Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés associés par les clients à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Cliquez sur un mot-clé pour trouver les produits, discussions et clients qui y sont associés.
|
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
14 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Style superbe mais un raisonnement incomplet,
Par Gu Si Fang (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'économie des Toambapiks : Une fable qui n'a rien d'une fiction (Broché)
Un compliment et une critique. Après avoir un peu hésité je recommande la lecture de ce livre, bien que je ne partage pas les conclusions de l'auteur. Voici pourquoi.C'est un vrai délice de lire la fable des Toambapiks, heureuse mise au goût du jour des "robinsonnades" des économistes classiques. De plus, il est toujours appréciable de voir un économiste faire un effort aussi sincère pour présenter ses idées au grand public. À se laisser séduire par le récit, on pourrait cependant passer à côté d'erreurs de raisonnement qui modifient profondément les conclusions. Heureusement, le récit stylisé de l'ouvrage est tel que ces erreurs - elles sont au nombre de deux - sont présentées dans une forme épurée et faciles à expliquer. La première partie de la fable décrit une économie primitive, qui ne produit qu'un seul bien - le taro. Dans la deuxième partie, un expert du FMI introduit la monnaie et un marché des biens, ce qui permet d'élargir la production à d'autres produits comme l'igname etc. C'est une "économie monétaire concurrentielle". Les travailleurs sont heureux car ils peuvent diversifier leur ordinaire. Mais les profits des capitalistes propriétaires terriens fondent. L'économie s'effondre dans une spirale déflationniste. Dans la troisième partie, l'expert du FMI augmente la création monétaire pour sortir de la déflation. On aboutit alors à une économie de rentiers. Les capitalistes propriétaires de la terre réalisent de nouveau des profits, mais la situation des travailleurs se détériore. C'est le "capitalisme financier". A priori la démonstration semble convaincante : lorsqu'on introduit la monnaie et la concurrence dans une économie, une évolution infernale vers le capitalisme financier s'ensuit. Sauf que... Premièrement, l'auteur suppose que tous les biens ont le même prix et sont produits dans les mêmes quantités : un kilo de taro vaut autant qu'un kilo d'igname etc. Or l'un de ces produits sert d'unité monétaire (le taro). La conséquence est que le système de prix est cadenassé. Or, à ce niveau de prix, les capitalistes ne font aucun bénéfice. L'équilibre de l'offre et de la demande ne pouvant pas se faire par les prix, l'économie est en déséquilibre. Mais ceci modifie le sens de la démonstration, qui ressemble maintenant à une pétition de principe. La conclusion était déjà dans les hypothèses : quand on empêche l'offre et la demande de s'ajuster, elles ne s'ajustent pas. Immense découverte ! Deuxièmement, l'introduction de la monnaie dans l'économie s'est faite selon un schéma classique. Une banque centrale est mise en place, elle fonctionne d'abord comme un coffre-fort, puis elle a le monopole de la monnaie, l'autorisation de pratiquer les réserves fractionnaires et enfin le privilège du cours légal puisque les salariés ne peuvent être payés qu'en monnaie légale. Lorsque la banque se met à créer de la monnaie pour restaurer les bénéfices des capitalistes, les salariés voient alors leur pouvoir d'achat diminuer. Ils ont le sentiment de s'être faits duper au profit des propriétaires terriens. Mais faut-il s'étonner, lorsque des privilèges légaux sont octroyés à une entreprise, qu'une catégorie de la population bénéficie de ces privilèges au détriment de la masse ? A partir du moment où la banque centrale, par hypothèse, a le pouvoir de prélever un seigneuriage grâce à son monopole, et d'en faire bénéficier les capitalistes à qui elle accorde des crédits, à quoi peut-on s'attendre ? Lorsque l'on établit des privilèges, on obtient une société de privilégiés et d'exploités. Petitio principii... Ainsi, la démonstration de Laurent Cordonnier est juste - le raisonnement n'est pas faux - mais elle repose sur des hypothèses spécieuses : un cadenas sur les prix, et un coffre-fort disposant d'un monopole public. Oui, dans ces conifitions, on aboutit à une économie déséquilibrée et à une société injuste. Mais il ne faudrait pas s'arrêter là, et condamner cette "économie monétaire concurrentielle". Il conviendrait plutôt de s'interroger sur ses hypothèses. S'ouvre alors une réflexion qui nous fait voir l'intervention de l'État sous un angle totalement différent. Les interventions dans le système de prix et le monopole de la banque centrale apparaissent clairement comme les causes de nombreux maux économiques et sociaux. C'est pour avoir cette réflexion salutaire que je vous encourage à lire la fable des Toambapiks, et à la comparer à deux petits livres qui traitent assez bien des deux erreurs évoquées : - en ce qui concerne les conséquences de la banque centrale, on peut lire "Etat, qu'as-tu fait de notre monnaie ?" - pour le rôle des prix, "L'économie politique en une leçon" Les deux sont faciles à trouver sur Internet. Bonne lecture et bonne réflexion ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Excellente et rare vulgarisation économique,
Par Jean-paul Lacharme (Marseille, France) - Voir tous mes commentaires (TESTEURS) (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'économie des Toambapiks : Une fable qui n'a rien d'une fiction (Broché)
S'il est commun de rencontrer chez les économistes contemporains cette arrogance dénuée d'humour qui leur donne ces airs de grands prêtres au service de la nouvelle religion du Marché Néolibéral, tel n'est pas le cas de Laurent Cordonnier, enseignant chercheur au Clersé-Ifrési (Université de Lille 1). Son « économie des Toambapiks » est un beau travail de diffusion de la recherche auprès du grand public. Le genre fable est peu répandu en économie mais il a pourtant ici un illustre prédécesseur : Bernard Mandeville, précurseur du libéralisme (Fable des abeilles, 1714).Dans ce présent ouvrage, l'auteur nous raconte l'histoire de Cetouvu, pays des Toambapiks (Polynésie). L'économie de l'île, hyper-rustique, est fondée au départ sur la monoculture du taro, sorte de tubercule qui tient aussi lieu d'unité de compte. Happystone, émissaire du FMI est envoyé là-bas pour apporter les lumières de l'économie libérale à une population arriérée. L. Cordonnier prend le lecteur par la main pour lui montrer comment s'installent successivement un marché de biens diversifiés, une banque centrale, une industrie des biens d'équipement, et pour finir un capitalisme financier développé. Ceci se lit comme un roman dont on suit sans problème l'histoire des personnages car le style est aisé et plaisant, mais l'auteur ne perd jamais le fil de sa démonstration : la macroéconomie de l'île garde une cohérence totale d'un bout à l'autre du livre. L'auteur a sûrement fait tourner un petit modèle numérique assurant à chaque instant l'équilibre des comptes. La démonstration qui suit est limpide : les hypothèses choisies étant ce qu'elles sont -assez simples pour que le modèle reste compréhensible- l'histoire racontée illustre bien quelques problèmes fondamentaux mais effacés de la crise actuelle : dans un système fermé (comme l'économie globale) à l'intérieur duquel le lien entre la masse salariale et le consommateur collectif est oublié et où le capital est réputé produire un intérêt hors production de tout bien matériel, le moteur du capitalisme ne peut que tomber en panne sèche passé la phase de croissance au cours de laquelle il l'occupe tout l'espace disponible. On n'est pas loin du second principe de la thermodynamique. Il n'est pas nécessaire d'être économiste pour comprendre cet intéressant petit livre. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Les limites de l'analyse standard in vivo !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'économie des Toambapiks : Une fable qui n'a rien d'une fiction (Broché)
Ce livre mérite véritablement que l'on s'y arrête. D'abord pour la forme particulièrement agréable; Ce récit est simple et les concepts économiques sont introduits de telle sorte qu'ils sont immédiatement compris.Concernant le fond, c'est un livre qui concrétise l'analyse standard afin de mieux en démontrer les limites. Les doutes qui habitent peu à peu Happystone sont autant de questions pour lesquels les économistes du MIT notamment, mais de l'approche standard plus généralement, n'ont pas de réponse autres que les imperfections du marché. Je le recommande pour les économistes qui veulent lire un texte léger et profond. Je le recommande pour les non économistes qui veulent comprendre ce qui peut faire débat dans la pensée économique dominante et mieux comprendre les analyses développées un peu rapidement aujourd'hui. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
Commentaires client les plus récents |
|