Douglas Coupland est, en temps normal, un auteur de grand talent qui parvient à immerger son lectorat dans des histoires qui sombrent immanquablement dans la folie pure grâce à un ton mordant et ironique doublé d'un style unique de narration.
Mais voilà, en ces temps de crises, le sieur Coupland semble avoir eu lui-même quelques problèmes d'inspiration, ou plus exactement un manque d'inspiration "inspirée" (si l'on veut bien me pardonner ce magnifique pléonasme !). Dans ce "Joueur_1", l'auteur situe sa trame narrative dans un bar d'aéroport, lieu propice aux rencontres entre personnages divers et variés. Commence ainsi la description de l'ensemble des protagonistes du roman, tous très différents et possédant de belles névroses. A ce moment du livre, le lecteur se pourlèche les babines, avide de savoir comment Coupland va passer cette brochette de héros à son mixeur personnel.
Et tout d'un coup, patatras, l'auteur nous plonge dans une atmosphère apocalyptique, tendance "la Route". Si l'idée paraissait séduisante en quatrième de couverture, elle ne tient pas longtemps aux yeux du lecteur. De divagations ésotériques en moments à l'eau de rose, on se demande quelle mouche a piqué l'auteur pour produire un tel roman, si éloigné de sa production habituelle (surtout qualitativement !).
Le roman s'apparente au final à un pétage de plomb en règle de l'auteur qui ne parvient que rarement à maîtriser sa structure narrative. Le lecteur termine le roman éprouvé, déçu du manque d'intensité du livre qui semble être un aphorisme de l'Apocalypse qui nous est annoncé pour bientôt... On ne mentionnera même pas le "lexique de l'avenir" indexé en fin de roman et qui n'a aucun intérêt, si ce n'est montrer que Coupland a de l'esprit et de la culture. L'auteur ferait mieux d'utiliser ses belles capacités à revenir aux thèmes qu'il maîtrise, son lectorat lui en serait fortement reconnaissant !