Laura Veirs aurait débuté la musique presque par hasard en 1999 avec son premier album éponyme et auto-produit, seule avec sa guitare. 37 ans, 10 ans d'existence musicale, 7 albums et ce n'est pas tant le style mais les orchestrations qui ont profondément évoluées pour être plus riches, plus matures, la présence d'un quartette de cordes apportant son effet de surprise.
July's Flame ressemble en fait à une sorte de voyage initiatique au milieu des transformations printanières, évoquant la (re)naissance, la sortie de l'hibernation, les fraîcheurs matinales, la croissance, la fertilité, le calme et la sérénité et s'achevant dans la chaleur de l'été. L'album s'ouvre alors sur le bourgeonnant « I Can See Your Tracks » et se poursuit immédiatement dans la tiède floraison de « July's Flame » s'appuyant sur une ligne rythmique faisant l'analogie entre le battement sourd de notre cœur et la mise en mouvement de la sève.
Puis l'explosion d'images de la nature se poursuit, « Life Is Good Blues » sentant l'odeur de la pluie, le magnifique et transcendant « Little Deschutes » évoquant l'écoulement délicat et salvateur d'une rivière dans les sous-bois, puis remontant jusqu'à sa source, révélant l'euphorisant « Summer Is The Champion » qui donne le départ d'une éclatante profusion de couleurs en plein équinoxe et sonne le réveil total de cette nature assoiffée de soleil.
Laura poursuit donc, avec July's Flame, la route romantique sur laquelle elle s'est engagée et propose une œuvre très personnelle et introspective écrite avec une terrible élégance, la voix de Laura y étant pour beaucoup dans les combinaisons éthérées qu'elle induit ça et là. Cette inspiration est d'ailleurs très proche du magnifique Carbon Glacier (2004), l'écriture convoquant les mêmes esprits, de ceux qu'un Bon Iver avait déjà rencontrés dans le processus créatif de For Emma, Forever Ago (2008). L'ensemble pourrait alors faussement paraître simpliste tant l'écriture proposée parait évidente mais cette évidence n'est que le fruit d'un folk authentique sentant l'été et le camping familial, l'inspiration champêtre et le soleil qui se couche. La production est d'une propreté remarquable et ce disque enregistré dans un salon est un petit bijou dont l'éclat est de nature à produire une chaleur salvatrice en ce mois de février.