Etant comme beaucoup fan de Kaamelott depuis le début, je ne peux que trop mal comprendre ceux qui semblent simplement être passés à coté de toute la quintessence de la série, considérant que l'humour était son seul intérêt, ce qui s'avère être un jugement rabaissant voire presque insultant envers cette oeuvre.
Jouant le rôle de genèse dans la chronologie, cette saison retrace la jeunesse d'Arthur à Rome jusqu'à sa prise de pouvoir en Bretagne par Excalibur. L'on y apprend la cause d'un grand nombre de faits présents dans les autres Livres, et Alexandre Astier, non sans une certaine habileté dont lui seul a le secret, s'amuse ainsi à jongler entre différents détails de la trame, tantôt cruciaux, tantôt moins importants (bien que tout aussi jouissifs pour celui qui fait le rapprochement nécessaire) pour ainsi permettre au spectateur de poser une explication sur bien des choses présentes dans ce nouvel univers Arthurien construit au cour des premières saisons. Suivant les dignes traces du Livre V aux allures de comédie dramatique, l'humour se fait plus discret et plus subtil au profit d'articulations scénaristiques simplement géniales, de décors pleins de charmes, d'une approche intéressante de la légende, et enfin de scènes lyriques atteignant parfois une véritable poésie cinématographique par leur intensité et leur profondeur (cf. le dernier épisode, sans doute le plus intense de tous), accompagnées d'une bande-son d'une qualité digne de son compositeur et de références tant cinématographiques que littéraires et folkloriques. A côté d'une si belle prestation, l'humour présent est presque dérangeant car réduisant la puissance de certaines tirades. On se régale malgré tout toujours autant des mots d'esprits et autres répliques cinglantes Made In Astier qui, bien que plus rares, nous rappellent que le talent de leur auteur est toujours au rendez-vous...
Mais le réel intérêt (de cette saison comme des autres) ainsi que ce qui fait tout l'unicité et le génie de Kaamelott est, a toujours été, et restera toujours le remaniement de la légende des Chevaliers de la Table Ronde, de son histoire, de son déroulement et de ses personnages. L'humour n'est qu'une conséquence de tout cela. Voilà pourquoi le considérer comme primordial et déplorer son absence apparente, c'est ne pas comprendre la série.
Ce sera donc un sans faute pour ma part. Kaamelott n'a cessé de s'améliorer depuis ses débuts et continue de le faire avec ce dernier livre. En attente du film prévu dans quelques années...