Chostakovich consacra 36 partitions pour les musiques de films. Sa vie fut intimement liée au 7è art qu'il aimait particulièrement. Dans sa jeunesse, il accompagna les films muets du piano, puis, dans les années difficiles de la dictature stalinienne, il se vit confier la réalisation du support musical à des oeuvres contrôlées par le pouvoir politique, ce qui lui permit de vivre dans tous les sens du terme. Comme il est presque impossible à l'heure actuelle de connaître le support visuel (on n'y perd sans doute pas grand-chose), on écoutera donc « à l'aveugle » ce pan quantitativement important de la production de Chostakovich. A l'image des ballets, seules les meilleures musiques pourront à mon avis se suffire à elles-mêmes. Nous passerons en revue quelques enregistrements courageux en la matière.
Cet enregistrement se concentre sur les deux musiques créées pour la scène (1940) et pour le cinéma (1970). Si la première donne l'impression de décousu due sans doute à des morceaux courts (notamment des petits aires pour basse), la seconde en revanche développe davantage le matériau musical. S'agissant de la dernière oeuvre pour un film, très tardive dans le corpus global, les ambiances varient, le style symphonique étant du meilleur effet. Notons la présence d'un choeur a cappella et d'un étonnant morceau pour deux flûtes et une harpe qui détend une atmosphère assez lourde. L'orchestre est excellent. Livret allemand/anglais