2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
A réhabiliter... notamment pour le duo Ferras-Karajan, 19 décembre 2011
Bon, faisons le bilan de ce qui pourrait justifier le 4* que je décerne à ce coffret du legs consacré à Tchaïkovski des années 60-70 par le Maestro autrichien, Richter, Ferras et Rostropovitch. Oui, les 3 dernières symphonies par Mravinsky avec l'orchestre de Leningrad sont et restent d'une folie renversante. Oui, il manque des poèmes symphoniques comme Francesca da Rimini ou la Tempête et aussi la symphonie à programme Manfred. Oui, chaque année, un ou deux enregistrements des concertos viennent s'ajouter sur la pile, souvent temporairement, parfois en renouvelant le genre. Personnellement la dernière mouture de Laurent Korcia ne m'a guère séduit, mais on ne peut vraiment pas reprocher à ce grand violoniste une approche moderne, débridée, de feu et de glace dans ce disque qui devrait faire date. Je me dois d'essayer d'être objectif.
Après cette introduction destinée aux mélomanes un rien fondamentalistes, oh ça m'arrive... que reste-t-il ? Beaucoup !
Déjà, les symphonies gravées dans les années 60 pour les trois dernières, 70 pour les premières. Karajan confiait au disque stéréo sa vision de ce monument orchestral. Plus instinctif que dans les ré-enregistrements ultérieurs, le maestro autrichien délaisse la Germanie pour la passion slave. Il est important de noter que la prise de son du phonogénique philarmonique de Berlin est particulièrement équilibrée dans cette série de gravures.
Même la troisième symphonie, la plus faible voire ennuyeuse, retrouve des couleurs émouvantes grâce à des dialogues de bois et cuivres concertants car parfaitement contrôlés dans l'andante central. Je redécouvre avec plus de mansuétude cet opus dans lequel il semble que le compositeur ait voulu écrire de manière chambriste pour grand orchestre (Scherzo).Karajan avait une affinité pour la musique russe (n'a-t-il pas signé des versions de références pour la 5ème de Prokofiev et la 10ème de Chostakovitch?). Les 3 dernières sont magnifiées par cet orchestre magique et cette direction précise et épicurienne. L'introduction des cuivres dans la 4ème jaillit du tréfonds de l'âme russe. Le surnom de "pathétique" trouve sa justification dans le final adagio-andante de la 6ème. On pourrait préférer plus de nerf comme chez Marvinsky, mais quel chant langoureux des cordes !
Karajan et Ferras constituaient un duo magique dans les grands concertos classiques. Dans leur réédition dans la collection "double", on ne trouvait que Brahms, Beethoven et Sibelius ! La merveilleuse et franche interprétation des deux compères se trouvent cachée dans ce coffret. La ligne de chant est d'une pureté inégalable, pas de vibrato inutiles, le geste est à la fois carré et romantique. Le final est abordé avec alacrité et vigueur mais sans dérivé vers des travers "paganinien", tendance à la mode. Quant à Richter au clavier, entouré des cordes de Berlin, un touché dru et expressif, un piano très présent, je n'écris même pas que nous sommes au sommet, c'est une évidence.
Les suites extraites des balais sont de bon aloi et résistent sans faille à la concurrence. Certes, on trouvera de-ci de-là quelques effets faciles, dans le Cappricio italien, l'ouverture de 1812 avec le ch½ur des cosaques du Don, si si. De vous à moi, ces ½uvres n'ont guère besoin de métaphysique et complètent allègrement les faces...
Je résume : vous cherchez une quasi intégrale Tchaïkovski pour un prix modestes (- 4 ¤ le CD) mais de bon niveau pour découvrir. Karajan, indépendamment des cancans sur le personnage hédoniste, vous a séduit dans votre vie de mélomane. Dans les deux cas, ce coffret est pour vous !
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non