Le commentaire de Jean Pierre est excellent, et il serait inutile de le reprendre, pour décrire ce CD live des MC5. je souhaitais seulement apporter deux ou trois avis en plus. D'abord, la surprise d'entendre, dès 1968, un boucan pareil, un tel déchaînement d'énergie et de violence. Les conseils avisés du grand gourou John Sinclair y sont pour beaucoup, lui qui avait tout compris du marketing, avant même que ce mot existe ! Les White Panthers, étaient tout de même une vaste plaisanterie, une provocation destinée à faire venir le public. Les musiciens du groupe, eux, assomés par la dope, se laissaient mener sans trop rien dire... Malcom Mc Laren, reprendra ce filon avec les Sex Pistols, quelques années après...Je n'ai pas la version japonaise, mais simplement française, du disque. Et le son est tout de même très moyen. Cela gâche un peu les choses, notamment sur le "Starship", magma sonore très influencé par les délires de Jim Morrison, un des pères spirituels du mouvement punk rock de la côte Est. Ce disque reste en tout cas un témoignage incontournable de ce qui se tramait dans ces années là du coté de Détroit, et qui allait changer radicalement la scène musicale dans les années à venir.
MA REPONSE A SIRIUS 1917 :
Il ne me semble pas avoir dit du mal de ce disque, ni réduit son influence et celle de MC5 sur dans l'histoire du rock' n' roll. Il faut parfois se méfier des grandes légendes qui entourent les groupes de rock. La réalité est souvent plus terre à terre. Je persiste et je signe donc, en me fondant sur l'excellent livre "Please kill me" de Legs Mc Neil, l'histoire du punk raconté par ceux qui l'ont crée. Oui, les Doors sont une influence pour des groupes comme MC5 ou Les Stooges, moins pour la musique en elle-même que pour l'attitude et les provocations scéniques de Morrison. Danny Fields, manager des Stooges puis des Ramones, a fait signer The Stooges et MC5 chez Electra Record, c'était la maison de disques des Doors. Field a encouragé Pop à voir les Doors sur scène. Iggy Pop avoue avoir pris la claque de sa vie devant le phénomène Morrison. Il faut comprendre que tous ces types se croisaient, se connaissaient, s'influençaient... Morrison était pote avec Wayne Kramer. L'idylle fabriquée (mais réelle) entre Morrison et Nico du Velvet Underground, qui sortait aussi avec Dylan... En matière de musique pop, rien ne se crée... tout se transforme ! Sur la côte Est, à Detroit ou New York, d'autres influences ont servi ces groupes, comme le Velvet Underground, les poètes gauchistes, les spectacles travestis, le monde des paillettes... car au risque d'en faire hurler certains, le mouvement punk doit beaucoup au glam rock, aux paillettes et talons haut ! Iggy Pop adorait chanter en nuisette de soie, les MC5, les NY Dools, jouaient maquillés, avec des paillettes aux yeux... Il serait réducteur, voire idiot, de penser que le punk-rock est né des concerts des MC5. Ce mouvement est le résultat d'un bouillonnement artistique, musical, protestataire qui inclut nombres de groupes.
Oui John Sinclair, manager, producteur, a entraîné son monde dans ses délires phylosophico-politiques (le terme "gourou" n'est pas si loin de la réalité dans ce cas précis). Oui les "White Panthers" étaient une provocation, une parodie des "Blacks panthers". Les Mc5 étaient des mecs de 20 piges défonçés à longueur de journée, qui ne s'intéressaient qu'à brailler sur scène, rouler à 200 km/h et sauter des filles ! Tu parles d'un programme politique ! Les orgies post-concert dont parlent Sirius ne prouvent rien du tout : c'est ainsi que se terminaient TOUS les concerts de rock dans ces années-là, la politique n'a rien à y voir ! Dans le genre, les 4 de Led Zep n'étaient pas mal non plus ! Ce n'étaient pas des politicards, mais des rock star ! Elvis, Bowie, Tom Jones, même Sinatra, ont donné là dedans ! Par contre c'est vrai qu'un Mac Laren (manager et relookeur des New York Dolls avant de s'occuper des Sex Pistols) était sans doute plus opportuniste que Sinclair, mais ils étaient rivaux, et prêt à tout pour coiffer l'autre sur le poteau, à qui irait le plus loin, qui aurait la plus mauvaise presse !
Reportez-vous au livre que j'ai cité, vous verrez que le mythe en prend un sacré coup. Comme on l'entend dans le film "L'Homme qui tua Liberty Valence" : quand la légende est plus belle que l'Histoire, on préfère imprimer la légende"...