Ce n'est pas peu dire que j'attendais de voir ce film depuis plusieurs années car je le trouvais bigrement alléchant. La déception qui en découle est donc relativement importante, car seul 1 des 4 segments m'a ébloui, les 3 autres se contentant d'histoires de fantômes bateau qui ont, qui plus est, assez mal vieillis :
"Les cheveux noirs"
Un homme quitte sa femme dans l'espoir de fuir la pauvreté, mais est pris de remords et retourne auprès d'elle. Scénario simpliste et téléphoné traité de façon ennuyeuse, cette histoire débouche qui plus est sur un final assez grotesque où des cheveux noirs en forme de vieux chiffon sale se rebiffent contre le déserteur, et où les effets de mise en scène - bruitages décalés des images, arrêt sur image - s'avèrent totalement artificiels.
"La femme des neiges"
Intérêt légèrement supérieur pour ce segment du fait de son ambiance enneigée et nocturne, malgré des rebondissements tout aussi téléphonés. Les jeux de lumière sont esthétiquement magnifiques, mais ils donnent, comme la neige en polystyrène ou l'horizon en carton pâte, un côté toc qui m'a constamment laissé froid.
"Histoire de Hoïchi Sans Oreilles"
De loin le segment le plus abouti, le plus beau visuellement et thématiquement, le plus mystérieux. Il dure d'ailleurs plus d'une heure, ce qui en fait l'histoire centrale, celle qui à elle seule fait que Kwaidan vaut largement le détour et mérite de rentrer dans les annales du Cinéma. Il y a ce temple perdu au bord de la mer, ces chansons accompagnées au luth, ce jeune aveugle utilisé par des fantômes, cette séance ultime de soutras peints sur le corps (qui a inspiré The Pillow Book ?), et ce magnifique moment de rencontre entre le samouraï fantôme et Hoichi. Kobayashi nous laisse véritablement sur le cul avec ce moyen métrage.
"Dans un Bol de Thé"
Plus anecdotique, cette histoire montre ce que peut provoquer le fait d'avaler une âme. Le mystère est entretenu jusqu'à la fin, mais rien à faire, on pense encore à Hoichi...