Quand Jonah Hex arrive quelque part, c'est souvent mauvais signe. Soit le sort va vous apporter une mauvaise nouvelle, soit il s'en est déjà chargé. Il faut dire que voir débarquer un soldat en costume sudiste avec la moitié du visage massacrée, ça n'inspire pas forcément confiance. C'est ce que les jeunes filles de la famille Foster pensent et elles accueillent Jonah avec un visage déterminé, un pistolet et deux fusils. Mais le père, Joshua Foster, connait bien la réputation de Jonah Hex le chasseur de primes qui, pour un bon prix, est capable de retrouver n'importe qui. En l'occurence, il faut retrouver Jacob, le fils, l'autre mâle de la famille. Comme un cirque ambulant était dans le coin au moment du kidnapping, Jonah va aller faire un tour à la fête foraine, là où on peut trouver de jeunes garçons se battre contre des chiens féroces ...
C'est donc parti pour quelques duels, des coups fourrés, des attaques surprises d'indiens, des voleurs au coeur plus ou moins grand, des histoires d'amour qui finissent plus ou moins mal et une silhouette symbolisant le changement: Jonah Hex. Là où il arrive sonneront les revolvers et coulera le sang. Et si vous pensez que cela n'est pas très amusant, vous vous trompez. Alors non, on ne se tape pas sur la cuisse en lisant Jonah Hex, mais les scénaristes réalisent chacun de leur numéro comme une fable avec une morale qui fait mouche et dont l'humour noir est accompagné de répliques efficaces, "directes dans ta face".
Une autre originalité du titre, ce sont ces encarts en noir & blanc qui donnent à l'impression des pancartes du cinéma muet, qui sont comme des titres de chapitres et qui donne au final bien du style au titre.
Et pour une fois, DC a bien préparé son nouveau titre avec un dessinateur qui n'est pas la moitié d'un manchot. Luke Ross ne restera pas une éternité sur le titre mais lui donnera suffisamment de cachet pour qu'on s'intéresse au titre. Son style est fin et élégant, à deux doigts du photo-réalisme mais avec suffisamment de mouvement pour que tout ne semble pas figé. Avec un Jonah Hex qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Clint Eastwood, on se prête à penser à une adaptation ciné (qui aura lieu finalement mais pas avec Clint dans le rôle titre) et on voit bien entendu que les amateurs de westerns sont brossés dans le sens du poil.
Alors vous vous direz peut-être "oui mais le western, moi, perso, j'accroche pas". Et je vous répondrai qu'au ciné, en général, je ne vais pas voir de western parce que ça ne m'enchante pas non plus. Mais en bande dessinée, avec un rythme rapide et surtout de bonnes histoires, Jonah Hex devrait vous convaincre. Surtout que la série a dépassé ces 50 numéros, signe d'une certaine qualité ou d'une confiance de DC dans le titre.