Présentation de l'éditeur
Amoureux des contes populaires et du merveilleux qui s'infiltre dans les interstices du quotidien, Shigeru Mizuki a placé les yôkaï, ces êtres surnaturels qui peuplent les coulisses de notre monde, au centre d'une création qui oscille constamment entre fantastique, humour et poésie. Immensément populaire au Japon, où pas un enfant ne grandit sans dévorer ses aventures, Kitaro le repoussant est le héros emblématique d'une oeuvre qui se penche sur les monstres pour mieux parler des hommes. Sa description fait dresser les cheveux sur la tête : ultime descendant d'une tribu de morts-vivants, Kitaro est né borgne, en rampant hors de l'utérus du cadavre de sa mère, condamné à errer dans un monde qui ne veut pas de lui... Pourtant, loin du tragique étouffant que laisse présager ce funeste résumé, Kitaro le repoussant est une série délicieuse. Les tribulations de ce gamin chargé de résoudre les conflits opposant les humains aux yôkaï sont un plaisir rare mariant subtilement la noiceur à la légèreté. Les lecteurs français de NonNonBâ ne manqueront pas de retrouver ce monument de la bande dessinée japonaise l'humour et l'inspiration qui les avaient fait chavirer de bonheur.
Biographie de l'auteur
Dans la petite ville côtière Sakai-minato du sud-ouest du Japon., il connaît dans cette province tranquille une enfance libre et heureuse, période faste dont il s’inspirera à de nombreuses reprises dans ses mangas.Très tôt, il montre des aptitudes étonnantes pour le dessin, talent encouragé sans réserve par ses parents.
Il a à peine vingt ans lorsque la guerre vient interrompre ses espoirs de carrière. Il est enrôlé dans l’armée impériale japonaise et est envoyé dans la jungle de Nouvelle-Guinée, où il va vivre un véritable cauchemar : il contracte rapidement la malaria, assiste à la mort de la plupart de ses camarades et perd le bras gauche dans un bombardement... Il puisera dans cette tragédie pour dessiner Opération Mort, son chef d’œuvre (Cornélius). Détenu sur place à la fin de la guerre, il se lie avec les membres d’une tribu locale, amitié qui le sauvera de la famine, de la maladie et de la folie.
Ce n’est finalement qu’en 1957, après une vie déjà trop riche de souvenirs et de blessures, que Mizuki entame la carrière de manga- ka qui a fait de lui l’un des plus grands raconteurs d’histoires de son pays.
Auteur singulier et généreux, fin connaisseur des cultures populaires, des yôkaï et du surnaturel, il ne cesse d’explorer tout au long de son œuvre les univers qui se cachent derrière notre monde pour mieux dire sa profonde compréhension de l’âme humaine, et communiquer à ses lecteurs l’empathie qu’il éprouve pour toutes les formes de vie.