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5.0 étoiles sur 5
rhaaaaaaaaa !!!, 27 juillet 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kobaïa (CD)
Ce premier album est plutôt isolé dans la discographie de Magma : d'une part, sa tonalité générale n'est pas étouffante ou répétitive, contrairement à "Köhntarkösz" ou "M.D.K." (les deux autres sommets du groupe); d'autre part, son instrumentation, diversifiée, est dominée par les (nombreux) instruments à vent, que l'on entendra beaucoup moins voire plus du tout après le suivant, "1001° Centigrades", tout comme les guitares... "Kobaïa" est une grande fresque descriptive, une sorte de "poème jazz", mais un jazz étrange et jamais entendu jusqu'alors, à l'architecture solidement et précisément écrite, un peu à la manière d'un Weather Report, mais en plus original encore et surtout beaucoup plus obscur... (on pense aussi au Miles Davis de "Pangaea" ou de "Bitches Brew" : même furie, même folie, et ce désir d'explorer des territoires si loins de tout...); une fresque en dix tableaux expressionnistes, composés par différents membres du groupe : ainsi, Christian Vander est l'auteur de la majorité des morceaux (six en tout, dont les trois premiers et les deux derniers), réellements hallucinants, extraordinaires... Les morceaux de Teddy Lasry, de Laurent Thibault, de François Cahen et de Claude Engel, plus lumineux dans l'ensemble, sont incroyables également. Dans ce double-album à la fois déroutant et envoûtant, les cuivres et les bois jouent les premiers rôles : saxophones, flûtes, hautbois, trompette... Mais le piano y est aussi omniprésent, ainsi que les guitares, et puis il y a les voix, tour à tour chantantes ou hurlantes, bizarrement mélodieuses, incantatoires (et porteuses de messages d'amour mais aussi de menaces à l'encontre de terriens aveugles et sourds), et enfin la rythmique fabuleuse sur laquelle tout repose, basse, contrebasse, et évidemment la batterie monstrueuse et tentaculaire de Christian Vander ! Jamais on ne s'ennuie : les climats se succèdent, tour à tour exhaltants, angoissants, joyeux, contemplatifs, exprimés par une envolée de saxophone soprano ici, de doux arpèges à la guitare ou au piano ailleurs, une voix étrange au langage inconnu qui hurle soudain toute seule dans le vide, des cavalcades de guitare électrique ou de piano sur des rythmes endiablés... des pastorales de bois sur des tapis de guitare acoustique... des voix venues d'ailleurs, qui sont parfois voix, parfois instruments... Des psalmodies d'instruments à vent tout dressés vers des cieux noirs mais ô combien prometteurs de mille merveilles ! Musique spectaculaire, chatoyante, rugueuse, douce, violente, inquiétante parfois et aussi reposante par moments... Une oeuvre grandiose autant qu'étrange, qui nous transporte et nous secoue à chaque écoute, et qui nous emmène tels des voyageurs de l'ultime sérénité, vers un monde appelé Kobaïa...
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10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
une bombe, 12 avril 2003
Ni pop, ni jazz, ni musique d'hier, ni musique de demain. Magma est poussé par une force incroyable à prendre les instruments et à frapper. La musique de Magma comporte des traces de choses déjà entendues, réminiscences de hard rock ou de free jazz, mais ces influences ont été remarquablement comprises et assimilées, et tellement fondues en une conception originale et totalement personnelle au groupe qu'elles n'apparaissent jamais comme les éléments d'un collage artificiel. Musique dont l'impact fait un peu oublier les raffinements techniques et la complexité réelle des arrangements, tant celui qui l'écoute se trouve submergé par l'agression sonore des cuivres, la rage d'une section rythmique très différente des habituels monolithes binaires du rock, la diversité des couleurs sonores. Musique bâtie sur les contrastes, suspendue par instants, au hasard d'une introduction ou d'une baisse d'intensité, aux trilles solitaires d'une flûte et d'un piano, beauté esquissée pour être mieux déchiquetée, l'instant d'après, par un déferlement furieux. Par-dessus ces parties orchestrales minutieusement écrites, une voix à la tessiture très classique se perd dans de mystérieuses incantations, ballottée dans la tempête, sombrant parfois pour un temps, mais resurgissant toujours pour chanter, dans un langage inconnu où roulent les r, des rêves couleur de métal. L'étonnant est que cette musique entièrement écrite trouve dans le feu qui l'anime une forme bizarre de souplesse, presque la spontanéité d'une improvisation collective. Ce qu'elle n'est pas. La musique de Magma est tout à fait inconfortable, elle vous plonge dans l'inconnu d'un voyage halluciné, hagard. Agression des stridences, dérision des rythmes à trois temps, des roulements de tambour militaires.
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Sublime réédition !, 24 février 2011
Pochette magnifique, sans doute un peu réaménagée, mais de grande qualité. Restauration superbe, bien lisible sans rendu artificiel, dépassant la version Seventh Records de 1988 en CD (déjà pas mal). Les aigus sont à tomber. Grâce soit rendue à Mercury pour nous proposer ces rééditions vinyles indispensables à des prix corrects ! PS: il en reste à rééditer !
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