Wasis Diop ce n'est pas que le son de l'Afrique, mais plutôt le son fabriqué pour Paris, avec une touche exotique.
Ca ressemble à de la world sénégalaise taillée pour le l'Ocidental en mal d'exotisme. C'est bien produit, le son est clair, les compos sonnent joli, mais au final la voix et ses arrangements de Wasis Diop me font plus penser à Bashung qu'à Omar Pene. Il semble capable d'une très belle musique, alors pourquoi ne le fait-il pas ? Parce qu'il est produit et mixé par des Parisiens ?
Ca me fait penser à un autre compositeur que j'aime beaucoup, Baaba Maal, capable du meilleur, un vrai novateur. De temps en temps il sort un CD "world", avec nappes de synthé, voix aériennes... qui rappellent moins les rues du pays que le studio d'enregistrement de Deep forest. C'est comparable.
Heureusement la voix de Wasis Diop est grave, profonde, et il sait en jouer. Elle rappelle celle d'un slameur, dakarois lui aussi, Souleymane Diamanka.
La maquette du CD "Judu Bek" est elle aussi dans la tendance "world" : photos tirées d'images familiales, anciennes, façon roots, bref dans l'air du temps depuis les expériences de Damon Albarn à Bamako. Déjà vu, folklore bon marché.
Dans l'ensemble, Judu bek ne m'a pas accroché.