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LE GANG DES SAIGNEURS (*), 30 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Killers (CD)
Ce deuxième album d'Iron Maiden est certainement le plus sauvage, le plus violent et le plus saignant (comme le montre la pochette) que le groupe nous ait offert.
Jamais par la suite la Vièrge de Fer ne nous offrira une telle orgie de hard rock salvateur, un tel déluge de fer et de feu rendu encore plus impitoyable par la production de Martin Birch qui pris dès lors le groupe en main.
Un album torride qui doit plus à Aerosmith qu'à Deep Purple, un carnage sonore digne des début du heavy metal, un disque éruptif et sans concession qui va influencer les tous jeunes James Hetfield, David Mustaine et Kerry King (**) qui vont vite retenir la leçon, eux qui avaient déjà été traumatisés par le terrible "Prowler".
Comment en effet ne pas succomber aux diaboliques "Wrathchild", "Killers, "Innocent Exile" et autres "Murder in the Rue Morgue", ritournelles sanglantes orchestrées par la basse galopante de Steve Harris et les guitares enflammées d'un duo qui nous enchantera pendant dix ans : Dave Murray et Adrain Smith.
Là dessus la voix tranchante de Paul Di Anno fait merveille, hargneuse à souhait.
Mais cet album ne serait pas ce qu'il est sans la superbe ballade "Prodigal Son" et surtout l'infernal "Purgatory", pièce à tiroirs en 3 actes qui doit autant à Yes qu'à Black Sabbath, portée à bout de bras par le style en raffales de Clive Burr, digne émule de Ian Paice de Deep Purple.
Killers fut salué à sa sortie comme un chef d'oeuvre, trente ans après il n'a rien perdu de sa fraicheur ni de sa faconde fureur.
Aussi fondamental que "In Rock" ou le deuxième Led Zeppelin, il devrait être enseigné dans les écoles de musique !
(*) rendons à César ce qui appartient à César, c'est le titre que maitre Hervé Picart a donné à sa critique en 1982.
(**) respectivement guitaristes fondateurs de Metallica, Megadeth et Slayer.
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5.0 étoiles sur 5
Tueur !!, 20 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Killers (CD)
Second album studio d'Iron Maiden, Killers date de 1981, et est le premier album avec le guitariste Adrian Smith. C'est aussi le dernier album avec le chanteur Paul Di'Anno. Et c'est aussi un des albums les plus essentiels, réussis, violents et aboutis du groupe. 10 titres (11 pour le CD, qui rajoute Twilight Zone, single, en dixième position sur l'album) pour un album oscillant totalement entre énergie punk et furie heavy metal. Car c'est un fait, la voix de Di'Anno, rauque, violente, cassée, est totalement punk. Et le rythme de ce disque, souvent, est plus punk que metal. Dès l'album suivant (The Number Of The Beast, avec Bruce Dickinson), le coté punk disparaîtra.
L'album est presque un album-concept sur la mort violente, le sang. Le morceau d'ouverture est The Ides Of March, un court instrumental martial et dantesque, dont le titre fait allusion à la mort par assassinat de Jules César. Le morceau se fond dans Wrathchild, chanson mythique qui fait toujours partie des chansons indispensables à tout concert de Maiden qui se respecte. La chanson, courte elle aussi (pas mal des titres de l'album sont d'une durée entre 3 et 4 minutes), parle d'un jeune homme à la recherche d'un père qu'il n'a jamais vu, et à qui il n'a pas forcément envie de dire et de faire de jolies choses...Going to find my man, gonna travel 'round/Cause I'm a wrathchild/I'm coming to get you !
Murders In The Rue Morgue est bien évidemment une allusion à la fameuse nouvelle du même nom d'Edgar Allan Poe, considérée comme la première histoire policière de la littérature. L'histoire d'un homme accusé d'être un double meurtrier (l'histoire, donc, diffère totalement de celle de la nouvelle), et on le soupçonne vraiment d'en être un. Another Life, et son rythme tribal, ses paroles répétées trois fois, parle d'un homme s'apprêtant à se suicider (I'm so tired of living, I might as well end today). Genghis Khan est un autre instrumental (Killers est l'album du groupe à posséder le plus de titres instrumentaux : deux), tribal et grandiose (la fin). Innocent Exile parle d'un homme en cavale, accusé de meurtre. Comme pour Murders In The Rue Morgue, sauf que là, le mec en question est vraiment innocent. La ligne de basse, sur ce titre, est terrible, et le hurlement final de Di'Anno (LORD ! I'M RUNNING !!) aussi.
Killers ouvre la face B sur une note évidente. Pas trop besoin de dire de quoi parle ce morceau d'enfer, à l'intro mythique, et à l'énergie totalement punk. Un tueur suit sa future victime, et se la fait ,tranquille. A mettre en parallèle avec la cultissime pochette montrant un Eddie sanguinaire et punk, hache sanglante en pogne, main de sa victime encore accrochée au t-shirt...La classe mondiale pour Eddie, qui ne sera jamais plus aussi agressif sur une pochette du groupe.
Prodigal Son est une tuerie, 6 minutes magnifiques (solo de guitare à pleurer), pour un titre semi-acoustique et calme, parlant d'un homme ayant merdé sa vie, et s'en remettant à la lamia (sorcière reptilienne, sorte de gorgone) pour s'en sortir. Le meilleur morceau de l'album, et un des plus beaux morceaux de l'histoire d'Iron Maiden. Immédiatement suivi par le très punk Purgatory, qui est de loin le titre le moins bon de l'album (très énervant, surtout le refrain, Pleaaaase take me awayyyy, take me awaaaaayyy), malgré sa grandiose intro. Puis (sur le CD), Twilight Zone, single absent du vinyle, chanson courte et grandiose sur une homme décédé revenant hanter sa promise tous les soirs, et lui promettant que, tôt ou tard, elle finira bien par le rejoindre...Ooooooooooh, I'm crying, Ooooooooh deep inside me, Ooooooooh Can you hear me ? Oooohoooohooooh Can you see me ? Drifter achève l'album sur une note, là aussi, décevante, comme pour Purgatory donc. Mais là, l'intro est assez moche, c'est surtout la fin qui déchire grave.
En résumé, on tient ici un album mythique. Il ne sera pas un très gros succès, et sera un peu attaqué par les critiques de l'époque. Peu après la sortie de l'album, Di'Anno est viré, pour problèmes de drogue et d'alcool, et Dickinson fera son entrée, pour 10 ans (et il est de retour depuis 2000), dans le groupe. Et à partir de là, le groupe deviendra tout simplement énorme.
Mais Killers restera à vie un de leurs sommets absolus. Agressif, virulent.
Punk.
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