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Le reggae dans la langue de Voltaire ? Si c'est possible ! Comme le blues, le reggae influença le rock international en profondeur. Il aura pourtant fallu attendre 1975 et le succès mondial de Bob Marley pour que l'on s'intéresse massivement au ska, au rock steady ou au dub, musiques toutes originaires de la Jamaïque. Si, paradoxalement, les artistes de l'île ont du mal à se faire reconnaître aujourd'hui, il n'en demeure pas moins que des groupes de reggae (et des bons !) exercent leur talent un peu partout. Ainsi en France, Marousse, Mister Gang, Tryo, K2R Riddim et Pierpoljack sont les plus brillants fers de lance du genre.
Kingston Karma, qui établit des correspondances entre Paris et Babylone, s'impose comme un des plus classieux fleurons de la scène rasta hexagonale. Il faut dire que le guitariste Earl Smith et le batteur Leroy Wallace sont de la partie et que l'ensemble est produit par l'immense Clint Hunt qui a bossé avec Jimmy Cliff et Bob Marley ! Surprenant,
Kingston Karma puise à même la source de l'esprit "pure roots". Un disque dont on ne se lasse pas.
--Hervé Comte
Critique
« J’sais pas jouer, or just que du reggae, j’sais pas danser, or just que du reggae » ... Qui n’a pas entendu ce refrain, léger et entraînant, à la fin des années 90 ?
Kingston Karma est pour Pierpoljak l’album de la révélation. Certes, il s’agit d’un reggae grand public, accessible au tout venant et associé à toute une imagerie populaire classique (marijuana, dreadlocks, argot jamaïcain, chant nasillard, etc.) à la limite de la caricature.
Mais l’album a au moins le mérite d’ouvrir l’accès d’une scène aussi peu connue que variée à un plus grand public, dont la connaissance du genre est essentiellement bornée par Bob Marley, UB40, Jimmy Cliff, Tonton David (
« Chacun sa route, chacun son chemin… »), voire les albums reggae de Bernard Lavilliers et Serge Gainsbourg. Naïvement écolo (
« Pierpoljak », « Cultivateur moderne ») et un peu centré sur l’autopromotion, l’album n’en est pas moins intéressant d’un point de vue musical, ne serait-ce que pour la fraîcheur qu’il apportait alors.
Les oreilles du public et les investisseurs de l’industrie musicale étaient ainsi prêts pour le reggae, ce qu’allait démontrer le succès – radiophonique, artistique et commercial – à venir de Tryo, Sinsemilia (qui sortaient cette même année respectivement leur premier et deuxième album) et quelques autres.
Mikaël Faujour - Copyright 2012 Music Story