Pas une biographie au sens propre, mais plutôt un ouvrage franc du collier qui inscrit la trajectoire de la comète Hendrix dans toute une généalogie musicologique, celle du blues et de la musique noire. Un livre vraiment passionnant et instructif. L'auteur n'est pas sans parti pris, dont celui de ne jamais prendre de gants. Hendrix est déjà mort à la p. 92, mais une fois évacué le factuel, c'est là que tout commence vraiment. Pour l'anecdote, en p. 98, cette réflexion écrite en 1996, avec une prémonition involontaire des conneries qu'allait raconter bien + tard un chroniqueur TV français connu pour ses prises de position bien dans l'air du temps : "Quand les pauvres des cités sont en majorité noirs, ceux qui finissent par faire ce que seuls font les plus démunis et les plus désespérés pour essayer de "s'en sortir" - agressions, trafic de drogue, prostitution - seront eux aussi, nécessairement, en majorité noirs. Il est alors facile aux gens bornés, ou à ceux qui font du racisme un fond de commerce, d'épouser la thèse selon laquelle ils font cela non parce qu'ils sont pauvres, mais parce qu'ils sont noirs."