Acheter d'occasion
EUR 6,42
État: D'occasion: Bon
Commentaire: Amazon - Offres Reconditionnées vous assure la même qualité de service qu'Amazon.fr ainsi que 30 jours de retour.
Vous l'avez déjà ?
Repliez vers l'arrière Repliez vers l'avant
Ecoutez Lecture en cours... Interrompu   Vous écoutez un extrait de l'édition audio Audible
En savoir plus
Voir les 2 images

L'été où il faillit mourir Poche – 24 mai 2007


Voir les 2 formats et éditions Masquer les autres formats et éditions
Prix Amazon Neuf à partir de Occasion à partir de
Poche
"Veuillez réessayer"
EUR 5,00 EUR 0,77
Poche
"Veuillez réessayer"
EUR 5,18 EUR 3,00


Découvrez notre boutique 10/18.

Offres spéciales et liens associés


Les clients ayant acheté cet article ont également acheté


Descriptions du produit

Extrait

À quoi bon vivre si je dois me faire arracher plusieurs dents ? se demanda Chien Brun, assis sur une souche de pin blanc à côté d'une rivière boueuse avec, pour seule compagnie, sa joue tout enflée. C'était fin avril, la saison de la truite ouvrirait dans deux jours. Braconnier impénitent, Chien Brun avait déjà fait deux bonnes pêches de truites de rivière, non par mépris envers les pêcheurs respectueux de la loi, mais parce qu'il avait faim de truites de rivière, tout comme son oncle Delmore et ses enfants adoptifs Red et Baie. Malgré tout, Chien Brun appréciait énormément l'ouverture de la saison de la truite, car cette date signifiait la fin de l'hiver, même si à ses pieds, près de la souche, il y avait encore une grande plaque de neige décorée çà et là de crottes de chevreuil.
Me voilà assis dans la péninsule Nord du Michigan, quatre-vingt-dix kilos de viande frissonnante plus trois dents qui me font un mal de chien et qui, en guise de messages, échangent entre elles pulsations, palpitations et élancements comme le langage secret de la souffrance, pensa-t-il. Chien Brun n'était pas ce qu'on appelle un penseur profond, mais lors de cette rage de dents, des réflexions relatives à la mort avaient tendance à naître en lui durant les quelques secondes d'accalmie relative qui séparaient la douleur diffuse du coup d'aiguillon électrique, l'apogée et le léger reflux. Assis sur cette souche, il plissa les yeux et sa vision de la rivière devint celle d'un immense serpent marron qui émergeait en ondulant du vert profond d'un marais de cèdres. Jusqu'à l'automne précédent, l'eau de cette rivière avait été limpide, même après les grosses pluies, mais les crétins responsables de l'entretien de cette route du comté avaient bousillé un fossé d'écoulement proche de la route, en amont, et maintenant la rivière avait la teinte répugnante d'une flaque d'eau croupie.
Chien Brun savait que ses dents étaient simplement des dents, qu'il ne fallait pas les laisser repeindre le monde aux couleurs hideuses de leur rage. La semaine passée, lorsqu'il s'était présenté aux services sociaux, très désireux de trouver un peu d'aide pour apaiser ses tourments, on ne lui avait pas aussitôt permis de voir son alliée Gretchen ; il dut d'abord affronter le cerbère des lieux, Terence Stuhl, le directeur des services sociaux, qui rappelait toujours à Chien Brun les eaux douteuses de la rivière Escanaba après qu'elle eut traversé l'usine de papeterie locale. Stuhl, davantage assommé d'ennui que vraiment méchant, se mit à pouffer de rire dès qu'il repéra Chien Brun dans le miroir accroché au bout de son bureau pour refléter l'image de quiconque entrait dans le hall de son domaine et s'y trouvait temporairement arrêté par l'hostilité délibérée des réceptionnistes pour qui tous les chômeurs étaient des délinquants en puissance, des bons à rien qu'il fallait à tout prix humilier. En plus de ses gloussements incessants, Stuhl suçotait si vigoureusement sa pipe éteinte que l'extrémité du tuyau venait parfois cogner contre sa luette ; il se mettait alors à tousser violemment, puis à téter une bouteille d'eau minérale de luxe, payée par les contribuables du comté de Delta.
Mais Stuhl était loin d'être le plus gros couillon auquel Chien Brun se trouvait confronté dans sa vie de tous les jours. Stuhl prit simplement dans un placard le dossier de Chien Brun, en fait une seule feuille volante ; puis, tout en pouffant et en toussant, il récita la liste des délits mineurs et des infractions dont son interlocuteur s'était rendu coupable par le passé : exploration sous-marine illégale de vieux rafiots coulés dans le lac Supérieur, vol d'objets à bord de ces épaves et revente desdits objets ; vol d'un camion frigorifique pour transporter le corps d'un Amérindien découvert en grande tenue de cérémonie au fond du lac Supérieur ; déprédations répétées commises aux dépens des biens et du campement d'anthropologues de l'université du Michigan, qui désiraient effectuer des fouilles sur le site d'un ancien cimetière autochtone, peut-être le site Hopwell situé le plus au nord, dont l'emplacement secret avait été divulgué par mégarde à une très jolie étudiante nommée Shelley pendant que Chien Brun se vautrait honteusement dans le stupre.

Présentation de l'éditeur

Ce recueil contient trois " novellas " dans lequel Jim Harrison nous montre un auteur virtuose dans des registres qu'on aurait pu croire incompatibles. La première novella, qui donne son titre au livre, narre les dernières tribulations de Chien Brun, métis indien de la Péninsule Nord du Michigan. Les aventures de ce personnage sont racontées dans un mélange délectable de comédie et de tragédie soft. Épouses Républicaines représente un véritable tour de force. Jim Harrison met en scène trois femmes mariées, riches, républicaines, amies depuis toujours. On découvre un Jim ventriloquant trois épouses républicaines grand chic grand genre, leur inventant des voix effarées, passionnées, des larmes émouvantes ou ridicules, des répliques cinglantes ou naïves. Quant à la troisième novella du recueil, intitulée Pistes, c'est une belle variation sur l'autobiographie de l'auteur, rédigée à la troisième personne, comme si Jim Harrison incarnait un personnage de roman, mais avec une écriture poétique qui transcende le sujet et une liberté de ton qui nous font entrer de plein pied dans la réalité de l'Amérique des années cinquante, soixante.


Détails sur le produit

  • Poche: 323 pages
  • Editeur : 10 X 18 (24 mai 2007)
  • Collection : Domaine étranger
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2264044195
  • ISBN-13: 978-2264044198
  • Dimensions du produit: 18 x 2 x 11 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 286.067 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
  •  Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?


En savoir plus sur l'auteur

Jim Harrison est né en 1937 à Grayling dans le Michigan aux États-Unis. Il a publié plus de 25 livres, donc les renommés Légendes d'automne, Dalva, La Route du retour, De Marquette à Vera Cruz... Flammarion a publié avec succès en 2009 Une odyssée américaine, repris chez J'ai Lu au printemps 2010. Membre de l'Académie américaine des arts et des lettres, Harrison a remporté la bourse Guggenheim et a déjà été traduit dans 25 langues. Marié, père de deux filles, Harrison partage son temps entre le Montana et le Michigan.

Photo Jean-Luc Bertini © Flammarion

Quels sont les autres articles que les clients achètent après avoir regardé cet article?

Commentaires en ligne

4.0 étoiles sur 5
5 étoiles
1
4 étoiles
0
3 étoiles
1
2 étoiles
0
1 étoiles
0
Voir les deux commentaires client
Partagez votre opinion avec les autres clients

Commentaires client les plus utiles

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile  Par M. EVENO AlAIN sur 25 décembre 2010
Format: Poche Achat vérifié
Je trouve magnifiques tous les livres de l'auteur, mon avis repose à la fois sur la qualité de l'écriture, le réalisme des personnages (souvent indiens ou en relation avec des indiens, comme par exemple "chien brun", particulièrement attachant), en bref je suis un inconditionnel de Jim Harrison.
Remarque sur ce commentaire Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non Commentaire en cours d'envoi...
Merci pour votre commentaire. Si ce commentaire est inapproprié, dites-le nous.
Désolé, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
0 internautes sur 1 ont trouvé ce commentaire utile  Par Lao sur 22 août 2013
Format: Poche Achat vérifié
Jim Harrison peut susciter une légitime perplexité.
Ses thèmes tournent inlassablement en boucle, comme un vinyl usé jusqu'à la corde: le Michigan, ses lacs, ses forêts, ses animaux, ses hivers rigoureux, les rencontres qu'il provoque, les souvenirs qu'il appelle, les lectures qu'il inspire, les repas qu'il réclame. La surprise des premières lectures laisse place à un ennui troublant, que l'auteur parvient à chaque fois à dissiper avec ce rien de décalage très étudié qui creuse un nouveau sillon dans une terre déjà labourée.
Les 3 parties de l'ouvrage sont cependant très différentes, de style et d'intérêt :
- "Lété où il faillit mourir" -un court roman dont le personnage principal, un métis pauvre et fruste, se bat pour la garde d'une fille adoptive que l'administration veut lui soustraire- souffre d'une traduction maladroite ("Chien Brun constata avec gêne qu'il avait oublié de faire des projets pour Red, mais il attribua cet oubli à ses propres problèmes amoureux qui eux-mêmes venaient du manque d'amour dans le monde" p. 101, "Tic-Tac, tic-tac, filait le temps sans pitié", p.
Lire la suite ›
Remarque sur ce commentaire Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non Commentaire en cours d'envoi...
Merci pour votre commentaire. Si ce commentaire est inapproprié, dites-le nous.
Désolé, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer

Rechercher des articles similaires par rubrique


Commentaires

Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?