Ce livre figure parmi les lectures préférées de ma fille aînée, elle m'en parle très souvent. Quand la deuxième l'a lu et a été également enthousiasmée, j'ai décidé qu'il était temps pour moi de lire "Journal d'une princesse" - bien que j'en attende pas grand chose.
Le thème de l'histoire est tellement banal, en effet, qu'il n'était pas vraiment attractif pour une lectrice adulte, amatrice de lecture jeunesse ou pas : une jeune Newyorkaise de 14 ans, qui vit seule avec sa mère artiste (mais aisée), sans difficultés scolaires particulières, d'une beauté peu classique et donc qui se croit laide, avec une personnalité qui hésite entre le bon sens et les élans pathétiques qu'on attend d'une petite jeune fille quelconque... et qui apprend subitement que son père est le monarque d'un petit pays du sud de la France (pseudo Monaco).
Et pourtant, cette lecture a été un vrai plaisir ! C'est très léger, c'est vrai, mais sans prétention. C'est drôle, dans un genre classique - mais efficace. Mia est tout à fait réussie, sa personnalité en pleine évolution est convaincante, ses faiblesses touchantes, d'autant plus qu'elles sont toujours compensées à temps par une force de caractère qui a pourtant bien du mal à s'exprimer. La grand-mère n'est pas gentille (ou alors elle le cache bien), le père n'assume pas trop (sa fille s'en rend bien compte), la meilleure amie, horriblement autoritaire et sans complexes surprend (quoique... je crois qu'elle est bâtie sur le même modèle que la mamie !). Il y a les personnages que l'on aime détester (la plus jolie fille odieuse, le plus beau garçon, superficiel et amoral, la grand-mère tyrannique) et ceux qu'on adore adorer (le chat obèse, le frère de la meilleure ami, l'héroïne parfaite dans ses imperfections). La répugnance et l'indignation de la jeune fille à se retrouver princesse alors qu'elle ne s'en sent pas l'étoffe, avec de plus l'obligation de succéder à son père tôt ou tard (pas d'autre héritier en vue) sont crédibles et, par bonheur, jamais mièvres ou stéréotypés.
Bien sûr, rien ne surprend vraiment, mais c'est délicieusement bien tourné et très facile à lire, quelque soit l'âge (entre 11 et 110 ans) et le niveau de lecture. Et enfin, ce n'est pas de mauvais goût, léger et bon à croquer, une meringue... non, trop éc½urant : une chouquette plutôt !
(Remarque : j'ai en main une édition différente de celle que j'ai choisie, par défaut, pour mon commentaire. Celle que j'ai lu présente de nombreux bonus intercalés de temps en temps, du genre : "Comment se faire des amis", "Les conseils de votre parfumeur préféré", "Test : quelle héroïne de série es-tu ?" D'après ma fille, certaines éditions ne les présentent pas).