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5.0 étoiles sur 5
Le grand bond avant d'Orouni, 16 septembre 2008
On l'avait découvert il y a environ deux ans avec A Matter Of Scale, petit modèle d'album de pop de chambre encensé un peu partout sur la blogosphère. Orouni, c'était alors une voix mal assurée, la plupart du temps à peine sussurée, comme par crainte d'effrayer l'auditeur et des compositions folk aux charmes irrésistibles qui s'étaient invitées discrètement sur notre platine pour ne plus la quitter. Cet album, Orouni est allé le défendre en tournant sans relâche dans les bars de la capitale devant un public de plus en plus fidèle et nombreux, toujours surpris de ne jamais assister à la même prestation, en partie grâce à des amis se relayant sur scène pour faire de chaque concert un moment unique. C'est ainsi que les membres de Kawaï, Top Montagne, Milk & Fruit Juice, Michael Wookey, Les Indes Noires ou Mina Tindle ont participé à donner corps aux chansons d'Orouni sur scène et à faire que celles-ci ne s'enferment pas dans un état figé. Récemment on a même vu Orouni se produire en première partie de Toy Fight dans une véritable formation guitare/basse/batterie/claviers, donnant par là même une toute autre dimension à son univers musical. Un changement de palier confirmé par les nouvelles chansons jouées depuis quelques mois sur scène et réunies sur Jump Out The Window, son deuxième album, le premier à sortir sur l'excellent label MonsterK7. Le songwriting d'Orouni a désormais pris une envergure impressionnante, creusant le sillon d'une influence pop de plus en plus évidente. D'emblée la mélodie galopante de Panic At The Beehive confirme cette maturité dans l'écriture et la nouvelle assurance de son auteur, retournant les défauts de justesse inhérents à sa voix pour faire de celle-ci un véritable atout, aidé en cela par la voix féminine de Mlie sur une poignée de titres. La tonalité plus up-tempo des compositions est, elle aussi, nouvelle. A Story Of Ladder démarre ainsi sur un faux rythme pour finir dans une accélération électrique qu'on jurerait échappée d'une chanson des New Pornographers. A Greased & Golden Palm, probablement inspiré par la palme d'or cannoise de l'année dernière, place la barre très haut et prouve une fois de plus s'il était nécessaire qu'Orouni est doté d'un formidable talent de parolier. Quelques minutes plus tard, il se permet même de raviver le fantôme de Nick Drake, le temps de The Only Pictures I've Got, chanson aérienne et sublime de dépouillement où la voix d'Orouni, plus caressante que jamais, se faufile entre un filet de guitare et des arrangements de cordes somptueux. La reprise de The Perfume Conspiracy en duo avec Mina Tindle réussit le tour de force de surpasser la version originale présente sur A Matter Of Scale grâce à la complémentarité plus que parfaite des voix des deux protagonistes. Les guitares électriques sont à nouveau de sortie sur The Moneylenders et Open It In May où Orouni n'en finit pas de jouer les acrobates en enfilant les ruptures mélodiques avec une fluidité déconcertante. De mémoire récente, il faut se résoudre à franchir l'Atlantique, du côté des Shins ou Of Montreal pour trouver trace d'une telle aisance mélodique. Air Hostess On A Mission sous perfusion tropicalienne parvient à prolonger de façon miraculeuse les températures estivales tandis que The Tyrant's Yoke renferme une profusion d'idées mélodiques à faire pâlir plus d'un songwriter aguerri. Quand résonnent les derniers accords de Stomach Attack, on se dit que notre disque de l'année pourrait bien être, à notre grande surprise, un album autoproduit absolument épatant, symbole d'une scène pop parisienne en pleine effervescence. Un courant d'air frais inattendu souffle sur cette rentrée musicale : Orouni vient d'ouvrir les fenêtres.
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excellent disque, 15 septembre 2008
"Jump Out The Window", le brillant deuxième album d'Orouni est annoncé avec sa livraison estivale de pop songs modernes matinées de folk dans une formule personnelle - un parfait remède à la rentrée qui se profile. Encensé sur ce site "A Matter Of Scale", son premier CD n'a rien perdu de ses qualités mais force est de constater que Rémi alias Orouni et son groupe ont encore peaufiné leur songwriting et la réalisation. Ca va être dur de trouver des synonymes plus élogieux. On sent une plus grande affirmation, le tempo s'accélère régulièrement sans aucunement abandonner le côté folk délicat. Cette évolution est aussi sensible du côté des voix. On retrouve une nouvelle version de "The Perfume Conspiracy" avec le renfort de Mina Tindle au chant, et de Mlie sur "Open It In May" et quelques autres. Le résultat est splendide évidemment et se prolonge sur scène à l'occasion, des invitées apportant de plus en plus régulièrement leur renfort vocal. Comment rester indifférent à "A Greased & Golden Palm" et à sa suavité, son intemporalité et son évidence ? C'est sans doute ma préférée de l'album. Déjà interprétés pour la plupart d'entre eux dans de multiples lieux, dans des configurations de groupe différentes en fonction des disponibilités de ses musiciens, ces morceaux font mouche à chaque fois. Pour ce disque, l'instrumentation s'est encore élargie, notamment avec un omnicord - sorte de harpe électronique qu'on retrouve sur scène depuis longtemps. Sinon la guitare, des claviers, une basse, des percussions, métallophone, violoncelle sont toujours là. Figure montante d'une certaine scène parallèle parisienne hyperactive, la musique d'Orouni passe aussi toutes les frontières et a rencontré des afficionados déjà dans plusieurs pays - en témoignent des morceaux parus sur diverses compilations ainsi que des interviews un peu partout. C'est aussi une nouvelle recrue du label MONSTERK7 même s'il sort un CD et qu'on le retrouve à de nombreux événements du label - aussi bien côté scène que public ou guest de choix de nombreux autres groupes amis. On retrouve parfois une atmosphère comparable avec le très convaincant "A Place Where We Could Go" du jeune californien Jeremy Jay et les nostalgiques de Belle & Sebastian ne peuvent que se précipiter sur ce disque.
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5.0 étoiles sur 5
Viva Orouni!, 14 septembre 2008
Aux collègues qui vous feront part de leur désespoir de voir la rentrée arriver, vous pourrez leur rétorquer que d'accord, le boulot a repris, mais que le nouvel Orouni est enfin arrivé (et là, le petit moment de flottement dans leurs yeux, mais de quoi il me parle celui-là). C'est en effet au mois de septembre que le parisien Orouni fait son retour avec un deuxième album, deux ans après 'A Matter Of Scale', petite merveille de folk lo-fi à base de guitare, piano et voix murmurée. On l'avait pressenti à l'écoute des quelques morceaux apparus au fil des mois l'an dernier et au début de cette année: Orouni a basculé du côté pop de la force. Sentiment confirmé par le premier titre 'Panic At The Beehive': la voix est beaucoup plus assurée, le son est plus riche, plus étoffé, la voix féminine apporte un atout supplémentaire (Mlie sur quatre titres et Mina Tindle sur un). Dès le premier titre, c'est un grand coup de pied dans la ruche! Désormais ce n'est plus guitare ou clavier/piano, mais les deux en même temps, avec la guitare électrique qui vient en plus pour emballer les morceaux ('The Moneylenders' ou 'A Story Of Ladder' et sa superbe cavalcade finale; chaque morceau dévoilant d'ailleurs toujours une surprise à la fin). Les ambiances sont bien plus variées: sur 'A Greased & Golden Palm', les voix de Mlie et Orouni s'enchevêtrent sur la fin, alors que celle d'Orouni est plus sensuelle (soyons fous) que jamais sur les couplets. Orouni s'essaye à la pop de chambre avec l'aide d'Emma au violoncelle sur 'The Only Pictures I've Got', et 'The Perfume Conspiracy', ballade dépouillée au piano sur le premier album, se métamorphose en titre pop grâce à des carillons et à la voix chaude de Mina Tindle. Ambiance samba sur la fin de l'album avec 'The Tyrant's Yoke' (un peu) et 'Air Hostess On A Mission' (surtout), mission bronzage sur les plages brésiliennes au son de l'orchestre du bar. Un final en beauté, remède absolu à tout mal de crâne ou aigreur d'estomac ('Stomach Attack'). La jeune pousse a bien grandi et nous dévoile tous ses pétales sur ce joli deuxième effort. Vivement la suite!
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