Joe Cocker

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Biographie

« Si je n'avais pas chanté, j'aurais tué quelqu'un » - Joe Cocker

Le 20 mai 1944, Sheffield, poumon d'acier (car sidérurgique) de l'Angleterre ne rutile pas mais essaie simplement de s'extraire sans trop de dommages des derniers mois de guerre. La ville aurait pu toutefois se réjouir : ce jour-là naît John Robert Cocker (dans le faubourg de Crooks), plus jeune enfant d'un fonctionnaire, qui deviendra plus qu'une gloire locale. Même si on ne le surnomme, en effet, pas encore le Sheffield Soul Shouter (le « Crieur soul de Sheffield »).

Premiers groupes

Pour l'instant, Joe a quinze ans et ... Lire la suite

« Si je n'avais pas chanté, j'aurais tué quelqu'un » - Joe Cocker

Le 20 mai 1944, Sheffield, poumon d'acier (car sidérurgique) de l'Angleterre ne rutile pas mais essaie simplement de s'extraire sans trop de dommages des derniers mois de guerre. La ville aurait pu toutefois se réjouir : ce jour-là naît John Robert Cocker (dans le faubourg de Crooks), plus jeune enfant d'un fonctionnaire, qui deviendra plus qu'une gloire locale. Même si on ne le surnomme, en effet, pas encore le Sheffield Soul Shouter (le « Crieur soul de Sheffield »).

Premiers groupes

Pour l'instant, Joe a quinze ans et fait l'apprentissage de l'installation des conduites de gaz de la ville. Mais comme il aime le rock et fonde plus de groupes qu'il ne connaît de chansons, quand vient la nuit, il noue une cravate autour de son cou maigre et chante les classiques de sa plus importante influence : Ray Charles. Et il écume donc les pubs de la ville. Son premier groupe, The Avengers (il se fait alors appeler Vance Arnold) se produit en 1963, en première partie des Rolling Stones.

Big Blues (avec lequel il enregistre - après avoir abandonné la compagnie du gaz - son premier 45-tours, la reprise du « I'll Cry Instead » des Beatles) lui permet de vivre une tournée des bases américaines installées en France. Mais, à son retour, Joe Cocker constate qu'il est désormais oublié de la scène locale. S'ensuit une longue année de pénitence sans le moindre concert, jusqu'à la rencontre providentielle avec le pianiste Chris Stainton : en 1966, le Grease Band est né.

De l'aide et des copains

Denny Cordell, producteur de Procol Harum et des Moody Blues, installe le groupe en résidence au Marquee Club de Londres, afin de juger de ses aptitudes et avant de proposer un premier contrat. En 1968, après avoir glané un hit de seconde division avec « Marjorine », une idée lumineuse se concrétise, par l'enregistrement d'une reprise de la chanson des Beatles « With a Little Help From My Friends » (interprétée par Ringo Starr dans l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band). L'album homonyme, qui fait sensation, accueille diverses stars de la scène rock britannique, dont le guitariste Jimmy Page.

C'est au festival de Woodstock que, l'année suivante, Joe Cocker donne une version épique de son désormais classique, interprétation qui impressionnera durablement les esprits, point d'orgue des cinq chansons qu'on lui laisse interpréter, pour lancer une carrière. Le chanteur a alors les honneurs du rendez-vous télévisé le plus couru de l'époque, l'Ed Sullivan Show. Là encore, la chorégraphie de pantin désarticulé, l'extrême intensité de l'interprétation, marquent profondément les spectateurs.

Chien fou dans un jeu de quilles

Cette prestation est suivie d'un nouveau tube, reprise du « Delta Lady » de Leon Russell. L'été 1970 est consacré à une tournée américaine (qui fait l'objet d'un double album, Mad Dogs and Englishmen). Le syndicat des musiciens américains contraint l'Anglais à faire appel à des autochtones. Le pianiste Leon Russell (endossant pour l'occasion la double défroque de directeur musical et chef d'orchestre) rassemble alors une troupe bigarrée de plus de quarante personnes (musiciens et techniciens, mais aussi épouses, petites amies, groupies, enfants, ainsi qu'une équipe de film au grand complet), pour une tournée vivante, électrique, mais légèrement perturbée et perturbante, au cours de laquelle Joe Cocker chante dans quarante-huit villes en cinquante-six jours.

Durant cette même période légèrement insensée, les trois premiers albums du chanteur (qui écoule trois millions de copies dans le seul marché américain) sont certifiés Disques de platine et le magazine Playboy le consacre meilleur chanteur de l'année.

Abus et excès

Les années soixante-dix sont pour Joe Cocker synonymes d'addiction exponentielle à des substances prohibées et à l'alcool : sa carrière en creux ne satisfait plus que le public américain, avide d'un rock adulte et convenu, mais le chanteur n'est plus prophète dans son propre pays.

En 1972, Cocker est arrêté à Adélaïde, en pleine tournée australienne, en possession de marijuana. Son expulsion du pays provoque un profond émoi dans le coeur de ses fans et infléchit nettement l'élection fédérale de la même année, qui voit la défaite des conservateurs, après plus de vingt années de pouvoir sans partage.

Quittant les rives tourmentées du rock et du rhythm and blues, Cocker se fait alors la spécialité de reprises de standards (« Bird on a Wire » de Leonard Cohen), où fait merveille sa voix éraillée et profonde. On peut ainsi l'entendre en 1975 dans un album de Bo Diddley (The 20th Anniversary Of Rock'n'Roll).

Ses albums en nom propre se succèdent : I Can Stand a Little Rain (1974), Jamaica Say You Will (1975), Stingray et Live In L.A. (1978), puis Luxury You Can Afford (1978), mais la voix défaille de plus en plus et les concerts sont parfois erratiques. Joe Cocker est très souvent ivre, sur scène ou en coulisses.

Tranquille résurrection

Il faut attendre le début des années quatre-vingt pour qu'une énième cure de désintoxication soit enfin couronnée de succès. Les Crusaders composent à son intention un « I'm So Glad I'm Standing Here Today » qui le remet en selle. L'album Sheffield Steel (1982) polarise de nouveau l'attention artistique sur lui. Il enchaîne alors les succès et se consacre alors à des duos déchirants et romantiques (avec Eros Ramazzotti, notamment, mais aussi en compagnie de Jennifer Warnes pour « Up Where We Belong », chanson oscarisée de la musique du film An Officer and a Gentleman et premier n°1 du chanteur sur le sol des États-Unis). Les albums (de nouveau) triomphaux se succèdent : Civilized Man (1984) et Cocker (1986).

Le coup du chapeau

Toujours en 1986, sa version du « You Can Leave Your Hat On » de Randy Newman, alimente une célèbre scène du film Neuf semaines et demi. La même année, il interprète la chanson du générique du film Harry and the Hendersons. Il épouse en 1987 Pam, compagne qui, de son propre aveu, contribue à son équilibre. La même année, l'album Unchain My Heart revisite un standard de Ray Charles.

En 1988, il chante le thème de Bull Durham, avec Kevin Costner et Susan Sarandon. L'année suivante, il en fait de même pour An Innocent Man de Peter Yates, avec Tom Selleck. Toujours en 1989, son interprétation du « When the Night Comes » (dont le clip est illuminé par la présence de Catherine Deneuve), signé Bryan Adams, est un nouveau hit. La même année, l'album One Night of Sin est certifié Disque de platine aux États-Unis.

En 1991, il participe à un hommage à Elton John et à son parolier Bernie Taupin, en enregistrant une version de « Sorry Seems to Be the Hardest Word ». En 1992, il chante une nouvelle fois une chanson générique, celui de The Cutting Edge, évocation du monde du skate, alors que l'album Night Calls est certifié Disque de platine sur le marché européen.

Il participe à l'édition 1994 du festival de Woodstock et enregistre un nouvel album, Have a Little Faith.

Jours tranquilles au Colorado

De nouveau, les albums se succèdent et recueillent un honnête succès : Organic (1996), et Across from Midnight (1997). En 2000, le satisfaisant No Ordinary World interrompt trois ans de silence ; il est suivi, deux ans plus tard, par Respect Yourself. Bouclant la boucle des influences, il édite en 2004 l'album Heart and Soul, qui inclut une version du « Jealous Guy » de John Lennon et participe en 2007 à la musique du film Across the Universe (il y tient un petit rôle), grâce à une interprétation du « Come Together » des Beatles.

Chanteur de la jet set, il participe à de prestigieuses soirées, célébrant l'anniversaire de Nelson Mandela, la chute du Mur de Berlin, ou l'investiture de George W. Bush. C'est également en 2007 qu'il est décoré Officier de l'Ordre de l'Empire britannique. La même année, Joe Cocker enregistre Hymn for My Soul, riche de reprises de George Harrison, John Fogerty, Stevie Wonder ou Bob Dylan. Joe Cocker vit désormais aux États-Unis, dans son ranch (le Mad Dog Ranch) du Colorado.

Sans changer de formule, le vieux lion à la voix éraillée publie en 2010 Hard Knocks, album à la production léchée supervisé par Matt Serletic, avec les participations de Joel Shearer et Ray Parker Jr. L'événement est célébré par un concert au Zénith de Paris le 10 octobre. C'est toujours avec Matt Serletic que Joe Cocker sort en novembre 2012 son vingt-troisième album studio Fire It Up. Copyright 2014 Music Story Christian Larrède

« Si je n'avais pas chanté, j'aurais tué quelqu'un » - Joe Cocker

Le 20 mai 1944, Sheffield, poumon d'acier (car sidérurgique) de l'Angleterre ne rutile pas mais essaie simplement de s'extraire sans trop de dommages des derniers mois de guerre. La ville aurait pu toutefois se réjouir : ce jour-là naît John Robert Cocker (dans le faubourg de Crooks), plus jeune enfant d'un fonctionnaire, qui deviendra plus qu'une gloire locale. Même si on ne le surnomme, en effet, pas encore le Sheffield Soul Shouter (le « Crieur soul de Sheffield »).

Premiers groupes

Pour l'instant, Joe a quinze ans et fait l'apprentissage de l'installation des conduites de gaz de la ville. Mais comme il aime le rock et fonde plus de groupes qu'il ne connaît de chansons, quand vient la nuit, il noue une cravate autour de son cou maigre et chante les classiques de sa plus importante influence : Ray Charles. Et il écume donc les pubs de la ville. Son premier groupe, The Avengers (il se fait alors appeler Vance Arnold) se produit en 1963, en première partie des Rolling Stones.

Big Blues (avec lequel il enregistre - après avoir abandonné la compagnie du gaz - son premier 45-tours, la reprise du « I'll Cry Instead » des Beatles) lui permet de vivre une tournée des bases américaines installées en France. Mais, à son retour, Joe Cocker constate qu'il est désormais oublié de la scène locale. S'ensuit une longue année de pénitence sans le moindre concert, jusqu'à la rencontre providentielle avec le pianiste Chris Stainton : en 1966, le Grease Band est né.

De l'aide et des copains

Denny Cordell, producteur de Procol Harum et des Moody Blues, installe le groupe en résidence au Marquee Club de Londres, afin de juger de ses aptitudes et avant de proposer un premier contrat. En 1968, après avoir glané un hit de seconde division avec « Marjorine », une idée lumineuse se concrétise, par l'enregistrement d'une reprise de la chanson des Beatles « With a Little Help From My Friends » (interprétée par Ringo Starr dans l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band). L'album homonyme, qui fait sensation, accueille diverses stars de la scène rock britannique, dont le guitariste Jimmy Page.

C'est au festival de Woodstock que, l'année suivante, Joe Cocker donne une version épique de son désormais classique, interprétation qui impressionnera durablement les esprits, point d'orgue des cinq chansons qu'on lui laisse interpréter, pour lancer une carrière. Le chanteur a alors les honneurs du rendez-vous télévisé le plus couru de l'époque, l'Ed Sullivan Show. Là encore, la chorégraphie de pantin désarticulé, l'extrême intensité de l'interprétation, marquent profondément les spectateurs.

Chien fou dans un jeu de quilles

Cette prestation est suivie d'un nouveau tube, reprise du « Delta Lady » de Leon Russell. L'été 1970 est consacré à une tournée américaine (qui fait l'objet d'un double album, Mad Dogs and Englishmen). Le syndicat des musiciens américains contraint l'Anglais à faire appel à des autochtones. Le pianiste Leon Russell (endossant pour l'occasion la double défroque de directeur musical et chef d'orchestre) rassemble alors une troupe bigarrée de plus de quarante personnes (musiciens et techniciens, mais aussi épouses, petites amies, groupies, enfants, ainsi qu'une équipe de film au grand complet), pour une tournée vivante, électrique, mais légèrement perturbée et perturbante, au cours de laquelle Joe Cocker chante dans quarante-huit villes en cinquante-six jours.

Durant cette même période légèrement insensée, les trois premiers albums du chanteur (qui écoule trois millions de copies dans le seul marché américain) sont certifiés Disques de platine et le magazine Playboy le consacre meilleur chanteur de l'année.

Abus et excès

Les années soixante-dix sont pour Joe Cocker synonymes d'addiction exponentielle à des substances prohibées et à l'alcool : sa carrière en creux ne satisfait plus que le public américain, avide d'un rock adulte et convenu, mais le chanteur n'est plus prophète dans son propre pays.

En 1972, Cocker est arrêté à Adélaïde, en pleine tournée australienne, en possession de marijuana. Son expulsion du pays provoque un profond émoi dans le coeur de ses fans et infléchit nettement l'élection fédérale de la même année, qui voit la défaite des conservateurs, après plus de vingt années de pouvoir sans partage.

Quittant les rives tourmentées du rock et du rhythm and blues, Cocker se fait alors la spécialité de reprises de standards (« Bird on a Wire » de Leonard Cohen), où fait merveille sa voix éraillée et profonde. On peut ainsi l'entendre en 1975 dans un album de Bo Diddley (The 20th Anniversary Of Rock'n'Roll).

Ses albums en nom propre se succèdent : I Can Stand a Little Rain (1974), Jamaica Say You Will (1975), Stingray et Live In L.A. (1978), puis Luxury You Can Afford (1978), mais la voix défaille de plus en plus et les concerts sont parfois erratiques. Joe Cocker est très souvent ivre, sur scène ou en coulisses.

Tranquille résurrection

Il faut attendre le début des années quatre-vingt pour qu'une énième cure de désintoxication soit enfin couronnée de succès. Les Crusaders composent à son intention un « I'm So Glad I'm Standing Here Today » qui le remet en selle. L'album Sheffield Steel (1982) polarise de nouveau l'attention artistique sur lui. Il enchaîne alors les succès et se consacre alors à des duos déchirants et romantiques (avec Eros Ramazzotti, notamment, mais aussi en compagnie de Jennifer Warnes pour « Up Where We Belong », chanson oscarisée de la musique du film An Officer and a Gentleman et premier n°1 du chanteur sur le sol des États-Unis). Les albums (de nouveau) triomphaux se succèdent : Civilized Man (1984) et Cocker (1986).

Le coup du chapeau

Toujours en 1986, sa version du « You Can Leave Your Hat On » de Randy Newman, alimente une célèbre scène du film Neuf semaines et demi. La même année, il interprète la chanson du générique du film Harry and the Hendersons. Il épouse en 1987 Pam, compagne qui, de son propre aveu, contribue à son équilibre. La même année, l'album Unchain My Heart revisite un standard de Ray Charles.

En 1988, il chante le thème de Bull Durham, avec Kevin Costner et Susan Sarandon. L'année suivante, il en fait de même pour An Innocent Man de Peter Yates, avec Tom Selleck. Toujours en 1989, son interprétation du « When the Night Comes » (dont le clip est illuminé par la présence de Catherine Deneuve), signé Bryan Adams, est un nouveau hit. La même année, l'album One Night of Sin est certifié Disque de platine aux États-Unis.

En 1991, il participe à un hommage à Elton John et à son parolier Bernie Taupin, en enregistrant une version de « Sorry Seems to Be the Hardest Word ». En 1992, il chante une nouvelle fois une chanson générique, celui de The Cutting Edge, évocation du monde du skate, alors que l'album Night Calls est certifié Disque de platine sur le marché européen.

Il participe à l'édition 1994 du festival de Woodstock et enregistre un nouvel album, Have a Little Faith.

Jours tranquilles au Colorado

De nouveau, les albums se succèdent et recueillent un honnête succès : Organic (1996), et Across from Midnight (1997). En 2000, le satisfaisant No Ordinary World interrompt trois ans de silence ; il est suivi, deux ans plus tard, par Respect Yourself. Bouclant la boucle des influences, il édite en 2004 l'album Heart and Soul, qui inclut une version du « Jealous Guy » de John Lennon et participe en 2007 à la musique du film Across the Universe (il y tient un petit rôle), grâce à une interprétation du « Come Together » des Beatles.

Chanteur de la jet set, il participe à de prestigieuses soirées, célébrant l'anniversaire de Nelson Mandela, la chute du Mur de Berlin, ou l'investiture de George W. Bush. C'est également en 2007 qu'il est décoré Officier de l'Ordre de l'Empire britannique. La même année, Joe Cocker enregistre Hymn for My Soul, riche de reprises de George Harrison, John Fogerty, Stevie Wonder ou Bob Dylan. Joe Cocker vit désormais aux États-Unis, dans son ranch (le Mad Dog Ranch) du Colorado.

Sans changer de formule, le vieux lion à la voix éraillée publie en 2010 Hard Knocks, album à la production léchée supervisé par Matt Serletic, avec les participations de Joel Shearer et Ray Parker Jr. L'événement est célébré par un concert au Zénith de Paris le 10 octobre. C'est toujours avec Matt Serletic que Joe Cocker sort en novembre 2012 son vingt-troisième album studio Fire It Up. Copyright 2014 Music Story Christian Larrède

« Si je n'avais pas chanté, j'aurais tué quelqu'un » - Joe Cocker

Le 20 mai 1944, Sheffield, poumon d'acier (car sidérurgique) de l'Angleterre ne rutile pas mais essaie simplement de s'extraire sans trop de dommages des derniers mois de guerre. La ville aurait pu toutefois se réjouir : ce jour-là naît John Robert Cocker (dans le faubourg de Crooks), plus jeune enfant d'un fonctionnaire, qui deviendra plus qu'une gloire locale. Même si on ne le surnomme, en effet, pas encore le Sheffield Soul Shouter (le « Crieur soul de Sheffield »).

Premiers groupes

Pour l'instant, Joe a quinze ans et fait l'apprentissage de l'installation des conduites de gaz de la ville. Mais comme il aime le rock et fonde plus de groupes qu'il ne connaît de chansons, quand vient la nuit, il noue une cravate autour de son cou maigre et chante les classiques de sa plus importante influence : Ray Charles. Et il écume donc les pubs de la ville. Son premier groupe, The Avengers (il se fait alors appeler Vance Arnold) se produit en 1963, en première partie des Rolling Stones.

Big Blues (avec lequel il enregistre - après avoir abandonné la compagnie du gaz - son premier 45-tours, la reprise du « I'll Cry Instead » des Beatles) lui permet de vivre une tournée des bases américaines installées en France. Mais, à son retour, Joe Cocker constate qu'il est désormais oublié de la scène locale. S'ensuit une longue année de pénitence sans le moindre concert, jusqu'à la rencontre providentielle avec le pianiste Chris Stainton : en 1966, le Grease Band est né.

De l'aide et des copains

Denny Cordell, producteur de Procol Harum et des Moody Blues, installe le groupe en résidence au Marquee Club de Londres, afin de juger de ses aptitudes et avant de proposer un premier contrat. En 1968, après avoir glané un hit de seconde division avec « Marjorine », une idée lumineuse se concrétise, par l'enregistrement d'une reprise de la chanson des Beatles « With a Little Help From My Friends » (interprétée par Ringo Starr dans l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band). L'album homonyme, qui fait sensation, accueille diverses stars de la scène rock britannique, dont le guitariste Jimmy Page.

C'est au festival de Woodstock que, l'année suivante, Joe Cocker donne une version épique de son désormais classique, interprétation qui impressionnera durablement les esprits, point d'orgue des cinq chansons qu'on lui laisse interpréter, pour lancer une carrière. Le chanteur a alors les honneurs du rendez-vous télévisé le plus couru de l'époque, l'Ed Sullivan Show. Là encore, la chorégraphie de pantin désarticulé, l'extrême intensité de l'interprétation, marquent profondément les spectateurs.

Chien fou dans un jeu de quilles

Cette prestation est suivie d'un nouveau tube, reprise du « Delta Lady » de Leon Russell. L'été 1970 est consacré à une tournée américaine (qui fait l'objet d'un double album, Mad Dogs and Englishmen). Le syndicat des musiciens américains contraint l'Anglais à faire appel à des autochtones. Le pianiste Leon Russell (endossant pour l'occasion la double défroque de directeur musical et chef d'orchestre) rassemble alors une troupe bigarrée de plus de quarante personnes (musiciens et techniciens, mais aussi épouses, petites amies, groupies, enfants, ainsi qu'une équipe de film au grand complet), pour une tournée vivante, électrique, mais légèrement perturbée et perturbante, au cours de laquelle Joe Cocker chante dans quarante-huit villes en cinquante-six jours.

Durant cette même période légèrement insensée, les trois premiers albums du chanteur (qui écoule trois millions de copies dans le seul marché américain) sont certifiés Disques de platine et le magazine Playboy le consacre meilleur chanteur de l'année.

Abus et excès

Les années soixante-dix sont pour Joe Cocker synonymes d'addiction exponentielle à des substances prohibées et à l'alcool : sa carrière en creux ne satisfait plus que le public américain, avide d'un rock adulte et convenu, mais le chanteur n'est plus prophète dans son propre pays.

En 1972, Cocker est arrêté à Adélaïde, en pleine tournée australienne, en possession de marijuana. Son expulsion du pays provoque un profond émoi dans le coeur de ses fans et infléchit nettement l'élection fédérale de la même année, qui voit la défaite des conservateurs, après plus de vingt années de pouvoir sans partage.

Quittant les rives tourmentées du rock et du rhythm and blues, Cocker se fait alors la spécialité de reprises de standards (« Bird on a Wire » de Leonard Cohen), où fait merveille sa voix éraillée et profonde. On peut ainsi l'entendre en 1975 dans un album de Bo Diddley (The 20th Anniversary Of Rock'n'Roll).

Ses albums en nom propre se succèdent : I Can Stand a Little Rain (1974), Jamaica Say You Will (1975), Stingray et Live In L.A. (1978), puis Luxury You Can Afford (1978), mais la voix défaille de plus en plus et les concerts sont parfois erratiques. Joe Cocker est très souvent ivre, sur scène ou en coulisses.

Tranquille résurrection

Il faut attendre le début des années quatre-vingt pour qu'une énième cure de désintoxication soit enfin couronnée de succès. Les Crusaders composent à son intention un « I'm So Glad I'm Standing Here Today » qui le remet en selle. L'album Sheffield Steel (1982) polarise de nouveau l'attention artistique sur lui. Il enchaîne alors les succès et se consacre alors à des duos déchirants et romantiques (avec Eros Ramazzotti, notamment, mais aussi en compagnie de Jennifer Warnes pour « Up Where We Belong », chanson oscarisée de la musique du film An Officer and a Gentleman et premier n°1 du chanteur sur le sol des États-Unis). Les albums (de nouveau) triomphaux se succèdent : Civilized Man (1984) et Cocker (1986).

Le coup du chapeau

Toujours en 1986, sa version du « You Can Leave Your Hat On » de Randy Newman, alimente une célèbre scène du film Neuf semaines et demi. La même année, il interprète la chanson du générique du film Harry and the Hendersons. Il épouse en 1987 Pam, compagne qui, de son propre aveu, contribue à son équilibre. La même année, l'album Unchain My Heart revisite un standard de Ray Charles.

En 1988, il chante le thème de Bull Durham, avec Kevin Costner et Susan Sarandon. L'année suivante, il en fait de même pour An Innocent Man de Peter Yates, avec Tom Selleck. Toujours en 1989, son interprétation du « When the Night Comes » (dont le clip est illuminé par la présence de Catherine Deneuve), signé Bryan Adams, est un nouveau hit. La même année, l'album One Night of Sin est certifié Disque de platine aux États-Unis.

En 1991, il participe à un hommage à Elton John et à son parolier Bernie Taupin, en enregistrant une version de « Sorry Seems to Be the Hardest Word ». En 1992, il chante une nouvelle fois une chanson générique, celui de The Cutting Edge, évocation du monde du skate, alors que l'album Night Calls est certifié Disque de platine sur le marché européen.

Il participe à l'édition 1994 du festival de Woodstock et enregistre un nouvel album, Have a Little Faith.

Jours tranquilles au Colorado

De nouveau, les albums se succèdent et recueillent un honnête succès : Organic (1996), et Across from Midnight (1997). En 2000, le satisfaisant No Ordinary World interrompt trois ans de silence ; il est suivi, deux ans plus tard, par Respect Yourself. Bouclant la boucle des influences, il édite en 2004 l'album Heart and Soul, qui inclut une version du « Jealous Guy » de John Lennon et participe en 2007 à la musique du film Across the Universe (il y tient un petit rôle), grâce à une interprétation du « Come Together » des Beatles.

Chanteur de la jet set, il participe à de prestigieuses soirées, célébrant l'anniversaire de Nelson Mandela, la chute du Mur de Berlin, ou l'investiture de George W. Bush. C'est également en 2007 qu'il est décoré Officier de l'Ordre de l'Empire britannique. La même année, Joe Cocker enregistre Hymn for My Soul, riche de reprises de George Harrison, John Fogerty, Stevie Wonder ou Bob Dylan. Joe Cocker vit désormais aux États-Unis, dans son ranch (le Mad Dog Ranch) du Colorado.

Sans changer de formule, le vieux lion à la voix éraillée publie en 2010 Hard Knocks, album à la production léchée supervisé par Matt Serletic, avec les participations de Joel Shearer et Ray Parker Jr. L'événement est célébré par un concert au Zénith de Paris le 10 octobre. C'est toujours avec Matt Serletic que Joe Cocker sort en novembre 2012 son vingt-troisième album studio Fire It Up. Copyright 2014 Music Story Christian Larrède


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