« [...] Au lit, c'était pareil. Non pas qu'elle m'ait jamais refusé de faire l'amour ' sauf une ou deux fois peut-être, parce qu'elle était mal fichue - , au contraire, elle en avait toujours envie. Mais pas de la même façon. Certains soirs, l'amour était doux pour elle comme un refuse, son abandon me brisait le cœur. C'était le plus souvent, je dois le dire. Et puis, sans que rien ne l'ait annoncé que son mutisme, à table, ou simplement un brusque entêtement pour avoir raison envers et contre tout dans une discussion sans intérêt, une autre femme était dans mes bras, qui n'était pas elle, qui était un être avide et malsain, et qui m'angoissait parce que tout ce qui est malsain m'angoisse. Elle m'a dit un jour : « Les conneries du cul, ce n'est ni moche ni rien. C'est comme de boire ou de manger. Tu as beau faire, tu en auras encore envie le lendemain. » Ou bien je n'ai rien compris à ce qu'elle voulait dire, et son langage était l'expression même du désespoir, ou voilà comment elle parlait de l'amour : « Les conneries du cul [...] » »