement. Clairement, ce n'est pas en expliquant que le CPE était "anodin" et en prétendant que "leur sécurité et leur retraite leur importent plus que l'aventure de leur vie", qu'il pourra accrocher les jeunes auxquels il prétend s'adresser. Il faut attendre quelques pages, mais c'est déjà trop tard, pour que Jean-Robert Pitte accepte de considérer le problème sous un autre angle, expliquant que le comportement des jeunes peut "se comprendre à défaut de s'accepter", et que c'est plutôt celui des vieux (responsables politiques, journalistes, enseignants, syndicalistes, etc.) qui est inexcusable.

Pour le reste, on trouvera vraiment dans cet essai de quoi alimenter la réflexion sur une hypothétique réforme de l'université.
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8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
Coup de gueule ! 27 juillet 2006
Par bir-hacheim TOP 50 COMMENTATEURS TESTEURS
Format:Broché|Achat authentifié par Amazon
Jean-Robert Pitte est président de l'Université de la Sorbonne. La crise du CPE l'amène à pousser un coup de gueule quant à l'état de l'université française.

Le constat est clair : l'université française décline, ne répond plus aux besoins des jeunes, de l'économie et de l'emploi. L'accès protégé de certaines filières par le numérus clausus, la non sélection des autres filières, le déclin des filières scientifiques, le développement des écoles au détriment des UFR, le combat contre les droits spécifiques... voilà bien des élément explicatifs du déclin.

JR Pitte propose des solutions : un grand plan université, des embauches massives d'enseignants, le numerus clausus dans les filières, l'ouverture de l'université au mécénat et la remise en cause de la gratuité. Mais Jean-Robert Pitte ne met pas suffisamment en exergue la responsabilité claire des enseignants-chercheurs et des syndicats enseignants et étudiants dans la paralysie qui a entraîné le déclin.

La situation aujourd'hui est grave : déficit chronique de la France, défiance vis-à-vis de l'économie libérale qui réussit dans tous les grands pays sauf en France, une jeunesse qui rêve de fonction publique, une université exsangue... La faute à qui : à une gauche qui confond égalité et égalitarisme (voir « égalitatisme » !), et qui, en grande partie, reste issue de l'éducation nationale, à une droite qui a toujours peur des manifestations dans la rue des enseignants et des étudiants... Quel gâchis ! Le monde avance, il est résolument libéral, l'enseignement supérieur dans les pays anglo-saxons mais aussi dans les pays émergents est une réussite, il est privatisé, les enseignants ont des moyens mais sont évalués et amovibles, les étudiants étudient dans de bien meilleures conditions qu'en France.

Serait ce le grand soir de l'université française ? La pénétration des universités anglo-saxonnes dans nos chasses « précédemment gardées » de l'Afrique du nord et de l'Afrique sub-saharienne semble me le confirmer. Tristesse...
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6 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
Le chaud et le froid 13 août 2006
Par G. S.
Format:Broché
C'est un exercice périlleux auquel se livre Jean-Robert Pitte qui fournit, par voie de conséquences, un essai tendancieux où de bonnes idées ont la fâcheuse manie d'en croiser de mauvaises, et parfois dans la même phrase... où le pire jouxte le meilleur, où un élu de l'université avoue - de manière implicite - l'avoir été à la suite... de tractations peu avouables (p. 125) ; où le libéralisme régnant a du mal à nous faire croire qu'il est humanisme (passim).

Evidemment un travail un peu bâclé qui - éditeur pressé oblige sans doute, auquel on veut bien ajouter le souci de "coller" à l'événement - n'est que le pâle reflet de la pâle société qu'il prétend avoir comprise. Il est vrai que les écrits de J.-R. Pitte portent généralement davantage sur d'autres pôles que celui de l'éducation et de la prospective sociale.

Reconnaissons tout de même qu'un président d'université en poste a ici le courage de publier un écrit qui a tout du point de vue plutôt que de la réflexion scientifique pondérée.

Il serait toutefois dommage de ne pas le lire car il est le reflet d'un moment intéressant de l'histoire contemporaine, la nôtre...
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