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Commentaires client les plus utiles
11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Figaro Littéraire. CHRISTOPHE MERCIER. L'enfant marqué au fer rouge,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jeux d'enfants (Broché)
Un premier roman réussi, à partir d'un fait divers atroce.LA « SÉRIE NOIRE » reprend des couleurs ! Le jeu de mot est facile, mais traduit une réalité qui réjouit. Sous la houlette d'Aurélien Masson, la vénérable collection retrouve une véritable ligne éditoriale, alternant polars de qualité et romans noirs de grande tenue littéraire. Jeux d'enfants, premier opus d'un jeune Anglais installé à Chamonix, est une réussite. On se souvient de cet atroce fait divers survenu en Grande-Bretagne, il y a une quinzaine d'années : deux garçonnets de huit ou neuf ans avaient, dans un moment d'aberration, assassiné une petite fille et, à l'issue d'un procès largement médiatisé, lors duquel ils avaient été jugés comme des adultes, ils avaient été condamnés à la réclusion perpétuelle. La cruauté du verdict, l'image de ces deux gamins dont les pieds, quand ils étaient assis au milieu de leurs juges, ne touchaient pas le sol, faisaient aussi froid dans le dos que le crime en lui-même, et traduisaient la barbarie d'un système judiciaire particulièrement monstrueux. Vers un lynchage annoncé Trigell imagine que l'un des deux coupables, quinze ans après son crime, est mis en liberté conditionnelle. Il a vécu en prison de neuf à vingt-quatre ans et ne connaît que les murs d'une cellule, et les tabassages de ses compagnons de captivité. Les tabloïds, lorsqu'ils apprennent qu'il va être libéré, jouent à fond leur numéro de démagogie sécuritaire et lancent de véritables appels au meurtre. C'est pourquoi celui qui était autrefois « le garçon A », (par opposition à son complice, « le garçon B ») devra, pour des raisons de sécurité, prendre un nouveau nom et endosser un passé imaginaire qu'a inventé pour lui Terry, un assistant social des prisons qui, au fil des ans, l'a pris en amitié et qui est devenu pour lui une sorte de père adoptif. Jack, dans la petite ville où Terry lui a trouvé un appartement et un travail de livreur-magasinier, va réapprendre à vivre dans un monde où tout lui est étranger. Mais peut-on fonder sa vie, ses amours, ses amitiés, sur un mensonge ? Et si, un jour, la presse, qui organise un concours à qui retrouvera le « garçon A », et diffuse d'anciennes photos où il a été vieilli par ordinateur, dépistait Jack ? Il n'échapperait sans doute pas au lynchage. Jeux d'enfants est un roman palpitant et grave. Construit sous forme de puzzle (vingt-six chapitres, comme autant de lettres de l'alphabet, faisant alterner le présent de Jack et des flash-back qui éclairent son enfance ou son existence en prison), il ménage un véritable suspens, tout en posant des questions essentielles sur la culpabilité et le rachat. Le romancier, avant de nous dévoiler le crime que le « garçon A » a commis enfant, sait nous rendre Jack sympathique et souvent touchant dans sa maladresse et sa blessure. Jusqu'au bout, on espère qu'enfin, un jour, il connaîtra la paix. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
inquiétante Angleterre,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jeux d'enfants (Broché)
ce livre fait écho a quelques faits divers sanglants particulièrement atroces commis Outre-Manche par de très jeunes enfants, et il aborde le problème de leur éventuelle réinsertion. Au-delà de l'inadaptation bien évidente d'un garçon exclu de toute adolescence se trouve posé celui de sa relation, nécessairement perverse, à un éducateur qui déséqulibre sa propre vie familiale pour lui venir en aide. Certes, le héros accomplit une sorte de rachat, sauve une vie, se rend socialement utile, connaît enfin l'amour. Certes, il n'était pas si coupable que cela dans le meurtre commis. Certes, son complice a été proprement assassiné en prison. Il n'empêche: au pays de Shakespeare, pas de rachat complet possible, et par l'homme le sang de l'homme sera versé. La presse tabloïd a pris le relais des bourreaux du Moyen-Age pour rxiger encore plus de sang et de stigmatisation. L'échec relatif des politiques de réhabilittion en Grande-Bretagne a ouvert la voie à la régression la plus sordide vers la loi du talion. Et j'en connais qui nous vantent ce modèle-là... Le caractère tragique de la suite des événements est admirablement rendu, jusqu'à un dénouement qui peut laisser espérer que les uns et les autres, ami(e)s, institutions, journalistes, vont peser leur part de responsabilité dans cette nouvelle tragédie. Mais le feront-ils?
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
BOY A,
Par
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Jeux d'enfants (Broché)
je restitue le titre original qui est plus proche de la réalité de ce roman -Boy A- que le fantaisiste pour ne pas dire ridicule "Jeux d'enfants" ; c'est justement l'histoire de ce boy A que Jonathan Trigell nous restitue ici, un gamin qui avec son copain -Boy B- va faire les quatre cents coups "A et B passèrent ensemble le reste de la journée. Deux hors-la-loi, spécialistes du vol à l'étalage et des actes de vandalisme gratuits. Une expérience qui les liait, les soudait. Leur isolement les rapprochait. (...)" p29 jusqu'à un acte innommable et irrémédiable qui les ferra passer pour le grand public au travers de la presse-poubelle pour des monstres qui ne méritent que la peine de mort, ils ont entre 10 et 11 ans, ils sont jugés et passent une dizaine d'années dans des prisons de toutes sortes -enfin pour Boy A, car Boy B trouvera la mort avant- Mais le roman nous raconte surtout la tentative de réhabilitation de Boy A qui se ferra appeler Jack dans la vie réelle, il a 22 ans, il bénéficie d'un programme de renaissance sous un faux nom, un âge tronqué, un passé inventé, dans une ville inconnue, suivie seulement par un assistant social au grand coeur qui l'a accompagné pendant ses nombreuses années et qui le considère comme sa plus grande réussite... Il est libre, mais à la moindre incartade, au moindre acte répréhensible il retournera illico à la case prison, de plus la presse à scandale qui sait qu'il a été libéré sans savoir à quoi il ressemble actuellement met sa tête à prix afin de le chasser... Il travaille, il commence une histoire amoureuse, il a quelques amis, malgré sa paranoïa évidente, son angoisse d'être découvert et son obligation de devoir mentir à ceux qui lui sont proches -ce qui le met mal à l'aise-, il parvient petit-à-petit à vivre normalement, jusqu'au jour où... Ce qu'on apprend c'est que Boy A était la tête de turc de ses camarades, que son père le déteste, que sa mère est malade et qu'il ne retrouvera un peu de confiance dans la vie que grâce à l'amitié de Boy B qui lui aussi souffre d'une atmosphère familiale délétère ; on ne sait jamais qui des deux fut l'instigateur véritable de leur meurtre puisque l'un comme l'autre s'accuse mutuellement, même si Boy A avoue finalement devant sa psychologue arriviste qui lui a fait du chantage pour qu'il reconnaisse sa culpabilité contre quoi il pourra continuer à voir son assistant social qu'il considère comme un père... C'est un roman très fort, très juste (a-t-on le droit à une seconde chance ? ce que la populace médiocre à travers les tabloïds répond irréfragablement NON ) avec un authentique suspens, le roman avance dans l'alphabet dont chaque lettre est un chapitre (A comme avocat L'Avocat du diable... J comme Jonas etc) et quand on arrive à "Z comme zéro" le drame trouvera sa conclusion."Et qu'a-t-il fait ? Quelque chose d'horrible, c'est vrai, mais qui remonte à son enfance. Peut-on commettre un meurtre un état d'innocence ? Il s'agit là d'une question beaucoup trop vaste pour être appréhendée par l'esprit humain, c'est bien le problème. (...)" p250 PS je ne peux que vous conseiller l'admirable film Boy A qui suit à la lettre le roman à l'exception de quelques scènes qui nous aident surtout à mieux cerner le contexte familiale ainsi que l'engrenage qui conduira au dévoilement de Jack. Magnifiquement interprété. mis-en-scène, éclairé, réalisé. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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