Présentation de l'éditeur
" Justice ta mère ! " Telle est l'apostrophe trop souvent entendue par ce magistrat qui préside le tribunal pour enfants de Bobigny. Pourtant, au-delà du style et des mots utilisés par certains jeunes, la délinquance des mineurs, si elle témoigne d'un certain désarroi du monde judiciaire et policier, est également un constat d'échec pour notre société. Celle-ci ne saurait se discipliner à l'aide des seules lois : d'autres normes de comportement, qui prennent corps dans la cellule familiale et le milieu scolaire, ne sont plus respectées. Pour qui s'efforce de répondre au malaise d'une certaine jeunesse, une réflexion sur les institutions et les lois est plus que jamais nécessaire. Il ne s'agit pas ici d'excuser les comportements violents ni de faire preuve de négligence coupable. La sanction est le pendant naturel de l'administration d'une bonne justice. Si ce débat n'est pas nouveau, il se pose aujourd'hui de façon plus aiguë que naguère. Nombreux sont ceux qui prétendent détenir des recettes miracles pour tenter de circonscrire ce phénomène. L'auteur a choisi de restituer la parole de certains de ces jeunes. Tantôt naïves, tantôt provocantes, leurs interrogations permettent de prendre la pleine mesure de la distance qui sépare juges et justiciables. Jean-Pierre Rosenczveig répond à chacune de leurs questions - plus de deux cents - qui évoquent tour à tour les rapports entre jeunes et policiers, jeunes et enseignants, parents et enfants.
Quatrième de couverture
"Justice, ta mère" "Tous des pourris." Telles sont les apostrophes trop souvent entendues par ce magistrat, qui préside le tribunal pour enfants de Bobigny. Pourtant, au-delà du style et du vocabulaire utilisé par certains jeunes, la délinquance des mineurs constitue un constat d'échec cruel pour notre société. C'est peu de dire que de nombreux jeunes vivant dans les banlieues difficiles ne croient plus dans les institutions de la République : ils doutent que la loi, la police, les juges incarnent un idéal de justice. La famille, l'école n'ont guère plus de crédit à leurs yeux. Seules deux choses comptent : être fort et "avoir de la tune". Cependant, ils ne sont dépourvus ni de qualités, ni d'énergie, ni de compétences. A nous de les mobiliser en renouant un dialogue en passe de se rompre. En restituant la parole à ces jeunes qu'il côtoie en qualité de juge et de militant, Jean-Pierre Rosenczveig nous fait prendre conscience que leurs interpellations, tantôt naïves, tantôt provocantes, souvent violentes, trahissent une réelle méconnaissance de la loi mais, souvent, un sens profond de la justice. II a choisi de répondre à chacune d'elles - plus de deux cents, au total qui évoquent tour à tour les rapports entre ces jeunes et la police, la justice, la famille, l'école et, plus généralement, la société. II privilégie le discours simple et direct, loin de toute langue de bois et de la dissertation savante et lisse du juriste. Son témoignage n'en est que plus fort et authentique.