Le Journal (1940-1950) de Philippe Jullian, aussi drôle qu'érudit...
Un peu oublié, alors que son oeuvre virtuose reste des plus fréquentables, l'auteur de Scraps (1959) se rappelle à notre bon souvenir par l'entremise du journal qu'il tint de 1940 à 1950. L'ouvrage bénéficie d'une présentation et de notes savoureuses de Ghislain de Diesbach qui fut son biographe. Ce dernier a bien raison d'y voir un «document d'un remarquable intérêt, tant sur le plan humain, par ce qu'il révèle du caractère de son auteur, que sur le plan historique». (Alexandre Fillon - Lire, avril 2009 )
On publie enfin le «Journal» (1940-1950) de cet érudit excentrique, arlequin compliqué, aussi parisien qu'anglophile. Très attendue d'un fan-club transi, la publication du journal intime de Philippe Jullian sort opportunément de l'injuste oubli le plus excentrique maillon de la chaîne anglophile jadis incarnée par Maurois et Morand. Trente ans après sa disparition, l'auteur de Café-Society et du Dictionnaire du snobisme a trouvé en Ghislain de Diesbach, qui fut le confident, le compagnon de voyages mais aussi l'auteur d'une biographie introuvable de l'irascible esthète, un éditeur avisé. (François Rivière - Le Figaro du 16 avril 2009 )
Le Journal tenu pendant l'Occupation par cet auteur à succès offre un point de vue incroyable sur la société parisienne de l'époque...
N'étant dupe de rien, et surtout pas de lui-même, Jullian se définit, entre splendeurs et misères, comme un Rubempré qui n'aurait rencontré ni son Esther ni son Vautrin. Son «Journal» est le miroir d'un Narcisse mondain. Ah, les thés inoubliables chez Elisabeth de Gramont, duchesse de Clermont-Tonnerre, qui reçoit Paul Valéry, ah, les soirées chez Lise Deharme, que les succès de Louise de Vilmorin empêchent de dormir, ou chez Marie-Laure de Noailles, qui croit fronder l'occupant en prenant l'accent anglais ! Ce livre est aussi un panthéon de toutes les gloires défuntes de l'époque dont on ne sait plus grand-chose et que Ghislain de Diesbach exhume dans des notes pleines d'esprit que Jullian aurait pu écrire lui-même. Cette imparable fantaisie, on la retrouve dans les brillants pastiches que Jullian a composés avec Bernard Minoret, «les Morot-Chandonneur», désormais réédités et que Marc Lambron présente comme «un tableau de société». Mort en 1977, Philippe Jullian ne se doutait pas qu'il ressusciterait grâce à son «Journal», au commencement du XXIe siècle, lui qui aurait tellement voulu vivre à la fin du XIXe dont il était un spécialiste éminent et qu'il a fait revivre dans ses biographies de Jean Lorrain, Robert de Montesquiou, Oscar Wilde, ses maîtres : ceux-là avaient élevé la frivolité à la hauteur d'une philosophie. (Jean Chalon - Le Nouvel Observateur du 30 avril 2009 )
Ce journal est destiné aux lecteurs aimant chercher des clés cachées et souhaitant creuser la nature humaine, dans sa complexité. Lecteurs au premier degré, devant ce livre, passez votre chemin ! C'est plus sûr pour votre tranquillité intellectuelle, mentale, politique, morale, etc. Vous autres qui, au contraire, dans un texte littéraire, cherchez des clés cachées et souhaitez creuser la nature humaine dans sa complexité, quitte à être déstabilisé, lisez-le...
Cette lecture, où brillent mille effets, des portraits acides, des notations intraitables, parle finalement pour tous ces êtres qui, séjournant sur terre, passèrent à côté du bonheur. Mais tout à côté, en le frôlant et le sachant. (Bruno Frappat - La Croix du 27 mai 2009 )
Romancier, essayiste, pasticheur, mais aussi dessinateur et homme d'esprit, Philippe Jullian (1919-1977) a laissé plusieurs oeuvres qui font les délices des connaisseurs, comme son Dictionnaire du snobisme ou sa biographie d'Oscar Wilde. Ce que l'on ignorait, c'est qu'il avait tenu un journal intime. De sa jeunesse à Bordeaux durant la Deuxième Guerre mondiale aux brillantes années parisiennes de ses débuts, voici un document essentiel : autobiographie, recueil de mots d'esprit, galerie de portraits... Des gens du monde aux gens de ballet, des Anglais de Paris aux Parisiens anglophiles, c'est le tableau d'une époque.