Le style graphique, un trait en apparence simple et humoristique, ainsi que l'étrange détachement dont fait preuve Hideo Azuma dans la narration tranchent avec le tragique (l'horreur ?) de la situation dans laquelle il s'enfonce peu à peu. Il est inexact de dire que l'auteur a "choisi" de s'infliger la vie d'un "marginal" (comme on dit pudiquement dans les journaux). Il s'agit plus d'un état de fait résultant d'un malaise profond, qui est d'autant plus incompréhensible au lecteur qu'Hideo Azuma n'aborde le sujet qu'en filigrane. Divisé en trois parties (1ere fugue, 2eme fugue, alcoolisme) le manga accumule les anecdotes étranges, parfois sordides, au point de donner le vertige. On se surprend alors à s'interroger sur l'identité et le parcours de ces SDF que l'on croise au quotidien. Le manga a rencontré un succès aussi important qu'inattendu (son auteur était alors presque tombé dans l'oubli) au Japon.