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Parmi l'incroyabe papardelle de groupes en "The" célébrant un certain retour du rock'n'roll (The Libertines, The Strokes, The Vines, etc. : la liste est longue !) qui sévissent à l'aube des années 00, The Kills est un des plus convaincants. Anglo-américain, ce duo a été mis sur pied par un couple (un vrai ici, et non un frère et sa sur comme avec les White Stripes qu'ils évoquent d'ailleurs), Jamie Hince et Alison Mosshart qui se dissimulent respectivement sous les pseudos VV et Hotel. C'est tout pour leur maigre curriculum sans importance (qui n'exclut cependant pas une longue expérience des clubs obscurs), la force de ce premier jet étant à chercher du côté de sa spontanéité, d'un son crade, d'une poignée de brûlots sans concession qui tient plus de la démo underground que d'autre chose – la pose par exemple. Surtout, à l'écoute de
Keep You On The Main Side, on pensera à d'autres couples célèbres, de Royal Trux aux Cramps. Quant à VV, sa hargne évoque celle de PJ Harvey à l'époque de
Rid Of Me.
--Hervé Comte
Critique
Même à une époque où la débauche de moyens en studio n’est plus vraiment une règle d’or, les Kills cultivent le minimalisme. En apparence austère,
Keep On Your Mean Side est tout à fait rafraîchissant, avec son blues punk dépouillé, s’appuyant sur une boîte à rythmes, la passionaria Alison « VV » Mosshart chante et joue un peu de guitare, tandis que le ténébreux Jamie « Hotel » Hince se charge avec brio de tout le reste (il chante aussi, faisant surtout les chœurs).
Leur goût prononcé pour la provocation et le scandale transparaît dans toutes les compositions. Ainsi de
« Fried My Little Brains » et
« Monkey 23 » – qui ne parlent certainement pas de la consommation quotidienne des caramels mous –,
« Kissy Kissy » et ses paroles très sexuelles ou encore
« Fuck The People » au rythme tribal, apparemment inspirée par l’affaire Rey-Maupin. Ladite affaire paraît vraiment à l’origine même de leur démarche si l’on en juge par la couverture de l’album, avec les photomatons et empreintes digitales apparaissant sur ce qui ressemble à s’y méprendre à un (faux) casier judiciaire.
Mais, comme pour les deux amants diaboliques, on préfère retenir le côté romantique de cette affaire, la complicité et la tendresse évidentes qui unissent ces deux musiciens de talent et qui donnent un résultat passionnant.
Frédéric Régent - Copyright 2012 Music Story