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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Western réaliste - attention chef d'oeuvre !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : John McCabe (DVD)
John McCabe est un pauvre type, un joueur de poker alcoolique, mais il a eu le don de renifler une bonne affaire en soutenant trois prostituées (d'une laideur infaillible) sous des tentes dans un village minier perdu dans le fin fond du nord-ouest américain.Mrs Collins est une maquerelle qui a le sens des affaires. Ce qui n'était qu'un trio de tentes minables elle va le transformer en un magnifique bordel équipé de bains. John McCabe et Mrs Collins sont-ils capables de s'aimer, en dehors de leurs sordides transactions à 5 dollars ? Probablement, mais sont-ils capables de se l'avouer... Probablement pas. Dans la lignée d'"Impitoyable", d'"Open Range" et de "La Porte du paradis", "John McCabe" est un western crotté, neigeux, sordide et pourtant d'une redoutable beauté plastique et métaphysique. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Révisons nos Altman (3),
Par LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 10 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : John McCabe (DVD)
Comme il existe déjà un commentaire très complet sur ce film, je vais tout d'abord lui payer mon tribut, et surtout essayer de ne pas trop faire dans la redite. Ceux qui auront suivi ma petite série (Révisons nos Altman (1) Coffret Robert Altman : The last show / Shortcuts et (2) Cookie's Fortune) savent sans doute déjà toute l'estime que j'ai pour ce cinéaste, et singulièrement pour ce film-ci.McCabe and Mrs Miller - car c'est là le titre original, c'est presque un contresens que de n'avoir retenu que le nom du personnage masculin dans la traduction française - date de 1971. Soit un an après Little Big Man d'Arthur Penn, qui avait été un point haut dans le révision du mythe et de l'histoire de l'ouest. On sait que le western dit 'révisionniste' (au sens américain large de révision de l'histoire et du mythe) avait commencé dès le début des années 60, certains des grands réalisateurs de l'âge d'or revenant avec une tout autre perspective sur le sort réservé aux Indiens (cf. Les Cheyennes de John Ford). Cette tendance ne fit que croître et embellir dans la deuxième moitié des années 60, se penchant de plus en plus sur des aspects peu reluisants et tout sauf mythiques de la conquête de l'Ouest et de ses suites. Outre Little Big Man, ne passons pas sous silence ce magnifique film, encore trop peu connu, qu'est le Tell Them Willie Boy is Here de l'ex-blacklisté Abraham Polonsky (WILLIE BOY, 1969), sans même parler des films de celui qui dynamitera le genre tout entier, Sam Peckinpah (Coffret Sam Peckinpah 4 DVD : La horde sauvage / Pat Garrett et Billy le Kid / Un nommé Cable Hogue / Coups de feu dans la Sierra). Dans cet ensemble de westerns, au sens premier de film de l'ouest, dont certains ne retiennent que certains des codes du genre, les détournent ou les font imploser, McCabe and Mrs. Miller a une place bien à part. Tout d'abord en raison d'un certain réalisme. Il est vrai que l'on voit cette petite ville de l'ouest se construire petit à petit dans une boue omniprésente, et que l'on voit coexister l'église, le saloon et le bordel avec quelque chose comme une évidence qui ne nous semble pas déplacée. Cela étant, il faut tout de suite noter que ce réalisme est très étudié, que l'impression de plus grande véracité par rapport à la représentation traditionnelle de la petite ville de l'ouest n'empêche aucunement Altman et son chef opérateur, le génial Vilmos Zgismond, de sculpter les plans, la lumière, de tirer admirablement parti des intérieurs autant que des extérieurs. Mais il est vrai que c'était un des premiers westerns où l'on s'intéressait autant aux côtés les plus économiques de la colonisation des nouveaux territoires - Mrs. Miller, contrairement à John McCabe, le gagne-petit qui veut se faire du blé sans se poser trop de questions ni avoir de véritables projets, représente à la fois cet esprit d'entreprise et ce pragmatisme que devrait normalement posséder le personnage masculin, ici veule et vélléitaire. Au recentrage sur ces questions d'économie pratique correspond une première inversion profonde des rôles sexués donc, qui n'est qu'un des premiers jeux avec les clichés et les attentes du spectateur auxquels va se livrer ce film: sinon un film féministe, tout du moins un film aussi le féminin importe autant que le masculin. Ce n'est donc pas seulement que dans ce vrai-faux couple improbable - Mrs. Miller ne se laisse pas posséder comme cela, ce qui met John McCabe hors de lui - Madame porterait la culotte. Elle a des projets, elle voit loin, elle sait comment se préserver dans cet univers hostile et froid où la boue et la neige menacent de gagner sur les êtres et les édifices humains. Tandis que les hommes jouent à leurs jeux puérils et peuvent perdre leur vie sur un coup de tête, elle sait faire prospérer son bordel classieux, dans lequel on se trouve tellement bien qu'on est prêt à se laver plutôt deux fois qu'une avant de se livrer à la bagatelle! Si le film d'Altman est si réussi, c'est qu'il tient en permanence l'équilibre entre le retournement des lieux communs et la restitution presque intime de ce que cela pouvait être que de se trouver dans un tel territoire entre gens évidemment non héroïques, mais un peu médiocres, un peu volontaires, simplement humains. Sa réussite, il la doit aussi à ces deux acteurs parfaitement choisis: Warren Beatty, dont c'est le meilleur rôle avec les splendides La fièvre dans le sang d'Elia Kazan et Lilith de Robert Rossen; Julie Christie, qui illuminait à la même époque, entre autres, The Go-Between / Le Messager de Joseph Losey. Les échanges entre cette femme qui ne veut pas s'en laisser conter - il y a un mot parfait pour cela en anglais: no-nonsense - et cet homme sans qualité, un peu trop fanfaron et pourtant attachant sont formidables. Il doit également sa grande réussite à sa perfection plastique: le négatif a été travaillé de sorte que la lumière soit souvent assez diffusée, voire qu'on soit à la limite du flou (mais sans que cela pose des problèmes aux spectateurs), et la direction artistique est absolument parfaite, tous les décors étant criants de vérité. Et le film n'aurait pas ce charme un peu instable et neurasthénique sans l'apport des chansons de Leonard Cohen, qui l'habillent comme si elles avaient été faites sur mesure alors que ce n'est absolument pas le cas, l'album Songs Of Leonard Cohen datant de 1968. De The Stranger Song, qui ouvre le film à Winter Lady, qui le clôt, en passant par Sisters Of Mercy, ces chansons donnent au film une couleur, une humeur, qui l'accompagne jusqu'à son grandiose final dans la neige. Car Altman se paye tout de même le luxe d'un clou final, mais là aussi anti-traditionnel et anti-héroïque, avec une séquence ouatée dans un silence de linceul que seuls viennent trouer quelques impacts de balles. De cette séquence admirablement filmée de bout en bout, je ne dirai rien, si ce n'est que ceux qui pensent qu'Altman est un cinéaste un peu paresseux devraient la détailler pour voir la maestria avec laquelle elle est agencée. Notons qu'un film relativement récent, pas complètement réussi mais pas déshonorant, a une dette considérable envers McCabe and Mrs Miller dans son ensemble, ses choix de représentation et sa séquence finale en particulier: Rédemption de Michael Winterbottom, transposition westernienne d'un roman de Thomas Hardy, Le Maire de casterbridge! Pour le reste, de ce film de l'ouest qui est jusqu'à un certain point un anti-western mais qui prodigue pourtant aussi aux spectateurs qui aiment le genre le plaisir de la reconnaissance autant que celui de l'écart, je dirai que c'est un des plus grands films des années 70; et d'Altman qu'il est plus à considérer comme un cinéaste majeur qu'on ne le fait. Une intelligence de la tradition et de comment lui rendre hommage et la subvertir, un regard singulier, un amour de l'humanité qui n'empêche ni l'ironie ni le sarcasme: c'était tout cela Altman, et dans ses meilleurs films, cela donne des mélanges subtilement provocateurs. Trop intelligent, trop subtil, trop provocateur souvent pour Hollywood. Lui qui portait en bandoulière son côté franc-tireur et qui n'appartint jamais vraiment au système aurait aussi pu reprendre à son compte les paroles de The Stranger Song: I told you when I came I was a stranger I told you when I came I was a stranger Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5.0 étoiles sur 5
client satisfait,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : John McCabe (DVD)
Un ami américain m'a parlé de ce film que je ne connaissais pas du tout. j'ai été très content de trouver Warren Beaty dans un rôle inhabituel et la beauté de Julie Christie est incomparable.Le prix et la rapidité de livraison ont fait de cet achat une réussite. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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