Comme dans tous les livres de Michel Pasioureau, on en apprend à chaque page. La richesse du matériau ici exhibé va de la rayure stigmatisante des habits des prisonniers au dentifrice Signal, zn passant par différentes modes vestimentaires, les auvents de certaines boutiques, les panneaux de signalisation, etc. - sans parler de quelques pages vraiment éclairantes sur la rayure dans l'héraldique, autre spécialité de l'auteur. Evidemment, on peut rouver sa conclusion brutale ou au moins elliptique: la rayure indique un désordre et la correction de ce désordre... Cette conclusion forte est formulée comme une hypothèse un peu gratuite, alors qu'elle aurait mérité une articulation rigoureuse aux parties précédentes. Le travail d'unification conceptuelle n'est pas à la mesure de la riche érudition ici déployée, qui évite - et ce n'est pas le moindre de ses mérites- l'écueil du pédantisme. Cette isuffisance de soulignement du fil direceur est vraiment le seul petit reproche qu'on puisse faire à ce livre stimulant e très agréable à lire. Un drôle de zèbre que son auteur, à n'en pas douter.