26 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
La Suite des enquêtes de "Providence", 4 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Katiba (Broché)
Une katiba est un nom bien poétique pour une réalité qui l''est beaucoup moins, puisqu''il s''agit d''un camp d''entrainement mobile pour combattants jihadistes situé en Afrique du Nord.
Jean-Christophe Rufin, dont le dernier roman ("Le Parfum d''Adam") nous avait entraîné à la poursuite de dangereux éco-terroristes, se lance ici dans un domaine qui devient très à la mode dans la littérature de ces dernières années: le terrorisme islamiste. On retrouve '"Providence"', service de renseignements privé mené par Archie, un James Bond vieillissant plus a l''aise à diriger depuis un bureau que sur le terrain.
Comme dans "Le Parfum d''Adam", un jeune médecin (mais pas le même que dans son roman précédent, celui-ci se nomme Dimitri), est envoyé sur le terrain pour s''infiltrer auprès de médecins mauritaniens de Nouakchott afin de les espionner et de rapporter toute activité suspecte. Jean-Christophe Rufin s''inspire de sa propre expérience, puisque lui-même a travaillé, non seulement dans l''humanitaire, mais aussi pour les services secrets. Il aurait, paraît-il (d''après le numéro de "Lire" de mai 2010), aidé la DGSE à traquer les hommes d''al-Quaida après l''assassinat de ressortissants français en Mauritanie.
Mais le personnage clé de cette histoire, c''est Jasmine, une jeune veuve de diplomate français qui se rend en Mauritanie, en plein coeur du désert, pour rencontrer Kader, un trafiquant qui assure la protection des voyageurs et habitants du désert contre finances. Kader entretient aussi des amitiés avec les membres d''une katiba...' Qui est donc Jasmine, partagée entre deux cultures, entre deux mondes totalement incompatibles, et quelles sont ses motivations? C''est ce que le roman va nous apprendre'...
Un peu comme avec Jean-Christophe Grangé, avec Jean-Christophe Rufin, on a l''impression d''être entre les mains de quelqu''un qui domine bien son sujet, et on se laisse mener en toute confiance d''un bout à l''autre de la planète, admirant les connaissances géopolitiques de l''auteur. Il ne faut pas lire Rufin pour son style, quelconque, (il se revendique d''ailleurs comme un storyteller dans la lignée d'Alexandre Dumas) mais on passe un bon moment avec ce thriller rondement mené et plutôt satisfaisant, même si l''héroïne du "Parfum d''Adam", Juliette, était un personnage un peu mieux travaillé que celui de Jasmine, qui finalement nous reste assez lointain'e...
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35 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Décevant, 30 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Katiba (Broché)
Ici on attend la « touche » Rufin, celle d'un auteur qui ne se limite pas à son imaginaire mais alimente ses écrits d'une expérience singulière et variée qu'il sait à la fois transmettre et surtout interpréter pour sortir des stéréotypes habituels. Si ceci nous rend plus exigeants qu'ailleurs nous accordons en revanche à l'auteur un capital de confiance qui nous persuade que si l'histoire semble banale et laisse très vite percer son dénouement il ne peut s'agir que d'un leurre destiné à nous égarer pour mieux nous surprendre en fin de parcours. Malheureusement il n'en sera rien et seule la déception nous attend en bout de course.
Ceci est d'autant moins compréhensible que l'auteur s'attaque à un sujet plus qu'usé en tentant une archéologie des motivations qui portent un jour des individus coincés entre deux cultures à opter par dépit, désillusion, ranc½ur ou illumination pour la voie du terrorisme. En conséquence il se doit d'apporter du neuf ne serait-ce que pour éviter de transformer son histoire en collection de clichés tels que l'arabe sournois et traitre, l'illuminé bio-dégradable à merci, le naïf de service utilisé par les machiavels d'un Big-Brother privatisé pour laisser le soin à l'américain made en ploucland mais mandaté CIA de venir sauver ces has-been de frenchies tout juste bons dans l'art de la courbette ( ou des salamalec pour rester dans le ton) and so on...
Mais on reste très loin du
Le parfum d'Adam qui reposait sur un problème de fond. Pire encore à cette absence d'ossature se greffe une certaine inconsistance des personnages aux dialogues convenus et qui frisent parfois la caricature. Ainsi l'héroïne centrale, Jasmine, sur laquelle l'auteur compte four faire émerger la complexité de son drame ne parvient qu'à donner une image d'incohérence et d'approximation.
Alors ou j'ai raté le panneau ou véritablement Rufin a raté sa mayonnaise, dommage car comme il l'a souvent démontré, il a les moyens et la compétence de faire mieux. Décevant !
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Très très moyen, 28 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Katiba (Broché)
Très déçu par ce roman, le premier que je lis de Rufin. Le style d'écriture est d'une platitude incroyable et l'intrigue simpliste. Je n'ai pas du tout été pris par l'histoire, sauf peut-être le dernier chapitre, nerveux et rythmé, qui mène vers le dénouement qui est pourtant tout sauf surprenant. On a plus l'impression d'être en présence d'un scénario pour un énième film américain d'espionnage que l'on regarderait d'un air distrait à la télévision un dimanche soir que d'un objet littéraire. Après avoir tellement entendu, et vu, parler de cet auteur, ma déception est vraiment très vive. A lire les autres commentaires, je retenterais peut-être ma chance avec Rufin sur un autre roman mais celui-ci est tout à fait évitable.
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