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Quand paraît cet album, la Mano Negra a parcouru le monde. En long et en large, la planète a subi les assauts du plus puissant groupe de rock qu'ait porté la France. Puissant, festif, rebelle, fédérateur, cet album en français, en anglais et en espagnol dit pourquoi la Mano a toujours déclenché les émeutes les plus joyeuses partout où elle passait, d'Osaka à Rotterdam, de Clermont-Ferrand à Los Angeles. La méthode de Manu Chao, le sorcier, et de sa tribu a toujours consisté à porter à ébullition ses chansons, à en faire des volcans de percussions, de voix guerrières, quitte à baisser le feu sous la marmite, le temps de laisser reposer juste assez pour porter, l'instant d'après, la charge décisive. "King Of Bongo" développe en 14 épisodes la passion selon Manu Chao. Entre des pièces aussi paisibles que "Out Of Time Man", tube innocent, et "Furious Fiesta", petit morceau de colère, entre "Welcome In Occident", plaidoyer à la Clash, et "Le Bruit du frigo", confession dérangeante, Mano Negra visite tous les coins possible du rock. La conclusion sur "Paris la nuit", a des accents prémonitoires mais cette java annonçait des lendemains qui chantent. Un jalon.
--José Ruiz
Critique
L'heure de s'assagir pour la Mano ? La question se pose avec l'ouverture très dub de ce troisième album qui paraît plus marqué de leurs souvenirs de voyages que jamais. Des sonorités plus lointaines, un titre en français très intimiste, «
Le bruit du frigo», le groupe s'est-il ramolli avec le temps ? Pas du tout ! Pour preuve les deux brûlots contestataires et très énergiques que sont «
Letter to the censors», qui explose en un solo gargantuesque, et «
Welcome in occident». Guitares saturées et chant de révolte au menu de ces deux titres passés peut-être un peu inaperçu mais qui consolident ce
King of Bongo au line-up toujours aussi fantaisiste. Et si le groupe peut faire preuve de puissance, il développe aussi son côté plus calme avec une version au coin du zinc et son accordéon pour «
Paris la nuit» qui ne rappelle que par le chant la version présente sur
Patchanka. A noter aussi le très tranquille «
Out of time man» et sa douce ligne de clavier. Finalement, un album très à l'image de la Mano avec ces petits morceaux sympathiques, ces coups de poings rock, des ballades en français réussies et ces titres indescriptibles tant le mélange d'influences est important. La filière sud-américaine est ainsi centrale sur «
El Jako» ou moins identifiable sur «
King of bongo», titre revisité par Manu Chao sept ans plus tard sur
Clandestino. La fusion est telle à cette époque que le seul crédit pour l'ensemble du disque est Mano Negra. C'est donc comme un seul homme, sans leader que le groupe s'affiche alors.
Raphaël Richard - Copyright 2012 Music Story