voici le premier roman de la série des "Nouveaux Mystères de Marseille" selon Jean Contrucci. Un régal. Les premiers de ces Mystères sont dus à Emile Zola, il faut que je les trouve....chez Amazon, bien entendu !
Il y a tout, déjà, dans ce premier ouvrage. La personnalité des héros récurrents, leur "découpe", leur parler vrai teinté de provençal, l'ambiance de ces années de passage d'un siècle à l'autre où le progrès technologique bouscule les habitudes de la vie quotidienne. Le danger, les bagarres, les malfrats, les dessous du quartier réservé...et puis un style précis, enlevé, qui se lit avec plaisir, fluide et vivant. En revanche, pas de preuves scientifiques, d'analyse de sang ou d'ADN. Juste de la psychologie et de l'expérience...
Les mobiles des crimes sont éternels : jalousie, vengeance, appât du gain. Ici, on replonge dans les affres judiciaires d'affaires criminelles à rebondissements, puisque les faits relatés se déroulent sur plusieurs années, justement au moment où l'affaire Dreyfus déchire la France. Chaque camp a ses fans. Chacun réécrit l'histoire selon son imagination. Les journalistes judiciaires, comme l'est le principal héros, Raoul Signoret, rendent compte avec passion des débats aux Assises. Ces affaires passionnent l'opinion, comme aujourd'hui. On retrouve aussi quelques contradictions dans le traitement des jugements : comme il est difficile de rouvrir un dossier, comment un prévenu peut être à la fois innocent...et coupable. Comment il convient de se défier des aveux, comment on peut facilement manipuler des témoins vulnérables. Très actuelles, ces réflexions...
On comprend mieux aussi la psychologie de Cécile, le grand amour de Raoul, puisqu'on suit pas à pas les étapes de leur histoire contrariée; mais qui finit bien ! La description du mariage bourgeois est parfaite. Donc, à ceux qui désirent entrer dans la saga, je conseille de commencer par ce commencement, et surtout de ne pas s'en tenir là !