Cette version saisissante des Saisons de Haydn est tout simplement sublime. À vrai dire, je n'ai rien dans ma discothèque récente, pourtant fort bien garnie, qui me procure autant de sensations positives, de plaisirs extrêmes. Écoutez : dès l'entrée en ondes du Printemps, on ressent une onde de choc qui nous cloue à notre fauteuil. Titanesque ! En moins de quelques secondes le mélomane audiophile devient immédiatement captif, piqué au vif. En effet, il entends tout, capte dans le moindre détail chaque intonation de l'orchestre rendue par une définition hors du commun. Puis viennent les flûtes, toutes de douceur, charmeuses, qui confirmeront l'étroite symbiose qui se développera entre l'auditeur et le Freiburger Barockorchester . Et cela, juste avant la sublime arrivée du ténor, du baryton, de la soprano et des choeurs. Magistral ! René Jacobs signe ici, selon moi, sa meilleure gravure; tout est captivant, étonnant, surprenant. La monotonie est exclue de ce programme et tout semble avoir été fait pour garder le mélomane en haleine.
Il faut bien dire que Jacobs est servie ici par la meilleure prise de son que j'ai entendue de ma courte existence -43 ans- et depuis l'avènement des SACD ( du moins ceux que j'ai entendus )
Le label, hélas si inégal, Harmonia Mundi surprends tellement que l'on se demande pourquoi réussir ici de manière aussi magistrale et échouer aussi lamentablement ailleurs - lire: le dernier enregistrement complètement raté de l'Akademie fur Alte mucik de Berlin- consacré à du Bach joué «l'envers».
Bon. C'est qu'on ne peut nier l'étroite parenté entre le plaisir procuré par une prise de son plus que somptueuse et l'intérêt que l'on porte à l'oeuvre. Disons que tout a milité pour que René Jacobs passe à l'histoire. À la mienne en tout cas...
Des moments de purs bonheur.