Si le professeur d’Histoire s’exprime dans le Tome 1 de « l’âme de la France », l’homme politique prend la parole dans le Tome 2. On se souviendra, pour comprendre le sens des explications données au fil des évènements marquants des 2 siècles concernés par cet ouvrage, que Max Gallo s’inscrit dans la tradition de pensée des gaullistes de gauche, très attachés au primat de la Nation.
Max Gallo écrit donc ici un livre de réflexions politiques. Les fondamentaux de la spécificité française ayant été identifiés dans le Tome 1, le lecteur a le sentiment, en lisant le Tome 2, d’inventorier les raisons du changement de nature de l’âme de la France entre 1789 et 2007, changement qui s’accélère sous les deux mandats de Chirac.
Max Gallo n’est pas un inconditionnel du bonapartisme, première et seconde mouture, pas plus qu’il n’apprécie les excès du parlementarisme.
Mais le mérite de cet ouvrage réside sans doute dans le fait que l’auteur a le courage de montrer combien la montée des communautarismes est dangereuse pour la France. Le Professeur se démarque ici du microcosme intellectuel, qui y voit souvent la panacée. On peut regretter que cet aspect des choses ne soit abordé que dans le dernier chapitre du livre et que la thématique de l’immigration et du prosélytisme islamique ne soit qu’effleurée. Il n’en demeure pas moins que l’auteur met en garde contre la contestation de l’un des aspects essentiels de l’âme de la France, à savoir « l’égalité entre les individus liés personnellement à la nation, sans le « filtre » et la médiation d’une représentation communautaire, éthique ou religieuse ».
Nul doute que ces prises de position ne mettent l’auteur au ban des intellectuels fréquentables, par les maîtres de la bien-pensance, mais nul doute aussi que Max Gallo nous livre ici un ouvrage riche, documenté, actuel et donc utile.