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L'ampleur de cette épuration sauvage a profondément marqué la France. Son histoire a pourtant longtemps été négligée, son importance minimisée. Or, pour tous ceux qui, même enfants, ont vécu cette époque, le mot « épuration » évoque moins les 780 exécutions légales et les procès officiels que les milliers d'exécutions sommaires (de 10 000 à 15 000) et les centaines de milliers d'arrestations arbitraires. Philippe Bourdrel propose ici un inventaire régional détaillé de ces actes et de leurs motivations.
Philippe Bourdrel a publié de nombreux ouvrages, notamment La Cagoule et Histoire des Juifs de France. --Ce texte fait référence à lédition Broché .
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
L'HISTOIRE DE CEUX QUI ONT SALI LA RESISTANCE ET QUI SONT RESTES IMPUNIS,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'épuration sauvage, 1944-1945 (Broché)
Ce livre est, avec ceux de Robert Aron (Histoire de la Libération de la France chez Fayard, Histoire de l'épuration chez Fayard également) et de Henri Amouroux (Les réglements de comptes chez Laffont) indispensable à tous ceux qui s'intéressent à la seconde guerre mondiale pour ce qui concerne la France.La quatrième de couverture donne le programme si on peut dire : "Le titre est provocant, mais il définit le sujet sans ambages... Il s'agit des exécutions, des sévices, des attentats et des internements qui ont eu lieu hors de toute justice légale, dans la phase insurrectionnelle de la Libération, et celà jusqu'en 1945, et parfois au-delà. C'était un sujet tabou. Il est soit très minimisé, soit carrément évacué dans la plupart des ouvrages sur la Libération et l'Epuration. Or, lorsque les français évoquent l'épuration, ce n'est pas aux quelque 780 exécutions et aux procès officiels qu'ils songent, mais aux milliers d'éxécutions sommaires... ... Dans ce premier volume...après un survol général de l'épuration à travers tout le territoire, il s'attache plus particulièrement à quelques-unes des régions les plus "chaudes" de la Libération : le Lyonnais, le Dauphiné, la Savoie, le Vivarais, la Provence et même la Côte d'Azur..." La page 7 de ce livre aurait pu faire partie de cette quatrième de couverture : "L'auteur, dans son adolescence, a été le témoin d'événements qui ont marqué sa mémoire et qui, se rattachant au sujet qu'il a entrepris de traiter, ne sont sans doute pas étrangers à sa propre démarche. Il n'en méconnaît pas les difficultés mais il a été guidé par le principe qu'il n'y a pas et qu'il ne doit exister aucun thème tabou en histoire, que les événements qu'il va relater méritaient enfin de sortir de l'ombre, à condition que celui qui entend les exhumer ne soit guidé que par l'obsession de la vérité et sache se dégager d'un esprit de chapelles qui perpétuent, après plus d'un demi siècle, les haines ou les rancunes nées de l'occupation et de certains aspects de la Libération..." Ceux qui s'imaginent que cette épuration ne s'est limitée qu'à la tonte de certaines femmes ayant fait profité l'occupant de leur charme se trompent et trompent les autres. Ce livre fourmille d'exemples de tortures pratiquées sur des innocents, parfois, même sur des résistants. Les témoignages d'anciens résistants connus fourmillent au long de ces pages. Incroyable ! Quelques exemples : - page 124 :... Des résistants écoeurés par des procédés qui rappelaient de mauvais et récents souvenirs, s'en ouvriront à l'auteur. "Parmi les nouveau pensionnaires figurent des résistants authentiques comme Jacques Méker qui avait participé à plusieurs opérations, dont la plus importante avait été la libération de douze détenus de la prison Chave de Marseille le 12 mars 1944), et dont le seul crime n'est alors que d'être suspect au regard du parti communiste. Le cas Méker, qui n'est pas isolé, n'est pas le moins curieux de cette épuration sauvage qui ne vise pas seulement les collaborateurs, ou suspects de collaboration, mais des compagnons de combat sur lesquels s'exerce un vengeance sans merci sous prétexte de "fractionnisme"... - page 125 : (au sujet du défilé qui a suivi la libération de Marseille) Sans cherccher à minimiser le courage de nombre d'entre eux, ni leur utilité, lorsqu'ils ont par exemple facilité l'itinéraire des hommes de Monsabert à travers les rues de Marseille, sans oublier le sacrifice de ceux qui, une bonne trentaine, ont donné leur vie pour la libération de la ville, comment ne pas se rendre à l'évidence de la brusque inflation des effectifs ? Selon des sources émanant du commandement régional des Forces Françaises de l'Intérieur : 2 000 pour les Bouches-du-Rhône avant la libération, et 6 000 après. Pour la région 2, le gonflement est dans les mêmes proportions, on passe du simple au triple : 8 000 avant la libération et 25 000 après... Les résistants de la dernière heure et de l'heure d'après... Un sigle les définira à Marseille et ailleurs, dans les milieux de la Résistance authentique : les R.M.S., les "résistants du mois de septembre". Voilà d'où vient la plus grande partie de ceux qui vont faire régner la terreur sur toute la France. Quelques pages plus loin : page 142 (témoignage d'une ancienne résistante) "... Vial, moi-même et nos camarades décidâmes d'adressez au commandant de gendarmerie une lettre de protestation sévère et indignée. Mais c'est plus tard que j'ai pensé : que pouvait-il faire devant cette horde déchaînée et haineuse ? Nous-mêmes en arrivions à en avoir presque peur. Et pourtant... "Ce ne fut pas tout : belles-mères dénonçant leurs belles-filles.. voisines jalouses, et j'en passe..." page 184 et 185 : " A Miramas, l'assassinat de M. Michel Vigne est exemplaire de trop d'éxécutions à caractère politique et d'autant plus scandaleux que la victime fut un résistant authentique. Mécanicien à la S.N.C.F. à la retraite, Michel Vigne, membre du parti socialiste S.F.I.O., s'est, pendant la période de son activité professionnelle, révélé un syndicaliste très efficace et très estimé par ses camarades. Lorsque le gouvernement Daladier décide des mesures de rétorsion contre le parti communiste, après la signature du pacte germano-soviétique, en août 1939, M. Vigne se voit offir les responsabilités de secrétaire du syndicat des cheminots, à Miramas. Il accepte. Et cela ne lui sera pas pardonné... Patriote, Michel Vigne choisit son camp pendant l'occupation. Il s'intègre au réseau de Résistance Gallia et est enregistré à Londres, le 1er mai 1943, sous le nom clandestin de Priam, matricule 25155. Il rend de précieux services. A la Libération, on le propose pour une haute distinction. On ne le laissera pas jouir de cet honneur. Le 27 septembre 1944, un groupe F.T.P. se présente, en armes, à son domicile, et demande à lui parler. La personne qui les reçoit, en son absence, s'entend répondre que c'est pour un renseignement...- Où est-il ? A Marseille, à la préfecture, où il doit régler une affaire le concernant... Les membres F.T.P. remontent en voiture, gagnent Marseille et se rendent à la préfecture où ils arrêtent Michel Vigne. Ils le ramènent à Miramas, l'interrogent et le transfèrent au château de Villepaille, à Saint-Martin-de-Crau. Le château de Villepaille est alors réputé pour abriter une équipe de résistants peu orthodoxes qui, de là, organisent des missions d'épuration dans la région, vers Miramas, Salon, Saint-Martin-de-Crau et autres localités. Incarcéré au château, en même temps que M. Vigne, un neveu de François de Menthon, futur ministre de la justice, y trouvera la mort ... M. Vigne est de nouveau interrogé... L'un des pseudo-résistant l'abat de 4 balles dans le corps avant de l'achever d'une dernière dans la nuque. L'exécuteur (on en connaît le nom) sera plus tard condamné, mais pour d'autres exploits, aux travaux forcés. Le cadavre de M. Vigne sera repêché le 7 octobre 1944, dans un canal près de Saint-Martin-de-Crau... Ses chaussures, son pantalon et son dentier en or avaient disparu. Une enquête fut ouverte, qui permit de reconstituer les faits et d'identifier les coupables. Mais il n'y eu pas de suite..." Et ainsi de suite durant 430 pages ! Et ce n'est que le volume 1 (sur 2) Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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5.0 étoiles sur 5
Réalisme cruel des faits,
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'épuration sauvage : 1944-1945 (Broché)
Se lit comme un livre d'histoire et non un roman tragique: beaucoup de chiffres, dates, faits historiques. Trés pointu dans les explications de situation. Pour les passionnés.
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6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
fallait-il en passer par là?,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'épuration sauvage, 1944-1945 (Broché)
On peut comprendre certains réglements de comptes à la fin de la guerre après tant de souffrances mais combien d'innocents sont tombés sous les balles d'un peloton d'exécution et combien on réussit à y échapper?Ce livre détaille avec minutie et exemples à l'appui ces crimes gratuits dictés dans leur grande majorité par un parti communiste revanchard et renaissant pour lesquels de Gaulle pour des raisons aussi bien politiques que matérielles ne dénoncera pas de suite. Une période aussi sombre que la collaboration par moment. Passionnant ouvrage à recommander. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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