Le premier album de Justice fut sans nul doute l’un des plus attendus dans l’industrie du disque dans l’année 2007. Les deux jeunes
Frenchies ont tellement marqué le monde des DJ à coups de remixes insolents mais terriblement efficaces, que cet album à l’emblème chrétien a pris des airs de bénédiction dans le domaine électronique.
La galette, noire et baroque, annonce une douceur sombre et un son mystique. Le bal des ténèbres s’ouvre sur un
« Genesis » terrifiant au son funk house, l’influence de leurs confrères Daft Punk y est légèrement percevable. Du piano, des tirs d’armes spatiales… Bienvenue sur la planète Justice.
« Let There Be Light » reprend le flambeau avec ses percussions acides, un son quelque peu rétro qui ressemble à une musique de film d’horreur en version accélérée. Surgit alors le terrible
« D.A.N.C.E. » comme un Ovni dansant sur la bande-son avec ses petites voix enfantines qui nous somment de danser.
« Waters of Nazareth », plus sombre, a des sonorités quasi-religieuses. Ce façonnage électro-mystique ne représente-t-il pas l’avènement d’un disco moderne ?
Percutant, magnifiquement abouti,
† (
Cross) enchaîne les petites bombes brassant disco, funk, house et même pop (
« DVNO »,
« Stress » dont les samples croisent
Une Nuit sur le mont chauve version disco et Devo) et joue avec les nerfs de ses auditeurs avec des syncopes à profusion.
« Onne Minute to Midnight » est une battaille entre Jean-Michel Jarre et John Carpenter (décrite par Xavier de Rosnay comme une « symphonie pour synthétiseur ») et clôture l’album de façon grandiose. Un disque qui n’arrivera pas à décevoir les fans des remixes de la première heure du duo Justice.
Carole Le Bras - Copyright 2012 Music Story