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Johnny chien méchant [Broché]

Emmanuel Dongala
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Broché --  
Poche --  

Description de l'ouvrage

31 juillet 2002 Fiction française
Dans le chaos d'une guerre civile avec déplacements massifs de populations, colonnes de réfugiés sur les routes et le lot habituel d'accompagnateurs plus ou moins bienveillants (organisations humanitaires, journalistes, coopérants qu'il faut évacuer, etc.), deux adolescents racontent ce qu'ils vivent. L'un, un jeune garçon (Johnny, qui prendra plusieurs noms de guerre dont celui de Chien méchant) est membre d'une milice. Il tue, viole, pille et assume crânement (et avec naïveté) comme d'autres enfants-soldats le rôle de bourreau, ne comprenant pas que lui aussi est une victime, même dans des situations cocasses. L'autre est une jeune fille (Laokole), qui se sait victime mais regarde les choses avec lucidité, avec distance et même une certaine philosophie malgré tout ce qu'elle vit.
Le récit est conduit à deux voix, comme une fugue où les deux "héros" racontent les mêmes événements, chacun avec son regard, vivent parfois les mêmes événements dans un même espace physique, sans se croiser, s'éloignent, se rapprochent, se suivent et se poursuivent, jusqu'à la scène finale de la confrontation où ils se retrouvent enfin face à face.

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Descriptions du produit

Extrait

LAOKOLÉ

LE GÉNÉRAL Giap a proclamé un pillage général de quarante-huit heures. J'ai aussitôt arrêté la radio, j'ai pris la lampe-tempête et j'ai couru vers la petite cabane qui nous servait de débarras pour vérifier si la brouette était bien là, et en état de marche. Oui, elle était bien là, renversée sur son caisson. J'ai fait tourner son unique roue. Elle tournait bien, mais grinçait un peu. Je suis allée dans la cuisine chercher le peu d'huile de palme qui nous restait; je l'ai graissée avec et l'ai testée à nouveau. Elle ne grinçait plus. Malgré la rouille qui avait commencé à ronger une partie de la carrosserie, elle était en parfait état de marche, et les deux brancards étaient solides.

Je suis retournée dans la maison. J'ai soulevé le pagne qui servait de rideau entre ma chambre et celle de maman : elle dormait toujours. La réveiller ou la laisser dormir un peu plus ? J'ai hésité un moment puis j'ai décidé de ne la réveiller qu'au dernier moment ; la nuit avait été très difficile pour elle et ce n'était que vers trois heures du matin que les deux comprimés effervescents d'aspirine que je l'avais forcée à prendre avaient calmé les douleurs de ses jambes fracturées et lui avaient ainsi permis de s'endormir. J'allais la laisser se reposer une demi-heure encore. J'ai laissé retomber le pagne et me suis dirigée vers Fofo, mon petit frère, qui partageait la chambre avec moi; il continuait à ronfler, confortablement allongé sur son matelas mousse étalé par terre à côté de mon lit. Je l'ai brutalement secoué. À onze ans, bientôt douze, ce n'était plus un gamin, il était assez âgé pour aider la famille. --Ce texte fait référence à l'édition Poche .

Présentation de l'éditeur

Congo, en ce moment-même. Johnny, seize ans, vêtu de son treillis et de son tee-shirt incrusté de bris de verre, armé jusqu'aux dents, habité par le chien méchant qu'il veut devenir, vole, viole, pille et abat tout ce qui croise sa route. Laokolé, seize ans, poussant sa mère aux jambes fracturées dans une brouette branlante, tâchant de s'inventer l'avenir radieux que sa scolarité brillante lui promettait, s'efforce de fuir sa ville livrée aux milices d'enfants soldats. Sous les fenêtres des ambassades, des ONG, du Haut-Commissariat pour les réfugiés, et sous les yeux des télévisions occidentales, des adolescents abreuvés d'imageries hollywoodiennes et d'information travestie jouent à la guerre : les milices combattent des ennemis baptisés " Tchétchènes ", les chefs de guerre, très à cheval sur leurs codes d'honneur, se font appeler " Rambo " ou " Giap " et s'entre-tuent pour un poste de radio, une corbeille de fruits ou une parole de travers. Dans ce roman, qui met en scène des adolescents à l'enfance abrégée, Dongala montre avec force comment, dans une Afrique ravagée par des guerres absurdes, un peuple tente malgré tout de survivre et de sauvegarder sa part d'humanité.

Détails sur le produit

  • Broché: 360 pages
  • Editeur : Le Serpent à Plumes (31 juillet 2002)
  • Collection : Fiction française
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2842613554
  • ISBN-13: 978-2842613556
  • Dimensions du produit: 19,8 x 13 x 2,4 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.4 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (7 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 440.907 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
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5.0 étoiles sur 5 Su-bli-mi-ssi-me 29 mars 2007
Format:Broché
C'est avec un réel plaisir que j'ai pris mon temps pour lire ce magnifique roman de ce très grand auteur. Depuis la guerre de 1997 au Congo-Brazzaville, c'est la 1ère qu'un Congolais couche sur papier avec une telle qualité, une telle intelligence, un tel recul des choses les tragiques événements que nous devons à cette médiocre classe politique qui nous dirige depuis 39 ans, aidée en cela par un peuple qui bien souvent la suit comme un vrai mouton de panurge. Johnny Chien Méchant devrait être enseigné dans tous les collèges ou lycée des pays qui ont subi la guerre.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Extraordinaire. 2 juillet 2004
Par Un client
Format:Broché
Ce bouquin est extraordinaire, je ne sais pas quoi dire d'autre.
Extraordinaire de réalisme, d'absurdité, de violence, de douceur, de contradictions.
Extraordinaire.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'Afrique et les maux dont elle souffre 22 novembre 2002
Format:Broché
Le thème de ce quinquénat est sans doute celui de la guerre et de ses corollaires.Dongala a su trancher dans ce lot un récit émouvant,pathétique ,mais aussi envoûtant.Pour innover cette démarche,il met en jeu deux principaux personnages dont:JOHNNY dit "chien méchant",un enfant-soldat et LAOKOLE une jeune fille de seize ans comme d'ailleurs ce johnny.A travers le récit de ces deux personnages,l'on voit une Afrique meurtrie dans sa profonde serre.L'un des deux personnages:johnny,symbolise ceux qui font la honte de l'Afrique à travers une notion ethnocentriste de guerre tribale.Dans le roman,celle-ci oppose les dogo-mayi aux mayi-dogo pour le pouvoir.C'est un jeu de figure de style.A travers cette guerre tribale,on entrevoit le viol,le pillage,le bafouement de l'éthique africaine,le double jeu des puissances occidentales.Quel paradoxe pour ces puissances qui prétendent préserver les droits de l'homme et du citoyen!L'on voit même que les organes génitaux si précieusement cachés en Afrique sont littéralement exposés à la merci des nouveaux maitres dont l'âge varie de douze à vingt-cinq ans.Après la lecture de ce roman,on ne peut se taire sur le traitement inégal des hommes en temps de guerre sous le prétexte de la couleur de la peau.
Bravo à DONGALA qui s'est permis de fustiger à sa manière tout ce qu'il considère d'aberrant,d'anormal et bravo à tous les lecteurs qui comprendront la teneur des messages qui sont ici véhiculés.
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