Killing Joke

Top albums (Voir les 78)


CD: €10.00  |  MP3: €9.99
CD: €11.55  |  MP3: €9.99
CD: €9.15  |  MP3: €10.99
CD: €12.57  |  MP3: €6.99
CD: €12.35  |  MP3: €8.99
CD: €9.46  |  MP3: €5.99
CD: €13.63  |  MP3: €13.99
CD: €8.99  |  MP3: €8.99
CD: €18.59  |  MP3: €9.99
Voir les 78 albums de Killing Joke

Killing Joke : top des titres
Trier par:
Meilleures ventes
1-10 of 455
Titre Album  
30
30
30
30
30
30
30
30
30
30

Image de Killing Joke

Dernier Tweet


Biographie

La légende veut que Killing Joke soit né d'une rencontre dans une file d'attente de l'agence britannique pour la recherche d'emploi à la fin de l'année 1978 : de là va naître une musique que Jeremy « Jaz » Coleman et Paul Ferguson décriront comme « the sound of the earth vomiting » (le son que ferait la Terre en vomissant). Pour donner corps à leurs idées, ils passent une annonce dans le journal musical Melody Maker et recrutent le guitariste Kenneth « Geordie » Walker et Martin « Youth » Glover. Le groupe tient son nom d'une expression britannique faisant référence à une situation ou un ... Lire la suite

La légende veut que Killing Joke soit né d'une rencontre dans une file d'attente de l'agence britannique pour la recherche d'emploi à la fin de l'année 1978 : de là va naître une musique que Jeremy « Jaz » Coleman et Paul Ferguson décriront comme « the sound of the earth vomiting » (le son que ferait la Terre en vomissant). Pour donner corps à leurs idées, ils passent une annonce dans le journal musical Melody Maker et recrutent le guitariste Kenneth « Geordie » Walker et Martin « Youth » Glover. Le groupe tient son nom d'une expression britannique faisant référence à une situation ou un événement paradoxal, ironique.

Ces quatre anglais se mettent alors à l'écriture et tournent dans plusieurs petites salles où ils commencent à acquérir une solide réputation. L'enregistrement d'un premier single « Turn to Red » leur permet d'attirer l'attention de John Peel et de signer avec Island Records. Killing Joke, leur premier album, propose un univers musical saturé de nombreuses sonorités électroniques, de batteries tribales, de basses syncopées et d'un son de guitare unique à l'époque. Sur scène, Jaz Coleman apparaît le visage couvert de peintures, hurlant et annonçant la fin du monde (une de ses spécialités).

Le groupe façonne son propre son avec la sortie de What's THIS for (fin 1981) puis de Revelations (1982). Mais, plongé dans l'incertitude quant à la direction musicale du groupe, et suite à la disparition temporaire de Jaz Coleman, Killing Joke se sépare. Le trio Coleman, Walter et Ferguson se reforme au bout de quelques mois et accueille Paul Raven, bassiste que Paul Ferguson ramène de son expérience avec Youth, le groupe Brilliant.

Le nouveau Killing Joke amorce dès lors un virage sujet à controverse avec Fire Dances (1983), présentant des styles musicaux plus variés. Mais le véritable tournant du groupe est pris avec Night time (1984), enregistré à Berlin, qui comprend le single « Love like blood » (Top 20 des charts UK). Cet album a la particularité de sonner très pop, avec une batterie basique surfant sur la vague électro-body-music, des mélodies muées en ritournelles perpétuellement mièvres. Adieu donc au coté percutant et violent, Killing Joke perd même une partie de son public au profit de fans de The Cure ou Depeche Mode.

Toutefois Night Time reste un succès commercial et l'un des albums les plus importants de Killing Joke, sur cette lancée le groupe sort l'année suivante Brighter than a thousand suns, toujours très pop et sur fond de cold-wave givrée dans la mouvance de l'époque.

Ce succès de tardera pas néanmoins à s'effriter, car pendant l'enregistrement de ce qui devait être un album solo de Coleman, Virgin Records met la main sur des démos enregistrées par Walker et Coleman et projette d'en faire un album de Killing Joke. C'est donc en toute hâte que Coleman finalise les morceaux pour ce nouvel opus, Outside the gate, qui verra le jour en 1988 avec de nouveaux musiciens et restera la pire édition liée au patronyme. Sur le même principe paraît l'année suivante  The Courtald talks. C'est la fin d'une époque. Killing Joke décide de se séparer, puis tente un procès contre la maison de disque, qui ruinera le groupe tant moralement que financièrement.

Killing Joke se reforme malgré tout et se lance dans une tournée, allant de petits clubs en petits clubs avec de nouveaux musiciens. A partir de ce moment, et pour la décennie à venir, le groupe voit passer tellement de membres qu'il devient symboliquement un collectif, une famille, avec sa manière de vivre, de penser, et articulée autour d'un homme charismatique, Jaz Coleman.

En 1990, après quatre ans de silence créatif, Killing Joke redonne enfin signe de vie : Extremities, dirt and various repressed emotions devient le deuxième brûlot du groupe en renouant avec l'avalanche de dégoût, de colère et de sarcasmes si caractéristiques de leur musique. Avec le recul, cet opus reste certainement le plus terrifiant de tous. La cold-wave est mise au placard au profit de hurlements profonds, de riffs grassouillets, de sonorités métalliques, de mélodies grinçantes. Coleman y a mis toute son âme : outre les cris plus rauques et malsains les uns que les autres, les textes sont presque tous des bras d'honneur envoyés à la société. Mais le côté novateur se situe dans les arrangements : Killing Joke revêt alors un côté très industriel grâce à l'utilisation de diverses sonorités en complément de sa musique.

En ce début d'années 90, la scène est en profonde mutation : l'explosion metal indus secoue bon nombre d'adeptes de la contre-culture. Ainsi, Killing Joke va naviguer aux côtés de groupes tels que Rage Against the Machine, Pearl Jam, Faith no More, Soundgarden, Ministry ou encore Nirvana. Au cours des quelques années suivantes, les membres de Killing Joke se recentrent chacun sur d'autres activités artistiques : Coleman met à profit sa formation en direction d'orchestre symphonique, Paul Raven rejoint le groupe Prong et Walter s'installe à Détroit (il meurt d'une attaque cardiaque le 20/10/2007). Une fois encore, la dispersion du groupe semble définitive, mais il n'en est rien.

Killing Joke revient plus en forme que jamais en 1994, avec un nouveau cru, Pandemonium. En fusionnant leurs vieux sons avec des influences plus métalliques, le groupe renoue avec le succès commercial, notamment grâce à « Millenium » qui est diffusé très régulièrement sur les ondes. Deux ans plus tard, c'est Democraty, un album bien nommé puisqu'il s'agit là d'une version épurée de la musique de Killing Joke, osant l'électro-metal, les heurts tribaux, la douceur, les guitares acoustiques... prouvant ainsi aux fans que le groupe maîtrise son sujet en apportant plus de subtilité à sa musique. A une tournée mondiale s'ensuit un nouveau break, cette fois pour une durée de six années, laissant les gatherers (nom donné au groupe par leurs fans) dans l'expectative.

Il aura fallu qu'un George Bush Junior lance l'une des plus énormes injustices géopolitiques pour que Coleman se décide à sortir Killing Joke de son silence. Avec les éternels Georgie et Raven, c'est tout un symbole qu'il faut voir dans ce dixième album, éponyme pour la seconde fois. Il respecte le cahier des charges fixé, offrant des titres à l'énergie post-punk retrouvée, des riffs de guitares simples, grinçants et directs mais réduisant au minimum les arrangements industriels si précieux aux derniers albums : Killing Joke se fait presque caricatural.

L'année 2005 est celle de la consécration, avec deux soirées pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire du groupe, auxquelles s'ensuivent une sortie DVD et un album live. Un nouvel album est même en préparation l'année suivante, Hosannas from the Basements of Hell, au son sourd et caverneux. D'emblée, il provoque un choc : chant éraillé, guitares insalubres, titres explosifs nous contant une fois de plus le déclin de l'humanité... Killing Joke est peut-être ici. Le 20 octobre 2007, Killing Joke perd l'un de ses anciens membres en la personne du bassiste Paul Raven.

En 2010 sort Absolute Dissent, album original signalant le grand retour de Killing Joke, trente ans d'existence au compteur. A cette occasion, Jaz Coleman et les musiciens originaux, soit la formation de 1982, effectuent une large tournée mondiale allant de l'Europe aux Etats-Unis. De passage à Paris pour un concert au Bataclan, Jaz Coleman est fait Chevalier de l'Ordre des Arts et Lettres le 27 septembre 2010. Ces honneurs digérés, Killing Joke se remet au travail pour livrer MMXII - qui signifie 2012 écrit en chiffres romains - et démontre une étonnante capacité à continuer à déverser une apocalypse sonique sur des fans tétanisés. Copyright 2014 Music Story Angélique Fouret

La légende veut que Killing Joke soit né d'une rencontre dans une file d'attente de l'agence britannique pour la recherche d'emploi à la fin de l'année 1978 : de là va naître une musique que Jeremy « Jaz » Coleman et Paul Ferguson décriront comme « the sound of the earth vomiting » (le son que ferait la Terre en vomissant). Pour donner corps à leurs idées, ils passent une annonce dans le journal musical Melody Maker et recrutent le guitariste Kenneth « Geordie » Walker et Martin « Youth » Glover. Le groupe tient son nom d'une expression britannique faisant référence à une situation ou un événement paradoxal, ironique.

Ces quatre anglais se mettent alors à l'écriture et tournent dans plusieurs petites salles où ils commencent à acquérir une solide réputation. L'enregistrement d'un premier single « Turn to Red » leur permet d'attirer l'attention de John Peel et de signer avec Island Records. Killing Joke, leur premier album, propose un univers musical saturé de nombreuses sonorités électroniques, de batteries tribales, de basses syncopées et d'un son de guitare unique à l'époque. Sur scène, Jaz Coleman apparaît le visage couvert de peintures, hurlant et annonçant la fin du monde (une de ses spécialités).

Le groupe façonne son propre son avec la sortie de What's THIS for (fin 1981) puis de Revelations (1982). Mais, plongé dans l'incertitude quant à la direction musicale du groupe, et suite à la disparition temporaire de Jaz Coleman, Killing Joke se sépare. Le trio Coleman, Walter et Ferguson se reforme au bout de quelques mois et accueille Paul Raven, bassiste que Paul Ferguson ramène de son expérience avec Youth, le groupe Brilliant.

Le nouveau Killing Joke amorce dès lors un virage sujet à controverse avec Fire Dances (1983), présentant des styles musicaux plus variés. Mais le véritable tournant du groupe est pris avec Night time (1984), enregistré à Berlin, qui comprend le single « Love like blood » (Top 20 des charts UK). Cet album a la particularité de sonner très pop, avec une batterie basique surfant sur la vague électro-body-music, des mélodies muées en ritournelles perpétuellement mièvres. Adieu donc au coté percutant et violent, Killing Joke perd même une partie de son public au profit de fans de The Cure ou Depeche Mode.

Toutefois Night Time reste un succès commercial et l'un des albums les plus importants de Killing Joke, sur cette lancée le groupe sort l'année suivante Brighter than a thousand suns, toujours très pop et sur fond de cold-wave givrée dans la mouvance de l'époque.

Ce succès de tardera pas néanmoins à s'effriter, car pendant l'enregistrement de ce qui devait être un album solo de Coleman, Virgin Records met la main sur des démos enregistrées par Walker et Coleman et projette d'en faire un album de Killing Joke. C'est donc en toute hâte que Coleman finalise les morceaux pour ce nouvel opus, Outside the gate, qui verra le jour en 1988 avec de nouveaux musiciens et restera la pire édition liée au patronyme. Sur le même principe paraît l'année suivante  The Courtald talks. C'est la fin d'une époque. Killing Joke décide de se séparer, puis tente un procès contre la maison de disque, qui ruinera le groupe tant moralement que financièrement.

Killing Joke se reforme malgré tout et se lance dans une tournée, allant de petits clubs en petits clubs avec de nouveaux musiciens. A partir de ce moment, et pour la décennie à venir, le groupe voit passer tellement de membres qu'il devient symboliquement un collectif, une famille, avec sa manière de vivre, de penser, et articulée autour d'un homme charismatique, Jaz Coleman.

En 1990, après quatre ans de silence créatif, Killing Joke redonne enfin signe de vie : Extremities, dirt and various repressed emotions devient le deuxième brûlot du groupe en renouant avec l'avalanche de dégoût, de colère et de sarcasmes si caractéristiques de leur musique. Avec le recul, cet opus reste certainement le plus terrifiant de tous. La cold-wave est mise au placard au profit de hurlements profonds, de riffs grassouillets, de sonorités métalliques, de mélodies grinçantes. Coleman y a mis toute son âme : outre les cris plus rauques et malsains les uns que les autres, les textes sont presque tous des bras d'honneur envoyés à la société. Mais le côté novateur se situe dans les arrangements : Killing Joke revêt alors un côté très industriel grâce à l'utilisation de diverses sonorités en complément de sa musique.

En ce début d'années 90, la scène est en profonde mutation : l'explosion metal indus secoue bon nombre d'adeptes de la contre-culture. Ainsi, Killing Joke va naviguer aux côtés de groupes tels que Rage Against the Machine, Pearl Jam, Faith no More, Soundgarden, Ministry ou encore Nirvana. Au cours des quelques années suivantes, les membres de Killing Joke se recentrent chacun sur d'autres activités artistiques : Coleman met à profit sa formation en direction d'orchestre symphonique, Paul Raven rejoint le groupe Prong et Walter s'installe à Détroit (il meurt d'une attaque cardiaque le 20/10/2007). Une fois encore, la dispersion du groupe semble définitive, mais il n'en est rien.

Killing Joke revient plus en forme que jamais en 1994, avec un nouveau cru, Pandemonium. En fusionnant leurs vieux sons avec des influences plus métalliques, le groupe renoue avec le succès commercial, notamment grâce à « Millenium » qui est diffusé très régulièrement sur les ondes. Deux ans plus tard, c'est Democraty, un album bien nommé puisqu'il s'agit là d'une version épurée de la musique de Killing Joke, osant l'électro-metal, les heurts tribaux, la douceur, les guitares acoustiques... prouvant ainsi aux fans que le groupe maîtrise son sujet en apportant plus de subtilité à sa musique. A une tournée mondiale s'ensuit un nouveau break, cette fois pour une durée de six années, laissant les gatherers (nom donné au groupe par leurs fans) dans l'expectative.

Il aura fallu qu'un George Bush Junior lance l'une des plus énormes injustices géopolitiques pour que Coleman se décide à sortir Killing Joke de son silence. Avec les éternels Georgie et Raven, c'est tout un symbole qu'il faut voir dans ce dixième album, éponyme pour la seconde fois. Il respecte le cahier des charges fixé, offrant des titres à l'énergie post-punk retrouvée, des riffs de guitares simples, grinçants et directs mais réduisant au minimum les arrangements industriels si précieux aux derniers albums : Killing Joke se fait presque caricatural.

L'année 2005 est celle de la consécration, avec deux soirées pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire du groupe, auxquelles s'ensuivent une sortie DVD et un album live. Un nouvel album est même en préparation l'année suivante, Hosannas from the Basements of Hell, au son sourd et caverneux. D'emblée, il provoque un choc : chant éraillé, guitares insalubres, titres explosifs nous contant une fois de plus le déclin de l'humanité... Killing Joke est peut-être ici. Le 20 octobre 2007, Killing Joke perd l'un de ses anciens membres en la personne du bassiste Paul Raven.

En 2010 sort Absolute Dissent, album original signalant le grand retour de Killing Joke, trente ans d'existence au compteur. A cette occasion, Jaz Coleman et les musiciens originaux, soit la formation de 1982, effectuent une large tournée mondiale allant de l'Europe aux Etats-Unis. De passage à Paris pour un concert au Bataclan, Jaz Coleman est fait Chevalier de l'Ordre des Arts et Lettres le 27 septembre 2010. Ces honneurs digérés, Killing Joke se remet au travail pour livrer MMXII - qui signifie 2012 écrit en chiffres romains - et démontre une étonnante capacité à continuer à déverser une apocalypse sonique sur des fans tétanisés. Copyright 2014 Music Story Angélique Fouret

La légende veut que Killing Joke soit né d'une rencontre dans une file d'attente de l'agence britannique pour la recherche d'emploi à la fin de l'année 1978 : de là va naître une musique que Jeremy « Jaz » Coleman et Paul Ferguson décriront comme « the sound of the earth vomiting » (le son que ferait la Terre en vomissant). Pour donner corps à leurs idées, ils passent une annonce dans le journal musical Melody Maker et recrutent le guitariste Kenneth « Geordie » Walker et Martin « Youth » Glover. Le groupe tient son nom d'une expression britannique faisant référence à une situation ou un événement paradoxal, ironique.

Ces quatre anglais se mettent alors à l'écriture et tournent dans plusieurs petites salles où ils commencent à acquérir une solide réputation. L'enregistrement d'un premier single « Turn to Red » leur permet d'attirer l'attention de John Peel et de signer avec Island Records. Killing Joke, leur premier album, propose un univers musical saturé de nombreuses sonorités électroniques, de batteries tribales, de basses syncopées et d'un son de guitare unique à l'époque. Sur scène, Jaz Coleman apparaît le visage couvert de peintures, hurlant et annonçant la fin du monde (une de ses spécialités).

Le groupe façonne son propre son avec la sortie de What's THIS for (fin 1981) puis de Revelations (1982). Mais, plongé dans l'incertitude quant à la direction musicale du groupe, et suite à la disparition temporaire de Jaz Coleman, Killing Joke se sépare. Le trio Coleman, Walter et Ferguson se reforme au bout de quelques mois et accueille Paul Raven, bassiste que Paul Ferguson ramène de son expérience avec Youth, le groupe Brilliant.

Le nouveau Killing Joke amorce dès lors un virage sujet à controverse avec Fire Dances (1983), présentant des styles musicaux plus variés. Mais le véritable tournant du groupe est pris avec Night time (1984), enregistré à Berlin, qui comprend le single « Love like blood » (Top 20 des charts UK). Cet album a la particularité de sonner très pop, avec une batterie basique surfant sur la vague électro-body-music, des mélodies muées en ritournelles perpétuellement mièvres. Adieu donc au coté percutant et violent, Killing Joke perd même une partie de son public au profit de fans de The Cure ou Depeche Mode.

Toutefois Night Time reste un succès commercial et l'un des albums les plus importants de Killing Joke, sur cette lancée le groupe sort l'année suivante Brighter than a thousand suns, toujours très pop et sur fond de cold-wave givrée dans la mouvance de l'époque.

Ce succès de tardera pas néanmoins à s'effriter, car pendant l'enregistrement de ce qui devait être un album solo de Coleman, Virgin Records met la main sur des démos enregistrées par Walker et Coleman et projette d'en faire un album de Killing Joke. C'est donc en toute hâte que Coleman finalise les morceaux pour ce nouvel opus, Outside the gate, qui verra le jour en 1988 avec de nouveaux musiciens et restera la pire édition liée au patronyme. Sur le même principe paraît l'année suivante  The Courtald talks. C'est la fin d'une époque. Killing Joke décide de se séparer, puis tente un procès contre la maison de disque, qui ruinera le groupe tant moralement que financièrement.

Killing Joke se reforme malgré tout et se lance dans une tournée, allant de petits clubs en petits clubs avec de nouveaux musiciens. A partir de ce moment, et pour la décennie à venir, le groupe voit passer tellement de membres qu'il devient symboliquement un collectif, une famille, avec sa manière de vivre, de penser, et articulée autour d'un homme charismatique, Jaz Coleman.

En 1990, après quatre ans de silence créatif, Killing Joke redonne enfin signe de vie : Extremities, dirt and various repressed emotions devient le deuxième brûlot du groupe en renouant avec l'avalanche de dégoût, de colère et de sarcasmes si caractéristiques de leur musique. Avec le recul, cet opus reste certainement le plus terrifiant de tous. La cold-wave est mise au placard au profit de hurlements profonds, de riffs grassouillets, de sonorités métalliques, de mélodies grinçantes. Coleman y a mis toute son âme : outre les cris plus rauques et malsains les uns que les autres, les textes sont presque tous des bras d'honneur envoyés à la société. Mais le côté novateur se situe dans les arrangements : Killing Joke revêt alors un côté très industriel grâce à l'utilisation de diverses sonorités en complément de sa musique.

En ce début d'années 90, la scène est en profonde mutation : l'explosion metal indus secoue bon nombre d'adeptes de la contre-culture. Ainsi, Killing Joke va naviguer aux côtés de groupes tels que Rage Against the Machine, Pearl Jam, Faith no More, Soundgarden, Ministry ou encore Nirvana. Au cours des quelques années suivantes, les membres de Killing Joke se recentrent chacun sur d'autres activités artistiques : Coleman met à profit sa formation en direction d'orchestre symphonique, Paul Raven rejoint le groupe Prong et Walter s'installe à Détroit (il meurt d'une attaque cardiaque le 20/10/2007). Une fois encore, la dispersion du groupe semble définitive, mais il n'en est rien.

Killing Joke revient plus en forme que jamais en 1994, avec un nouveau cru, Pandemonium. En fusionnant leurs vieux sons avec des influences plus métalliques, le groupe renoue avec le succès commercial, notamment grâce à « Millenium » qui est diffusé très régulièrement sur les ondes. Deux ans plus tard, c'est Democraty, un album bien nommé puisqu'il s'agit là d'une version épurée de la musique de Killing Joke, osant l'électro-metal, les heurts tribaux, la douceur, les guitares acoustiques... prouvant ainsi aux fans que le groupe maîtrise son sujet en apportant plus de subtilité à sa musique. A une tournée mondiale s'ensuit un nouveau break, cette fois pour une durée de six années, laissant les gatherers (nom donné au groupe par leurs fans) dans l'expectative.

Il aura fallu qu'un George Bush Junior lance l'une des plus énormes injustices géopolitiques pour que Coleman se décide à sortir Killing Joke de son silence. Avec les éternels Georgie et Raven, c'est tout un symbole qu'il faut voir dans ce dixième album, éponyme pour la seconde fois. Il respecte le cahier des charges fixé, offrant des titres à l'énergie post-punk retrouvée, des riffs de guitares simples, grinçants et directs mais réduisant au minimum les arrangements industriels si précieux aux derniers albums : Killing Joke se fait presque caricatural.

L'année 2005 est celle de la consécration, avec deux soirées pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire du groupe, auxquelles s'ensuivent une sortie DVD et un album live. Un nouvel album est même en préparation l'année suivante, Hosannas from the Basements of Hell, au son sourd et caverneux. D'emblée, il provoque un choc : chant éraillé, guitares insalubres, titres explosifs nous contant une fois de plus le déclin de l'humanité... Killing Joke est peut-être ici. Le 20 octobre 2007, Killing Joke perd l'un de ses anciens membres en la personne du bassiste Paul Raven.

En 2010 sort Absolute Dissent, album original signalant le grand retour de Killing Joke, trente ans d'existence au compteur. A cette occasion, Jaz Coleman et les musiciens originaux, soit la formation de 1982, effectuent une large tournée mondiale allant de l'Europe aux Etats-Unis. De passage à Paris pour un concert au Bataclan, Jaz Coleman est fait Chevalier de l'Ordre des Arts et Lettres le 27 septembre 2010. Ces honneurs digérés, Killing Joke se remet au travail pour livrer MMXII - qui signifie 2012 écrit en chiffres romains - et démontre une étonnante capacité à continuer à déverser une apocalypse sonique sur des fans tétanisés. Copyright 2014 Music Story Angélique Fouret


Améliorez le contenu de cette page

Si vous êtes l'artiste, le label ou le manager concerné, vous pouvez mettre à jour les informations sur cette page, telles que biographie, vidéos et plus encore sur Artist Central.

Commentaires

Visitez notre FAQ sur les Pages Artistes
Donnez-nous votre avis sur cette page