Quatrième de couverture
César apparaît en réalité comme le plus souple et le plus vigoureux des démiurges politiques, celui qui, pour concilier la culture hellénistique et la discipline romaine, la domination d'un seul et la vitalité des, républiques municipales, l'annexion totale de l'Orient et l'assimilation des sujets du peuple-roi, sut accomplir la plus grande des révolutions de l'antiquité, une des plus efficaces de l'histoire. Il a créé les éléments féconds de cet « Empire H auquel les anciens durent plusieurs siècles de paix bienfaisante, et dont le souvenir, en bien comme en mal, pèse, depuis lors, sur le destin des hommes. Et de même que, s'il avait été jusqu'au bout de sa pensée, il eût, par sa franchise, doté ce régime de la stabilité qui manqua douloureusement au gouvernement de ses successeurs, il est probable que, par la netteté de la démarcation qu'il avait posée comme une digue entre sa dictature interne et sa royauté de l'extérieur, il aurait réussi, mieux que par l'habileté précaire des équivoques, à le prémunir contre les effets de l'orientalisation que le conquérant des Gaules avait prévue sans la vouloir.