Johnny Cash


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Johnny Cashs Bitter Tears for a new generation... http://t.co/uGrJvtppQM


Biographie

À quoi ressemble l'état agricole de l'Arkansas, en 1932 ? On imagine une terre pas franchement hospitalière et plutôt déshéritée, mais qui a le choix ? Pas J. R. Cash, descendant d'immigrants écossais, qui y est né ce 26 février, dans le canton rural de Kingsland plus précisément. Ses parents, incapables de s'accorder sur un prénom, optent pour de simples initiales. L'armée des Etats-Unis, ne l'entendant pas de cette oreille, il s'engagera sous le nom de John R. Cash. Mais, pour l'heure, sa famille est pauvre, et, pour ne rien arranger, règne alors la Grande Dépression, qui, après le krach ... Lire la suite

À quoi ressemble l'état agricole de l'Arkansas, en 1932 ? On imagine une terre pas franchement hospitalière et plutôt déshéritée, mais qui a le choix ? Pas J. R. Cash, descendant d'immigrants écossais, qui y est né ce 26 février, dans le canton rural de Kingsland plus précisément. Ses parents, incapables de s'accorder sur un prénom, optent pour de simples initiales. L'armée des Etats-Unis, ne l'entendant pas de cette oreille, il s'engagera sous le nom de John R. Cash. Mais, pour l'heure, sa famille est pauvre, et, pour ne rien arranger, règne alors la Grande Dépression, qui, après le krach boursier de 1929, jette des millions d'Américains (puis, de terriens) à la rue, et dans la plus profonde misère.

Dans la misère

Johnny, qui a déménagé dans la ville de Dyess à l'âge de trois ans, a six frères et soeurs (Tommy tentera une carrière dans l'ombre de son frère). Jack, de deux ans son aîné, et très proche du chanteur, mourra tragiquement dans un accident de scie circulaire, mettant plus d'une semaine à décéder. Johnny Cash ressentira toute sa vie une profonde culpabilité à l'évocation du drame. Il confessera régulièrement rêver de son frère, et se réjouir de le retrouver un jour au paradis. En tout état de cause, sa mère Carrie a faim. Alors, elle chante toute la journée, du folk, et son fils l'accompagne, maladroitement, à la guitare. Johnny ne s'éternise pas sur les bancs de l'école, réquisitionné par les proches champs de coton, et bercé, comme tous les petits blancs du sud par gospel et country music. Il écrit ses premières chansons dès l'âge de douze ans, et chante même dans des programmes de la radio locale. Ses diplômes primaires obtenus, il déménage brièvement à Detroit (Motor City, capitale des belles voitures), pour un emploi logique dans une usine d'automobiles.

Dans l'armée maintenant

La succession peu gratifiante de petits boulots l'incite à s'engager dans l'US Air Force, qui, alors que sévit la guerre de Corée, l'envoie en casernement...en Allemagne : il y achète sa première guitare, perd l'usage d'un tympan dans un accident, et crée son premier groupe, les Landsberg Barbarians. C'est en 1951, spectateur de la projection d'un documentaire sur les prisons, qu'il éprouve pour la première fois un intérêt quant au sort des bagnards dans les prisons américaines (il organisera très tôt des concerts dans les centres de détention, et militera toute sa vie pour une réforme du système carcéral). De retour au pays, il s'installe à Memphis (Tennessee), où il épouse une Texane, une certaine Vivian Liberto.

Dans le vent

En 1954, Cash auditionne pour le label Sun, dirigé par le légendaire Sam Phillips, dans un répertoire de chants religieux. Phillips l'écoute...et le remercie, l'enjoignant à proposer quelque chose de plus commercial. Le chanteur souscrit à la requête, et, cette fois, sa belle voix grave de baryton, un usage excessivement séminal de sa guitare, ses compositions au carrefour du rock and roll, de la country, et du honky tonk, séduisent le producteur. Ce dernier impose le prénom Johnny, que le chanteur a en horreur, le trouvant par trop juvénile. Son premier 45-tours est enregistré avec son groupe de l'époque, The Tennessee Two (puis Three, quand les cachets le permettront), composé du guitariste Luther Perkins, et du bassiste Marshall Grant. Les succès ne se font pas attendre : c'est avec « Hey Porter », « Cry Cry Cry » (juin 1955), « Folsom Prison Blues » (janvier 1956), et, bien sûr, « I Walk the Line » (couplé à « Get Rhythm », en août) que commence à s'écrire la légende, grâce à des 45-tours tous vendus à plus de 100 000 exemplaires. Cash participe au Grand Ole Opry (grande messe spectaculaire à la gloire de la country), et est en 1957 le premier artiste Sun à enregistrer un album, Johnny Cash With His Hot and Blue Guitar. On salue sa première apparition à l'écran, où il incarne un serial killer dans le film Five Minutes To Live, et se produit au sein de l'historique Million Dollar Quartet (complété par Jerry Lee Lewis, Elvis Presley, et Carl Perkins).

Dès lors, il prend l'habitude de se présenter en public vêtu de noir de pied en cap, contrastant avec les autres chanteurs de country, plus friands de paillettes et autres ornements à fanfreluches ou chemises à jabots. Toutefois, les tensions commencent à se faire jour entre Sam Phillips et le chanteur, en particulier à l'occasion d'un projet d'album gospel refusé par le premier. En 1957, Johnny prend une autre dimension en signant sur le label Columbia (pour une musique plus personnelle, mais également davantage au goût du jour), et commence à se produire sur scène en compagnie de June Carter (membre éminent de la première grande famille de la musique country, cette Carter Family - à l'origine trio virginien - d'une profonde influence sur toute la musique bluegrass, country, folk et même pop, des années 20 aux années 50). June et Johnny s'aiment (la première est vraiment la muse du second), mais, étant engagés chacun de leur côté (de plus, Johnny est déjà le père précoce de deux enfants en bas âge), leur relation en devient tumultueuse. Cash clôt les années 50 avec les titres « All Over Again » en 1958 et « Don't Take Your Guns to Town » l'année suivante.

Dans la poudre

Les années 1960, les triomphes exponentiels (l'album Ride This Train en 1960, « Tennessee Flat-Top Box » et « Bonanza ! » en 1961-62) et la pression qui en résulte (alimentée par des tournées de plus de trois cents dates), provoquent l'addiction de Cash aux amphétamines (pour lutter contre la fatigue), aux barbituriques (pour lutter contre la dépression), et à l'alcool (pour lutter contre tout le reste). Pour parachever l'ensemble, Johnny prend l'habitude de s'enivrer avec le petit ami de June Carter. Et à Nashville, son compagnon de dérive est le chanteur Waylon Jennings. Une belle chanson de June Carter (et un hit pour Cash) résume alors la situation : « Ring of Fire » (n°17 en mai 1963) décrit le « cercle de feu » dans lequel s'est enfermé le chanteur. C'est Cash lui-même qui adjoindra un arrangement de trompette à la mexicaine à la chanson, affirmant que l'idée lui est venue en rêve. En 1961, il est victime d'une overdose. Soupçonné de trafic d'héroïne (il dissimule les doses dans la caisse de sa guitare), il est arrêté en 1965 au Texas. Cette période inspirera le romancier Stephen King dans la rédaction de Shining (Cash avait alors coutume de faire des motels où il séjournait du petit bois, et ce à coups de hache).

Durant cette longue période, Cash, au comportement erratique, est devenu totalement incontrôlable. En juin 1965, l'échauffement du train avant de son bus de tournée provoque l'incendie de plusieurs hectares d'un parc national californien. Le juge, demandant au chanteur quel est son sentiment quant à ce fait divers, se voit gratifié de la réponse suivante : « moi, je ne sais pas... vous n'avez qu'à demander à mon bus... mais comme il est mort... ». Deux années plus tard, le duo « Jackson » (juillet 1967) permet heureusement au couple emblématique Carter/Cash de remporter un Grammy Award. C'est Bob Dylan qui, dans un souci thérapeutique, l'invite à participer au Festival folk de Newport. Au fond du gouffre, Johnny Cash chante son amour éperdu pour sa belle dans « I Still Miss Someone » (album I Walk The Line - 1964). En 1969, il participe au controversé (car considéré comme une trahison réactionnaire par les tenants du folk progressiste) album Nashville Skyline de Bob Dylan. Néanmoins, et de son côté, aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'establishment country, excessivement traditionaliste, considérant d'un très mauvais oeil ses différents excès, met progressivement Cash au ban de sa bonne société.

L'épopée se poursuit, en février 1968, comme un conte de fées : aidé par sa compagne et tout le clan Carter (Maybelle, maman et femme de tête), Cash troque drogues contre religion (il devient chrétien fondamentaliste), divorce (sic - Vivian Liberto et lui ont eu quatre filles en six ans), et demande June en mariage en plein concert (cette dernière lui avait mis le marché en main : le sevrage contre la bague au doigt). En 1968 et 1969, il offre deux concerts historiques dans les pénitenciers de Folsom et de San Quentin : les deux albums qui y seront enregistrés, non moins historiques, sont considérés par le magazine Rolling Stone comme appartenant aux cinq cents meilleurs disques de l'histoire.

En 1970 naît John, fruit de son union avec June Carter. Le chanteur est reçu par le Président Richard Nixon à la Maison Blanche, et, autre forme d'honneur, enregistre avec John William et le Boston Pops Orchestra, puis croise Kirk Douglas sur un plateau de cinéma (The Gunfight). Citoyen actif, il milite avec sa femme au bénéfice des convicts, et des Indiens d'Amérique. Le chanteur diversifie ensuite ses activités, devenant animateur pour le compte de la chaîne télévisée ABC (le Johnny Cash Show règnera sans partage sur les ondes jusqu'en 1971). En 1972, June Carter et Cash produisent le film Gospel Road sur la vie du Christ : elle y incarne Marie-Madeleine. De plus, Johnny participe au fil de sa carrière à quelques séries télévisées, comme Columbo, La Petite maison dans la prairie, et Docteur Quinn, femme médecin. Il prêtera même sa voix à un épisode des Simpsons : il y incarne un coyote...de l'espace. D'un point de vue plus littéraire, il trouve le temps d'écrire son autobiographie, L'Homme en noir (1975).

Dans la distinction

À la fin des années 1970, battant en brèche une ridicule réputation de chanteur réactionnaire, Cash enregistre des standards de Nick Lowe (chantre du pub rock britannique avec le groupe Brinsley Scwharz), Kris Kristofferson (emblème d'une certaine country progressiste et saisissant portrait d'une épave dans le film Wanda's Café), et Dylan. Son public, moins progressiste, ne le suit pas dans cette évolution. Il n'en continue pas moins de se produire aux quatre coins du pays, itinérant grâce à un autobus dans ce qu'il a dénommé là encore le Johnny Cash Show. Dans les années 1980, malgré des ennuis de santé et le fait que le label Columbia l'abandonne, il continue de se produire, en particulier dans le groupe The Highwaymen (aux côtés de Kristofferson, Jennings et Willie Nelson, quatrième mal embouché ralliant ces chanteurs hors normes rassemblés dans la « Outlaw Country » - le pays des hors-la-loi), avec lequel il enregistre trois albums. Il est malheureusement victime en 1986 d'un coma post-opératoire dont il a le plus grand mal à sortir.

Dans la douleur

En 1992, Cash, affaibli par le diabète, réalise l'exploit (inédit jusqu'à aujourd'hui) d'être simultanément honoré par le Rock & Roll Hall of Fame, et ses équivalents pour les compositeurs, et les artistes de country. La fin de la décennie est marquée par sa rencontre avec le producteur Frederik Jay Rubin (qui a oeuvreé avec les rappers de Run-D.M.C. et le groupe de rock Aerosmith). Le duo concocte une série de six albums (dont les deux derniers seront posthumes) de reprises, où Cash revisite de manière inattendue des chansons de Soundgarden, Nick Cave, Leonard Cohen, Depeche Mode ou U2. En 1994, il réalise son ancien rêve d'enregistrer My Mother's Hymn Book, choix de chants traditionnels de musique gospel.

(Jusque) Dans la mort

En 1997, ses médecins diagnostiquent un syndrome de Shy-Drager, affection de type neurologique. En 1998, une grave pneumonie endommage irréversiblement ses poumons. En 1999, il est de nouveau honoré par un Grammy Award, attribué cette fois pour l'ensemble de sa carrière.
Le 15 mai 2003, June Carter Cash décède à l'âge de soixante-treize ans, de complications post-opératoires conséquentes d'une intervention cardiaque. Elle avait fait jurer à son mari de poursuivre sa carrière de chanteur : il donnera son ultime concert le 5 juillet 2003, lisant un texte bref, rédigé juste avant la montée sur scène, où il explique qu'il considère que June est toujours à ses côtés. Johnny ne survit en effet que quatre mois à son épouse : il est disparu le 12 septembre, entre autres victime de son diabète. Il était âgé de 71 ans. June Carter et Johnny Cash sont inhumés côte à côte au Hendersonville Memory Gardens, dans le Tennessee.

En 2004 Johnny Cash obtient un ultime Grammy Award à titre posthume. En 2005, le chanteur de The Bee Gees Barry Gibb achète la maison de Cash, avant d'être complètement détruite dans un incendie deux ans plus tard. En juillet 2006, l'album posthume American V : A Hundred Highways se classe directement à la première place des ventes d'albums. Quatre ans plus tard paraît le sixième volume de la série. American IV: Ain't No Grave, publié en mars 2010, offre son lot de reprises du maître (Kris Kristofferson, Tom Paxton, Sheryl Crow...) et un titre inédit, « 1st Corinthians 5:55 ». La saga des sorties posthumes connaît un nouvel épisode avec l'exhumation de bandes enregistrées au début des années 1980 avec le producteur Billy Sherrill, récemment découvertes par John Carter Cash. L'album Out Among the Stars qui en découle paraît le 24 mars 2014.

Qualifier Johnny Cash de plus important chanteur country de l'après-guerre est réducteur : c'est, encore une fois, omettre que son parcours s'est construit sur un style unique, mariant à parité les influences les plus diverses, du gospel au rock, en passant par le blues. Sa grandeur (et la difficulté à laquelle il dut parfois faire face) reste qu'il s'est toujours situé en marge : d'une Amérique blanche qui a pourtant tenté de l'enfermer dans les pires idéologies ; de la tradition country de Nashville, empesée dans ses codes, et ses règles immuables ; de concepts moraux qu'il a toujours fait voler en éclats, par ses excès, et sa passion en toute chose. Johnny Cash fut rebelle, une star incontournable des années 50 et 60 lourde de plus de cent singles classés dans les charts, une légende ensuite, une icône pour finir. Triomphant et misérable : un homme. Copyright 2014 Music Story Christian Larrède

À quoi ressemble l'état agricole de l'Arkansas, en 1932 ? On imagine une terre pas franchement hospitalière et plutôt déshéritée, mais qui a le choix ? Pas J. R. Cash, descendant d'immigrants écossais, qui y est né ce 26 février, dans le canton rural de Kingsland plus précisément. Ses parents, incapables de s'accorder sur un prénom, optent pour de simples initiales. L'armée des Etats-Unis, ne l'entendant pas de cette oreille, il s'engagera sous le nom de John R. Cash. Mais, pour l'heure, sa famille est pauvre, et, pour ne rien arranger, règne alors la Grande Dépression, qui, après le krach boursier de 1929, jette des millions d'Américains (puis, de terriens) à la rue, et dans la plus profonde misère.

Dans la misère

Johnny, qui a déménagé dans la ville de Dyess à l'âge de trois ans, a six frères et soeurs (Tommy tentera une carrière dans l'ombre de son frère). Jack, de deux ans son aîné, et très proche du chanteur, mourra tragiquement dans un accident de scie circulaire, mettant plus d'une semaine à décéder. Johnny Cash ressentira toute sa vie une profonde culpabilité à l'évocation du drame. Il confessera régulièrement rêver de son frère, et se réjouir de le retrouver un jour au paradis. En tout état de cause, sa mère Carrie a faim. Alors, elle chante toute la journée, du folk, et son fils l'accompagne, maladroitement, à la guitare. Johnny ne s'éternise pas sur les bancs de l'école, réquisitionné par les proches champs de coton, et bercé, comme tous les petits blancs du sud par gospel et country music. Il écrit ses premières chansons dès l'âge de douze ans, et chante même dans des programmes de la radio locale. Ses diplômes primaires obtenus, il déménage brièvement à Detroit (Motor City, capitale des belles voitures), pour un emploi logique dans une usine d'automobiles.

Dans l'armée maintenant

La succession peu gratifiante de petits boulots l'incite à s'engager dans l'US Air Force, qui, alors que sévit la guerre de Corée, l'envoie en casernement...en Allemagne : il y achète sa première guitare, perd l'usage d'un tympan dans un accident, et crée son premier groupe, les Landsberg Barbarians. C'est en 1951, spectateur de la projection d'un documentaire sur les prisons, qu'il éprouve pour la première fois un intérêt quant au sort des bagnards dans les prisons américaines (il organisera très tôt des concerts dans les centres de détention, et militera toute sa vie pour une réforme du système carcéral). De retour au pays, il s'installe à Memphis (Tennessee), où il épouse une Texane, une certaine Vivian Liberto.

Dans le vent

En 1954, Cash auditionne pour le label Sun, dirigé par le légendaire Sam Phillips, dans un répertoire de chants religieux. Phillips l'écoute...et le remercie, l'enjoignant à proposer quelque chose de plus commercial. Le chanteur souscrit à la requête, et, cette fois, sa belle voix grave de baryton, un usage excessivement séminal de sa guitare, ses compositions au carrefour du rock and roll, de la country, et du honky tonk, séduisent le producteur. Ce dernier impose le prénom Johnny, que le chanteur a en horreur, le trouvant par trop juvénile. Son premier 45-tours est enregistré avec son groupe de l'époque, The Tennessee Two (puis Three, quand les cachets le permettront), composé du guitariste Luther Perkins, et du bassiste Marshall Grant. Les succès ne se font pas attendre : c'est avec « Hey Porter », « Cry Cry Cry » (juin 1955), « Folsom Prison Blues » (janvier 1956), et, bien sûr, « I Walk the Line » (couplé à « Get Rhythm », en août) que commence à s'écrire la légende, grâce à des 45-tours tous vendus à plus de 100 000 exemplaires. Cash participe au Grand Ole Opry (grande messe spectaculaire à la gloire de la country), et est en 1957 le premier artiste Sun à enregistrer un album, Johnny Cash With His Hot and Blue Guitar. On salue sa première apparition à l'écran, où il incarne un serial killer dans le film Five Minutes To Live, et se produit au sein de l'historique Million Dollar Quartet (complété par Jerry Lee Lewis, Elvis Presley, et Carl Perkins).

Dès lors, il prend l'habitude de se présenter en public vêtu de noir de pied en cap, contrastant avec les autres chanteurs de country, plus friands de paillettes et autres ornements à fanfreluches ou chemises à jabots. Toutefois, les tensions commencent à se faire jour entre Sam Phillips et le chanteur, en particulier à l'occasion d'un projet d'album gospel refusé par le premier. En 1957, Johnny prend une autre dimension en signant sur le label Columbia (pour une musique plus personnelle, mais également davantage au goût du jour), et commence à se produire sur scène en compagnie de June Carter (membre éminent de la première grande famille de la musique country, cette Carter Family - à l'origine trio virginien - d'une profonde influence sur toute la musique bluegrass, country, folk et même pop, des années 20 aux années 50). June et Johnny s'aiment (la première est vraiment la muse du second), mais, étant engagés chacun de leur côté (de plus, Johnny est déjà le père précoce de deux enfants en bas âge), leur relation en devient tumultueuse. Cash clôt les années 50 avec les titres « All Over Again » en 1958 et « Don't Take Your Guns to Town » l'année suivante.

Dans la poudre

Les années 1960, les triomphes exponentiels (l'album Ride This Train en 1960, « Tennessee Flat-Top Box » et « Bonanza ! » en 1961-62) et la pression qui en résulte (alimentée par des tournées de plus de trois cents dates), provoquent l'addiction de Cash aux amphétamines (pour lutter contre la fatigue), aux barbituriques (pour lutter contre la dépression), et à l'alcool (pour lutter contre tout le reste). Pour parachever l'ensemble, Johnny prend l'habitude de s'enivrer avec le petit ami de June Carter. Et à Nashville, son compagnon de dérive est le chanteur Waylon Jennings. Une belle chanson de June Carter (et un hit pour Cash) résume alors la situation : « Ring of Fire » (n°17 en mai 1963) décrit le « cercle de feu » dans lequel s'est enfermé le chanteur. C'est Cash lui-même qui adjoindra un arrangement de trompette à la mexicaine à la chanson, affirmant que l'idée lui est venue en rêve. En 1961, il est victime d'une overdose. Soupçonné de trafic d'héroïne (il dissimule les doses dans la caisse de sa guitare), il est arrêté en 1965 au Texas. Cette période inspirera le romancier Stephen King dans la rédaction de Shining (Cash avait alors coutume de faire des motels où il séjournait du petit bois, et ce à coups de hache).

Durant cette longue période, Cash, au comportement erratique, est devenu totalement incontrôlable. En juin 1965, l'échauffement du train avant de son bus de tournée provoque l'incendie de plusieurs hectares d'un parc national californien. Le juge, demandant au chanteur quel est son sentiment quant à ce fait divers, se voit gratifié de la réponse suivante : « moi, je ne sais pas... vous n'avez qu'à demander à mon bus... mais comme il est mort... ». Deux années plus tard, le duo « Jackson » (juillet 1967) permet heureusement au couple emblématique Carter/Cash de remporter un Grammy Award. C'est Bob Dylan qui, dans un souci thérapeutique, l'invite à participer au Festival folk de Newport. Au fond du gouffre, Johnny Cash chante son amour éperdu pour sa belle dans « I Still Miss Someone » (album I Walk The Line - 1964). En 1969, il participe au controversé (car considéré comme une trahison réactionnaire par les tenants du folk progressiste) album Nashville Skyline de Bob Dylan. Néanmoins, et de son côté, aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'establishment country, excessivement traditionaliste, considérant d'un très mauvais oeil ses différents excès, met progressivement Cash au ban de sa bonne société.

L'épopée se poursuit, en février 1968, comme un conte de fées : aidé par sa compagne et tout le clan Carter (Maybelle, maman et femme de tête), Cash troque drogues contre religion (il devient chrétien fondamentaliste), divorce (sic - Vivian Liberto et lui ont eu quatre filles en six ans), et demande June en mariage en plein concert (cette dernière lui avait mis le marché en main : le sevrage contre la bague au doigt). En 1968 et 1969, il offre deux concerts historiques dans les pénitenciers de Folsom et de San Quentin : les deux albums qui y seront enregistrés, non moins historiques, sont considérés par le magazine Rolling Stone comme appartenant aux cinq cents meilleurs disques de l'histoire.

En 1970 naît John, fruit de son union avec June Carter. Le chanteur est reçu par le Président Richard Nixon à la Maison Blanche, et, autre forme d'honneur, enregistre avec John William et le Boston Pops Orchestra, puis croise Kirk Douglas sur un plateau de cinéma (The Gunfight). Citoyen actif, il milite avec sa femme au bénéfice des convicts, et des Indiens d'Amérique. Le chanteur diversifie ensuite ses activités, devenant animateur pour le compte de la chaîne télévisée ABC (le Johnny Cash Show règnera sans partage sur les ondes jusqu'en 1971). En 1972, June Carter et Cash produisent le film Gospel Road sur la vie du Christ : elle y incarne Marie-Madeleine. De plus, Johnny participe au fil de sa carrière à quelques séries télévisées, comme Columbo, La Petite maison dans la prairie, et Docteur Quinn, femme médecin. Il prêtera même sa voix à un épisode des Simpsons : il y incarne un coyote...de l'espace. D'un point de vue plus littéraire, il trouve le temps d'écrire son autobiographie, L'Homme en noir (1975).

Dans la distinction

À la fin des années 1970, battant en brèche une ridicule réputation de chanteur réactionnaire, Cash enregistre des standards de Nick Lowe (chantre du pub rock britannique avec le groupe Brinsley Scwharz), Kris Kristofferson (emblème d'une certaine country progressiste et saisissant portrait d'une épave dans le film Wanda's Café), et Dylan. Son public, moins progressiste, ne le suit pas dans cette évolution. Il n'en continue pas moins de se produire aux quatre coins du pays, itinérant grâce à un autobus dans ce qu'il a dénommé là encore le Johnny Cash Show. Dans les années 1980, malgré des ennuis de santé et le fait que le label Columbia l'abandonne, il continue de se produire, en particulier dans le groupe The Highwaymen (aux côtés de Kristofferson, Jennings et Willie Nelson, quatrième mal embouché ralliant ces chanteurs hors normes rassemblés dans la « Outlaw Country » - le pays des hors-la-loi), avec lequel il enregistre trois albums. Il est malheureusement victime en 1986 d'un coma post-opératoire dont il a le plus grand mal à sortir.

Dans la douleur

En 1992, Cash, affaibli par le diabète, réalise l'exploit (inédit jusqu'à aujourd'hui) d'être simultanément honoré par le Rock & Roll Hall of Fame, et ses équivalents pour les compositeurs, et les artistes de country. La fin de la décennie est marquée par sa rencontre avec le producteur Frederik Jay Rubin (qui a oeuvreé avec les rappers de Run-D.M.C. et le groupe de rock Aerosmith). Le duo concocte une série de six albums (dont les deux derniers seront posthumes) de reprises, où Cash revisite de manière inattendue des chansons de Soundgarden, Nick Cave, Leonard Cohen, Depeche Mode ou U2. En 1994, il réalise son ancien rêve d'enregistrer My Mother's Hymn Book, choix de chants traditionnels de musique gospel.

(Jusque) Dans la mort

En 1997, ses médecins diagnostiquent un syndrome de Shy-Drager, affection de type neurologique. En 1998, une grave pneumonie endommage irréversiblement ses poumons. En 1999, il est de nouveau honoré par un Grammy Award, attribué cette fois pour l'ensemble de sa carrière.
Le 15 mai 2003, June Carter Cash décède à l'âge de soixante-treize ans, de complications post-opératoires conséquentes d'une intervention cardiaque. Elle avait fait jurer à son mari de poursuivre sa carrière de chanteur : il donnera son ultime concert le 5 juillet 2003, lisant un texte bref, rédigé juste avant la montée sur scène, où il explique qu'il considère que June est toujours à ses côtés. Johnny ne survit en effet que quatre mois à son épouse : il est disparu le 12 septembre, entre autres victime de son diabète. Il était âgé de 71 ans. June Carter et Johnny Cash sont inhumés côte à côte au Hendersonville Memory Gardens, dans le Tennessee.

En 2004 Johnny Cash obtient un ultime Grammy Award à titre posthume. En 2005, le chanteur de The Bee Gees Barry Gibb achète la maison de Cash, avant d'être complètement détruite dans un incendie deux ans plus tard. En juillet 2006, l'album posthume American V : A Hundred Highways se classe directement à la première place des ventes d'albums. Quatre ans plus tard paraît le sixième volume de la série. American IV: Ain't No Grave, publié en mars 2010, offre son lot de reprises du maître (Kris Kristofferson, Tom Paxton, Sheryl Crow...) et un titre inédit, « 1st Corinthians 5:55 ». La saga des sorties posthumes connaît un nouvel épisode avec l'exhumation de bandes enregistrées au début des années 1980 avec le producteur Billy Sherrill, récemment découvertes par John Carter Cash. L'album Out Among the Stars qui en découle paraît le 24 mars 2014.

Qualifier Johnny Cash de plus important chanteur country de l'après-guerre est réducteur : c'est, encore une fois, omettre que son parcours s'est construit sur un style unique, mariant à parité les influences les plus diverses, du gospel au rock, en passant par le blues. Sa grandeur (et la difficulté à laquelle il dut parfois faire face) reste qu'il s'est toujours situé en marge : d'une Amérique blanche qui a pourtant tenté de l'enfermer dans les pires idéologies ; de la tradition country de Nashville, empesée dans ses codes, et ses règles immuables ; de concepts moraux qu'il a toujours fait voler en éclats, par ses excès, et sa passion en toute chose. Johnny Cash fut rebelle, une star incontournable des années 50 et 60 lourde de plus de cent singles classés dans les charts, une légende ensuite, une icône pour finir. Triomphant et misérable : un homme. Copyright 2014 Music Story Christian Larrède

À quoi ressemble l'état agricole de l'Arkansas, en 1932 ? On imagine une terre pas franchement hospitalière et plutôt déshéritée, mais qui a le choix ? Pas J. R. Cash, descendant d'immigrants écossais, qui y est né ce 26 février, dans le canton rural de Kingsland plus précisément. Ses parents, incapables de s'accorder sur un prénom, optent pour de simples initiales. L'armée des Etats-Unis, ne l'entendant pas de cette oreille, il s'engagera sous le nom de John R. Cash. Mais, pour l'heure, sa famille est pauvre, et, pour ne rien arranger, règne alors la Grande Dépression, qui, après le krach boursier de 1929, jette des millions d'Américains (puis, de terriens) à la rue, et dans la plus profonde misère.

Dans la misère

Johnny, qui a déménagé dans la ville de Dyess à l'âge de trois ans, a six frères et soeurs (Tommy tentera une carrière dans l'ombre de son frère). Jack, de deux ans son aîné, et très proche du chanteur, mourra tragiquement dans un accident de scie circulaire, mettant plus d'une semaine à décéder. Johnny Cash ressentira toute sa vie une profonde culpabilité à l'évocation du drame. Il confessera régulièrement rêver de son frère, et se réjouir de le retrouver un jour au paradis. En tout état de cause, sa mère Carrie a faim. Alors, elle chante toute la journée, du folk, et son fils l'accompagne, maladroitement, à la guitare. Johnny ne s'éternise pas sur les bancs de l'école, réquisitionné par les proches champs de coton, et bercé, comme tous les petits blancs du sud par gospel et country music. Il écrit ses premières chansons dès l'âge de douze ans, et chante même dans des programmes de la radio locale. Ses diplômes primaires obtenus, il déménage brièvement à Detroit (Motor City, capitale des belles voitures), pour un emploi logique dans une usine d'automobiles.

Dans l'armée maintenant

La succession peu gratifiante de petits boulots l'incite à s'engager dans l'US Air Force, qui, alors que sévit la guerre de Corée, l'envoie en casernement...en Allemagne : il y achète sa première guitare, perd l'usage d'un tympan dans un accident, et crée son premier groupe, les Landsberg Barbarians. C'est en 1951, spectateur de la projection d'un documentaire sur les prisons, qu'il éprouve pour la première fois un intérêt quant au sort des bagnards dans les prisons américaines (il organisera très tôt des concerts dans les centres de détention, et militera toute sa vie pour une réforme du système carcéral). De retour au pays, il s'installe à Memphis (Tennessee), où il épouse une Texane, une certaine Vivian Liberto.

Dans le vent

En 1954, Cash auditionne pour le label Sun, dirigé par le légendaire Sam Phillips, dans un répertoire de chants religieux. Phillips l'écoute...et le remercie, l'enjoignant à proposer quelque chose de plus commercial. Le chanteur souscrit à la requête, et, cette fois, sa belle voix grave de baryton, un usage excessivement séminal de sa guitare, ses compositions au carrefour du rock and roll, de la country, et du honky tonk, séduisent le producteur. Ce dernier impose le prénom Johnny, que le chanteur a en horreur, le trouvant par trop juvénile. Son premier 45-tours est enregistré avec son groupe de l'époque, The Tennessee Two (puis Three, quand les cachets le permettront), composé du guitariste Luther Perkins, et du bassiste Marshall Grant. Les succès ne se font pas attendre : c'est avec « Hey Porter », « Cry Cry Cry » (juin 1955), « Folsom Prison Blues » (janvier 1956), et, bien sûr, « I Walk the Line » (couplé à « Get Rhythm », en août) que commence à s'écrire la légende, grâce à des 45-tours tous vendus à plus de 100 000 exemplaires. Cash participe au Grand Ole Opry (grande messe spectaculaire à la gloire de la country), et est en 1957 le premier artiste Sun à enregistrer un album, Johnny Cash With His Hot and Blue Guitar. On salue sa première apparition à l'écran, où il incarne un serial killer dans le film Five Minutes To Live, et se produit au sein de l'historique Million Dollar Quartet (complété par Jerry Lee Lewis, Elvis Presley, et Carl Perkins).

Dès lors, il prend l'habitude de se présenter en public vêtu de noir de pied en cap, contrastant avec les autres chanteurs de country, plus friands de paillettes et autres ornements à fanfreluches ou chemises à jabots. Toutefois, les tensions commencent à se faire jour entre Sam Phillips et le chanteur, en particulier à l'occasion d'un projet d'album gospel refusé par le premier. En 1957, Johnny prend une autre dimension en signant sur le label Columbia (pour une musique plus personnelle, mais également davantage au goût du jour), et commence à se produire sur scène en compagnie de June Carter (membre éminent de la première grande famille de la musique country, cette Carter Family - à l'origine trio virginien - d'une profonde influence sur toute la musique bluegrass, country, folk et même pop, des années 20 aux années 50). June et Johnny s'aiment (la première est vraiment la muse du second), mais, étant engagés chacun de leur côté (de plus, Johnny est déjà le père précoce de deux enfants en bas âge), leur relation en devient tumultueuse. Cash clôt les années 50 avec les titres « All Over Again » en 1958 et « Don't Take Your Guns to Town » l'année suivante.

Dans la poudre

Les années 1960, les triomphes exponentiels (l'album Ride This Train en 1960, « Tennessee Flat-Top Box » et « Bonanza ! » en 1961-62) et la pression qui en résulte (alimentée par des tournées de plus de trois cents dates), provoquent l'addiction de Cash aux amphétamines (pour lutter contre la fatigue), aux barbituriques (pour lutter contre la dépression), et à l'alcool (pour lutter contre tout le reste). Pour parachever l'ensemble, Johnny prend l'habitude de s'enivrer avec le petit ami de June Carter. Et à Nashville, son compagnon de dérive est le chanteur Waylon Jennings. Une belle chanson de June Carter (et un hit pour Cash) résume alors la situation : « Ring of Fire » (n°17 en mai 1963) décrit le « cercle de feu » dans lequel s'est enfermé le chanteur. C'est Cash lui-même qui adjoindra un arrangement de trompette à la mexicaine à la chanson, affirmant que l'idée lui est venue en rêve. En 1961, il est victime d'une overdose. Soupçonné de trafic d'héroïne (il dissimule les doses dans la caisse de sa guitare), il est arrêté en 1965 au Texas. Cette période inspirera le romancier Stephen King dans la rédaction de Shining (Cash avait alors coutume de faire des motels où il séjournait du petit bois, et ce à coups de hache).

Durant cette longue période, Cash, au comportement erratique, est devenu totalement incontrôlable. En juin 1965, l'échauffement du train avant de son bus de tournée provoque l'incendie de plusieurs hectares d'un parc national californien. Le juge, demandant au chanteur quel est son sentiment quant à ce fait divers, se voit gratifié de la réponse suivante : « moi, je ne sais pas... vous n'avez qu'à demander à mon bus... mais comme il est mort... ». Deux années plus tard, le duo « Jackson » (juillet 1967) permet heureusement au couple emblématique Carter/Cash de remporter un Grammy Award. C'est Bob Dylan qui, dans un souci thérapeutique, l'invite à participer au Festival folk de Newport. Au fond du gouffre, Johnny Cash chante son amour éperdu pour sa belle dans « I Still Miss Someone » (album I Walk The Line - 1964). En 1969, il participe au controversé (car considéré comme une trahison réactionnaire par les tenants du folk progressiste) album Nashville Skyline de Bob Dylan. Néanmoins, et de son côté, aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'establishment country, excessivement traditionaliste, considérant d'un très mauvais oeil ses différents excès, met progressivement Cash au ban de sa bonne société.

L'épopée se poursuit, en février 1968, comme un conte de fées : aidé par sa compagne et tout le clan Carter (Maybelle, maman et femme de tête), Cash troque drogues contre religion (il devient chrétien fondamentaliste), divorce (sic - Vivian Liberto et lui ont eu quatre filles en six ans), et demande June en mariage en plein concert (cette dernière lui avait mis le marché en main : le sevrage contre la bague au doigt). En 1968 et 1969, il offre deux concerts historiques dans les pénitenciers de Folsom et de San Quentin : les deux albums qui y seront enregistrés, non moins historiques, sont considérés par le magazine Rolling Stone comme appartenant aux cinq cents meilleurs disques de l'histoire.

En 1970 naît John, fruit de son union avec June Carter. Le chanteur est reçu par le Président Richard Nixon à la Maison Blanche, et, autre forme d'honneur, enregistre avec John William et le Boston Pops Orchestra, puis croise Kirk Douglas sur un plateau de cinéma (The Gunfight). Citoyen actif, il milite avec sa femme au bénéfice des convicts, et des Indiens d'Amérique. Le chanteur diversifie ensuite ses activités, devenant animateur pour le compte de la chaîne télévisée ABC (le Johnny Cash Show règnera sans partage sur les ondes jusqu'en 1971). En 1972, June Carter et Cash produisent le film Gospel Road sur la vie du Christ : elle y incarne Marie-Madeleine. De plus, Johnny participe au fil de sa carrière à quelques séries télévisées, comme Columbo, La Petite maison dans la prairie, et Docteur Quinn, femme médecin. Il prêtera même sa voix à un épisode des Simpsons : il y incarne un coyote...de l'espace. D'un point de vue plus littéraire, il trouve le temps d'écrire son autobiographie, L'Homme en noir (1975).

Dans la distinction

À la fin des années 1970, battant en brèche une ridicule réputation de chanteur réactionnaire, Cash enregistre des standards de Nick Lowe (chantre du pub rock britannique avec le groupe Brinsley Scwharz), Kris Kristofferson (emblème d'une certaine country progressiste et saisissant portrait d'une épave dans le film Wanda's Café), et Dylan. Son public, moins progressiste, ne le suit pas dans cette évolution. Il n'en continue pas moins de se produire aux quatre coins du pays, itinérant grâce à un autobus dans ce qu'il a dénommé là encore le Johnny Cash Show. Dans les années 1980, malgré des ennuis de santé et le fait que le label Columbia l'abandonne, il continue de se produire, en particulier dans le groupe The Highwaymen (aux côtés de Kristofferson, Jennings et Willie Nelson, quatrième mal embouché ralliant ces chanteurs hors normes rassemblés dans la « Outlaw Country » - le pays des hors-la-loi), avec lequel il enregistre trois albums. Il est malheureusement victime en 1986 d'un coma post-opératoire dont il a le plus grand mal à sortir.

Dans la douleur

En 1992, Cash, affaibli par le diabète, réalise l'exploit (inédit jusqu'à aujourd'hui) d'être simultanément honoré par le Rock & Roll Hall of Fame, et ses équivalents pour les compositeurs, et les artistes de country. La fin de la décennie est marquée par sa rencontre avec le producteur Frederik Jay Rubin (qui a oeuvreé avec les rappers de Run-D.M.C. et le groupe de rock Aerosmith). Le duo concocte une série de six albums (dont les deux derniers seront posthumes) de reprises, où Cash revisite de manière inattendue des chansons de Soundgarden, Nick Cave, Leonard Cohen, Depeche Mode ou U2. En 1994, il réalise son ancien rêve d'enregistrer My Mother's Hymn Book, choix de chants traditionnels de musique gospel.

(Jusque) Dans la mort

En 1997, ses médecins diagnostiquent un syndrome de Shy-Drager, affection de type neurologique. En 1998, une grave pneumonie endommage irréversiblement ses poumons. En 1999, il est de nouveau honoré par un Grammy Award, attribué cette fois pour l'ensemble de sa carrière.
Le 15 mai 2003, June Carter Cash décède à l'âge de soixante-treize ans, de complications post-opératoires conséquentes d'une intervention cardiaque. Elle avait fait jurer à son mari de poursuivre sa carrière de chanteur : il donnera son ultime concert le 5 juillet 2003, lisant un texte bref, rédigé juste avant la montée sur scène, où il explique qu'il considère que June est toujours à ses côtés. Johnny ne survit en effet que quatre mois à son épouse : il est disparu le 12 septembre, entre autres victime de son diabète. Il était âgé de 71 ans. June Carter et Johnny Cash sont inhumés côte à côte au Hendersonville Memory Gardens, dans le Tennessee.

En 2004 Johnny Cash obtient un ultime Grammy Award à titre posthume. En 2005, le chanteur de The Bee Gees Barry Gibb achète la maison de Cash, avant d'être complètement détruite dans un incendie deux ans plus tard. En juillet 2006, l'album posthume American V : A Hundred Highways se classe directement à la première place des ventes d'albums. Quatre ans plus tard paraît le sixième volume de la série. American IV: Ain't No Grave, publié en mars 2010, offre son lot de reprises du maître (Kris Kristofferson, Tom Paxton, Sheryl Crow...) et un titre inédit, « 1st Corinthians 5:55 ». La saga des sorties posthumes connaît un nouvel épisode avec l'exhumation de bandes enregistrées au début des années 1980 avec le producteur Billy Sherrill, récemment découvertes par John Carter Cash. L'album Out Among the Stars qui en découle paraît le 24 mars 2014.

Qualifier Johnny Cash de plus important chanteur country de l'après-guerre est réducteur : c'est, encore une fois, omettre que son parcours s'est construit sur un style unique, mariant à parité les influences les plus diverses, du gospel au rock, en passant par le blues. Sa grandeur (et la difficulté à laquelle il dut parfois faire face) reste qu'il s'est toujours situé en marge : d'une Amérique blanche qui a pourtant tenté de l'enfermer dans les pires idéologies ; de la tradition country de Nashville, empesée dans ses codes, et ses règles immuables ; de concepts moraux qu'il a toujours fait voler en éclats, par ses excès, et sa passion en toute chose. Johnny Cash fut rebelle, une star incontournable des années 50 et 60 lourde de plus de cent singles classés dans les charts, une légende ensuite, une icône pour finir. Triomphant et misérable : un homme. Copyright 2014 Music Story Christian Larrède


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